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Assommé par les sanctions américaines, Huawei prévoit des revenus en baisse de 29% en 2021

Le constructeur chinois Huawei, qui fut un temps leader du marché des smartphones, est rétrogradé en queue de peloton et cherche de nouveaux relais de croissance dans les services aux entreprises.
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Assommé par les sanctions américaines, Huawei prévoit des revenus en baisse de 29% en 2021
Assommé par les sanctions américaines, Huawei prévoit des revenus en baisse de 29% en 2021 © Julien Bergounhoux

Les vœux du président de Huawei n'avaient pas la saveur du champagne cette année. Guo Ping a annoncé le 31 décembre qu'il prévoyait un chiffre d'affaires annuel en recul de 29% sur l'exercice 2021, à 88 milliards d'euros, selon un mémo interne rapporté par la presse. Ces estimations signifient cependant que le rythme de la chute ralentit, la baisse sur un an ayant atteint 38% au troisième trimestre.

Relais de croissance dans l'automobile
Dans son mémo, Guo Ping fait référence à "un climat des affaires imprévisible, la politisation de la technologie et un mouvement de déglobalisation qui s'accélère", rapporte CNBC. Il a également souligné la stabilité de son activité d'équipementier pour les opérateurs télécoms, et la croissance de son activité de fournisseurs de solutions d'entreprise.

Très affectée par les sanctions américaines, la pénurie de semiconducteurs et le ralentissement de la croissance sur le marché des smartphones, l'entreprise chinoise table sur un relais de croissance dans l'industrie automobile.  Elle a annoncé en fin d'année que son système d'exploitation Harmony serait embarqué pour la première fois dans une voiture hybride fin février (la Aito M5 du constructeur chinois Seres).

L'activité grand public pénalisée par les sanctions américaines
Depuis 2019, les entreprises américaines ne sont plus autorisées à vendre leurs technologies à Huawei, directement ou indirectement, sans autorisation préalable du gouvernement américain. Une décision prise par le président Trump se justifiant par des raisons de sécurité intérieure. Cela a pesé sur sa capacité à se fournir en semiconducteurs, dans le contexte de pénurie actuel. Huawei n'est plus non plus autorisé à travailler avec son ancien partenaire Google, dont le système d'exploitation, les services et le magasin d'applications était utilisé par ses smartphones à l'international.

L'un dans l'autre, le constructeur a perdu des parts de marché au profit de ses compatriotes Oppo et Xiaomi et de ses concurrents internationaux comme Samsung et Apple. Selon le cabinet Omdia, le chinois a plongé à la 10e place du classement mondial des ventes de smartphones, avec seulement 3% de part de marché au troisième trimestre 2021, contre 15% un an plus tôt. Il a également été conduit à se séparer de sa marque de smartphones d'entrée de gamme Honor. En réaction, Huawei développe son propre OS, Harmony, pour les mobiles, et Euler, pour les serveurs. 

Une leçon pour l'Europe ?
Les déboires de Huawei sont la preuve de l'impact potentiel de la dépendance à des technologies américaines. Justifiées ou non, les sanctions prises par les Etats-Unis ont eu un effet protectionniste fort, Huawei étant concurrent de fournisseurs américains comme Apple et Cisco. De quoi faire réfléchir l'Europe en matière de souveraineté technologique.

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