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[Assises de la mobilité] Pour le bien des villes, la logistique urbaine de demain devra être mutualisée

Tribune D’ici à 5 ans, le nombre de colis sera multiplié par deux. Avec l’explosion du e-commerce et de l’immédiateté, le vieillissement de nos infrastructures et celui des flottes motorisées, la logistique urbaine se trouve à un tournant. Aujourd’hui plus que jamais, il est essentiel de repenser notre approche du dernier kilomètre afin de répondre aux enjeux sociétaux et environnementaux de demain, juge Antoine Carteyron, general manager France de Stuart.

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[Assises de la mobilité] Pour le bien des villes, la logistique urbaine de demain devra être mutualisée
[Assises de la mobilité] Pour le bien des villes, la logistique urbaine de demain devra être mutualisée © Stuart

Lorsque l’on songe à la logistique urbaine, deux mondes se répondent : celui des hubs logistiques, ces entrepôts géants, historiquement implantés à l’extérieur des villes, destinés à traiter des milliers de colis et celui du consommateur ultra-connecté, adepte d’une livraison toujours plus rapide. Entre ces deux mondes, il y a les villes. Toujours plus peuplées, ces dernières sont sous pression face la multiplication des flux de marchandises. Congestion, pollution, nuisances sonores, les effets collatéraux sont nombreux.

À Paris, près 100 000 mouvements de marchandises ont lieu quotidiennement, responsables de 40 % des émissions de polluants. Pour absorber la croissance du e-commerce et minimiser son impact, les centres urbains n’ont plus d’autre choix que de se transformer pour répondre à un seul objectif : accompagner ces nouveaux comportements d’achats tout en améliorant la qualité de vie de ses habitants.

 

Une transformation à responsabilité partagée entre le public et le privé

N’oublions pas que le e-commerce est un phénomène relativement nouveau. Aussi, les infrastructures des grandes villes ont été conçues pour traiter des flux à destination des commerçants et professionnels dont les besoins étaient jusqu’ici grandement balisés en capacité et en délais. Or, la manière dont les espaces urbains ont évolué – et les infrastructures de transport en premier lieu – n’est plus adaptée au profil du consommateur omnicanal d’aujourd’hui. Plus volatil et compulsif qu’autrefois, il multiplie sa fréquence d’achats et dégroupe ses commandes e-commerce à l’envie, incité par la promesse d’une "livraison gratuite" ou peu onéreuse. D’un point de vue logistique, il s’agit d’un nouveau défi à relever, tant du point de vue des infrastructures de tri, que de l’acheminement des colis dans des délais toujours plus courts pour les transporteurs.

 

Parallèlement aux différentes initiatives menées dans les villes, les acteurs économiques doivent faire de ces 3 points leur priorité :

 

  • Renouveler le parc et les modes de transport pour favoriser des modes doux et écologiques ;
  • Optimiser les flux et développer des circuits de plus en plus courts afin de passer d’une logistique centralisée à une logistique mutualisée, et ce, grâce à la technologie ;
  • Rapprocher les marchandises au plus près de la demande en renouvelant le maillage logistique des villes grâce à un réseau connecté de mini-entrepôts urbains – la pression foncière impose le développement de centres logistiques en périphérie urbaine, de plus en plus lointaine, alors que les usages et contraintes environnementales exigent l’inverse.

 

Une logistique mutualisée au service de la ville et du consommateur

La logistique centralisée répond à des besoins de masse qui se sont développés hier et continueront demain. Mais pour les raisons évoquées plus haut, ce modèle doit se renouveler. La transformation vers une logistique mutualisée doit s’accompagner du développement de technologies et d’infrastructures intelligentes, qui, en réseau, permettront de continuer à massifier la demande tout en la mutualisant et en l’adaptant en temps réel à l’offre de transport la plus adaptée.

 

Ainsi, comprenons la logistique mutualisée comme la combinaison de plusieurs types de livraisons et de parcours de marchandises, dont les points d’enlèvement et de distribution varient en fonction de la disponibilité d’un produit, de l’emplacement géographique du consommateur final, et du délai de livraison souhaité.
Au-delà du parcours d’expédition classique d’un entrepôt central vers le consommateur, trois autres modes de livraison doivent venir compléter l’offre logistique des marques, et transformer, in fine, la ville en véritable hub logistique à ciel ouvert :

 

  • Expédition d’un entrepôt urbain ou ship-from-hub : grâce à l’émergence d’un réseau dense et connecté de mini-entrepôts urbains, une grande partie des colis e-commerce pourraient être livrés de manière écologique - à vélo, vélo cargo ou à pied - et à la demande, dans un créneau horaire restreint de 30 minutes à l’aide de tournées géolocalisées de quartier. À ce titre, GeoPost, a annoncé son ambition de déployer prochainement un réseau de 80 hubs à Paris. Une initiative pionnière qui, souhaitons-le, sera généralisé aux métropoles européennes dans un avenir proche.
  • Expédition d’un magasin ou ship-from-store : ce schéma de livraison propose aux enseignes de jouer la carte de la proximité en capitalisant sur leurs stocks disponibles en magasin pour satisfaire leur clientèle e-commerce. Pour le commerçant comme pour le consommateur, les bénéfices sont multiples : réduction des distances et des coûts, gain de temps et livraisons plus précises, transport décarboné et utilisation massive de vélos et vélos cargo.
  • De magasin en magasin ou store-to-store : pour réapprovisionner en temps-réel les stocks d’un magasin depuis un point de vente situé à quelques kilomètres. Un levier qui peut s’avérer redoutablement utile, notamment en période de pics de vente (week-end, soldes, périodes de fêtes, ventes privées) pour ne pas décevoir sa clientèle, faute d’une référence disponible. De nouveau, gain de temps, optimisation des coûts et des flux sont de mise par rapport à un schéma plus traditionnel de réapprovisionnement.

 

Nul doute, le transport de marchandises occupera une place centrale dans la ville que nous souhaitons construire demain. Pour améliorer notre quotidien, il est nécessaire que tous les acteurs, publics comme privés, repensent leur approche de la logistique urbaine. Le cap à tenir est sans équivoque : investir durablement dans une mobilité mieux maitrisée, construite sur une approche locale et visant à optimiser les flux sur le dernier kilomètre. Si à court terme, les bienfaits pourront être jugés à l’aune de la maîtrise des coûts pour les professionnels et un gain substantiel de service pour le consommateur final, à long terme, il en va du bien-être de nos villes tant aimées.

 

Par Antoine Carteyron, directeur général France de Stuart

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