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Artemis : l’armée française à l’heure de l’IA et du big data

Publi-Rédactionnel Pour le moins stratégique, ce projet a pour objectif de doter l’armée française d’une « infostructure » souveraine de stockage et d’un traitement massif de données. Actuellement dans sa deuxième phase de développement, Artemis bénéficie de l’entier savoir-faire de Capgemini en matière d’intelligence artificielle.
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Artemis : l’armée française à l’heure de l’IA et du big data
Capgemini
Nom de code : ARTEMIS, pour Architecture de Traitement et d’Exploitation Massive de l’Information multi-Sources. Sous cet acronyme se cache l’un des projets français les plus stratégiques puisqu’il s’agit de doter les armées d’une plate forme intégrée permettant de collecter, stocker, croiser, en temps reel et de façon sécurisée des volumes massifs de données. Et ce, en provenance de multiples sources. Derrière Artemis, un programme lancé en novembre 2017 par la Direction Générale de l’Armement (DGA), il y a des enjeux liés à la cyberdéfense, le renseignement, la capacité de réaction du commandement, ou plus prosaïquement, la capacité à améliorer le maintien en condition opérationnelle (MCO) des équipements. “Ce programme combine de très nombreuses technologies liées à la donnée et à l’intelligence artificielle, comme le traitement du langage, du son, la reconnaissance d’images, et naturellement l’IA”, ajoute Pierre Demeulemeester, Principal chez Capgemini Invent. 
 
Cas d’usage industrialisés
 
Après une première phase de “proof of concept”, à laquelle a participé Capgemini, Artemis entre désormais dans sa phase 2 qui va mettre en compétition deux consortiums (Capgemini/Atos et Thalès/Sopra). “L’objectif de cette phase 2 est de développer des cas d’usage industrialisés”, indique Pierre Demeulemeester.
Cette notion d’industrialisation est au coeur des enjeux du programme Artemis. La DGA souhaite dépasser le stade du “proof of concept” pour obtenir des industriels qu’ils présentent de véritables produits “prêts à l’emploi” développés en mode agile à l’aide des capacités versatiles de l’architecture Artemis. La phase 3, prévue à partir de 2021 sera celle du déploiement d’Artemis. Un seul consortium sera choisi.
 
Améliorer la MCO du Rafale
 
En attendant, Capgemini entend bien apporter sa capacité à développer et mettre en œuvre des solutions d’intelligence artificielle (IA), en intégrant des partenaires innovants issus du monde de la recherche ou des start-ups. Le groupe est chargé de développer trois cas d’usage dans les domaines de la cybersécurité, du service de santé et de la maintenance prévisionnelle. Dans ce dernier cas, il s’agit de concevoir des outils pour améliorer l’efficacité du MCO des Rafales, en utilisant le maximum de données : sur l’état de la flotte, sur la maintenance, etc. Pour les services de santé de l’armée, l’un des objectifs est de mieux comprendre l’état de santé des personnels militaires pour à terme apporter de meilleures réponses médicales. Quant à la lutte contre les attaques informatiques, Capgemini va développer des outils d’analyse sur de grands volumes de log à travers les différents réseaux des armées. “L’objectif est de réaliser de la fouille profonde dans des téraoctets de données pour repérer des comportements anormaux dans les échanges de données, et ainsi, identifier les menaces sur les systèmes d’information”, ajoute Pierre Demeulemeester.
 
Le groupe sera également en charge de la réalisation de l’ « usine logicielle » qui permettra aux futurs utilisateurs d’Artemis de développer leurs propres produits. Le nombre d’utilisateurs de la future plate forme est potentiellement gigantesque. À terme, la quasi-totalité des métiers présents dans les armées françaises pourrait être concernée par Artemis. Pour Pierre Demeulemeester, le défi principal de ce projet n’est pas tant technique qu’organisationnel et culturel. “Il va falloir avancer de concert avec les utilisateurs et développer la culture et les usages en parallèle des capacités techniques”.
 
 
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