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Arquant Capital lance le premier fonds régulé pour investir directement dans Bitcoin et Ethereum

La jeune société de gestion a obtenu en mai l'agrément de l'Autorité des Marchés Financiers pour commercialiser des fonds professionnels exposés directement en cryptomonnaies, et notamment le premier placement collectif dans Ethereum.
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Arquant Capital lance le premier fonds régulé pour investir directement dans Bitcoin et Ethereum
Arquant Capital lance le premier fonds régulé pour investir directement dans Bitcoin et Ethereum © Thought Catalog/Unsplash

Le 9 mai dernier, la société de gestion Arquant Capital a obtenu l'agrément de l'AMF pour commercialiser un portefeuille de fonds à destination des professionnels, investis à 100% dans les cryptomonnaies. C'est le premier gestionnaire d'actifs, en France, agréé par l'Autorité des Marchés Financiers pour des fonds en gestion active investis directement en cryptomonnaies, et le premier à s'exposer à l'Ethereum.
 

Déjà plusieurs fonds régulés

En 2019, Napoleon AM était devenu le premier fonds crypto régulé en France. A la différence des fonds proposés par Arquant, il ne détient pas de bitcoin en direct, mais réplique sa performance à l'aide de produits structurés. Comme celui d'Arquant, en revanche, ce fonds est réservé aux investisseurs professionnels et institutionnels.

En 2017, Tobam avait été le premier à se lancer, avec un fonds non régulé investi à 100% en bitcoin. Ce n'est qu'en 2019 que l'adoption de la loi Pacte a rendu les crypto-actifs éligibles à l'investissement par les fonds professionnels spécialisés, permettant de créer des fonds régulés. En 2021, Tobam a ensuite ouvert la voie à l'investissement des particuliers en crypto-actifs, en lançant le premier fonds agréé par l'AMF éligible à l'assurance vie, exposé au bitcoin et à des actions d'entreprises internationales dont l'activité est liée à la blockchain et au bitcoin.

Combinaison de gestion algorithmique et humaine

La proposition d'Arquant s'adresse avant tout aux family offices, aux banques privées et aux conseillers en gestion de patrimoine, pour les investisseurs fortunés et dans une optique d'investissement à long terme. En règle générale, elle conseille de ne pas dépasser 5% de l'allocation d'actifs en cryptomonnaies, ce qui revêtrait un intérêt dans une stratégie de diversification car elles sont très peu corrélées aux autres classes d'actifs. L'objectif de la société est d'atteindre une centaine de millions d'euros d'actifs sous gestion fin 2022.

Le modèle d'Arquant combine gestion algorithmique et pilotage discrétionnaire, "afin d'accompagner la volatilité de cette classe d'actifs très risquée", nous explique son président Eron Angjele, passé par la Caisse des Dépôts et la Banque Postale Asset Management. L'objectif est d'atteindre des rendements supérieurs à celui du sous-jacent à 5 ans, avec une volatilité moindre. Pour cela, ses équipes de gestionnaires sont constituées de professionnels de la gestion d'actifs, de la blockchain et de la finance quantitative.

Avant de se lancer dans la gestion collective, la société proposait des mandats de gestion, sur lesquels elle affirme avoir obtenu des performances à deux chiffres depuis le début de l'année.

Le krach, une "bonne chose" pour assainir le marché

Arquant Capital sera la première société de gestion à lancer un fonds Ethereum. C'est même sur cette cryptomonnaie que la société, fondée en 2019, a testé son modèle. Un protocole auquel elle croit car "Ethereum sera le collatéral du Web3, et son champ d'application est très, très vaste", déclare Eron Angjele. "De plus, le passage du protocole de la proof of work à la proof of stake va améliorer la rapidité et le bilan énergétique de cette blockchain."

Bitcoin et Ethereum se sont effondrées ces derniers mois. Le bitcoin a atteint son plus bas depuis 2020 le 13 juin, à 22 400 euros. Et l'Ethereum évolue sous la barre des 1200 euros, en recul de plus de 70% par rapport à son pic de novembre 2021.

Selon le fondateur d'Arquant Capital, ce krach est "une bonne chose pour tester la solidité de montages qui sont arrivés trop vite. Il faut voir les cryptomonnaies comme des small caps ou des marchés émergents. Leur trajectoire n'est pas linéaire, il y a des pics et des corrections. Nous vivons une phase d'assainissement du marché. Selon nos indicateurs, nous ne sommes pas loin du plus bas".

Un mauvais timing pour lancer ses fonds ? "Il est préférable de rentrer sur le marché à ce niveau de cours", observe Eron Angjele.

Un segment de marché en construction

De fait, le plongeon des cryptomonnaies ne semble pas refroidir les sociétés de gestion. Selon Muriel Faure, senior advisor au sein d'une société de wealth management et présidente de la commission Innovations Technologiques de l'Association Française de la Gestion financière (AFG), qui intervenait la semaine dernière dans une conférence consacrée aux crypto-actifs, "beaucoup de sociétés de gestion sont intéressées par les crypto-actifs". L'AFG a lancé un groupe de travail avec l'Association française des professionnels des titres (AFTI) à ce sujet.

"En 2023, je pense que certains de nos membres vont être confrontés à des demandes d'investisseurs institutionnels. Par ailleurs, 34% des jeunes de 18-24 ans envisagent d'investir dans les cryptos. Il est nettement préférable que des sociétés de gestion aient la possibilité de gérer cet argent pour eux. Je suis convaincue que la gestion en crypto-actifs va se développer et que la concurrence va être de plus en plus rude", ajoute-t-elle.

Arquant Capital, qui emploie huit personnes, a levé 1,6 million d'euros en deux phases en 2020 et 2021, et est en train de conclure un nouveau tour de table d'un million d'euros. 

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