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AT&T est le premier client de la version "marque blanche" de Google Stadia

Vu ailleurs Google propose la technologie derrière son service de cloud gaming Stadia à d'autres entreprises, en marque blanche. Concrètement, elles peuvent l'utiliser pour lancer leurs propres services de jeux vidéo en streaming. AT&T profite déjà de cette possibilité. Un aveu d'échec pour Google, qui se voyait dominer fut un temps le marché du jeu vidéo ?
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AT&T est le premier client de la version marque blanche de Google Stadia
AT&T est le premier client de la version "marque blanche" de Google Stadia © Google

Est-ce le début de la fin pour Stadia, le service de cloud gaming signé Google ? Le géant de la recherche sur Internet propose désormais sa technologie de streaming de jeux vidéo en marque blanche. Concrètement, d'autres entreprises peuvent utiliser cette technologie sans faire partie de l'écosystème Stadia, comme le rapporte IGN ce 27 octobre. Un changement stratégique qui peut être perçu comme un aveu d'échec de la part de Google quant au succès plus que modéré de son service jusqu'à présent.

AT&T propose Batman: Arkham Knight
Le premier exemple notable de cette mise à disposition de Stadia en marque blanche vient de l'opérateur télécoms américain AT&T, qui offre à ses clients la possibilité de jouer gratuitement à Batman: Arkham Knight en streaming. Ce partenariat n'avait pas été annoncé publiquement. Ce jeu n'est pas disponible sur le service Stadia standard, et le site d'AT&T ne mentionne pas qu'il utilise cette technologie. Les deux entreprises ont cependant confirmé à IGN que la technologie utilisée était bien celle de Stadia.

"C'est alimenté par la technologie Stadia, a écrit un porte-parole d'AT&T à IGN. Pour cette démo, AT&T a créé une expérience frontale pour permettre aux joueurs de jouer à Batman: Arkham Knight directement depuis leur propre site web, et le jeu est jouable sur pratiquement n'importe quel ordinateur ou ordinateur portable". A noter qu'il n'est étrangement pas jouable depuis un smartphone pour le moment.

Seule solution pour limiter les pertes financières ?
Lorsque Google a fermé ses studios internes pour se tourner vers des jeux tiers, il a laissé entendre qu'il pourrait utiliser sa technologie de cette manière. L'idée étant de permettre à des partenaires de ne pas intégrer l'écosystème Stadia mais d'utiliser sa technologie de streaming et les capacités de sa plateforme Google Cloud.

"Nous voyons une opportunité importante dans le fait de travailler avec des partenaires à la recherche d'une solution de jeu entièrement basée sur l'infrastructure technique avancée et les outils de plateforme de Stadia", expliquait Phil Harrison, le patron de Stadia, dans un poste de blog publié en février. Nous pensons qu'il s'agit de la meilleure voie pour faire de Stadia une entreprise durable sur le long terme et qui contribue à la croissance du secteur".

Cette solution est probablement une des seules trouvée par Google pour gagner un peu d'argent avec ce service qu'il a mis plusieurs années à concevoir. Des rapports indiquent que Google a dépensé des dizaines de millions de dollars pour sécuriser des jeux tiers AAA pour son service, sans parler des coûts de mise en place de studios internes.

La pauvreté du catalogue en cause
Il n'est pourtant pas une réussite. La plateforme a peiné à trouver son public depuis son lancement en novembre 2019. Stadia souffre à la fois de la pauvreté de son catalogue et d'un business model peu avantageux pour les joueurs, puisqu'ils doivent acheter les jeux à l'unité tout en payant un abonnement. S'ils se désabonnent, ils perdent l'accès aux jeux.

La concurrence, et notamment les services GeForce Now de Nvidia et Xbox Game Pass Ultimate de Microsoft, a certainement joué dans cet échec. Amazon tente également de se lancer dans l'aventure avec son service Luna, ainsi que le français Blade et son service Shadow.

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