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Atos veut faire de Bull son bras armé dans le big data et la cybersécurité

Atos a annoncé le 26 mai une offre publique d'achat amicale (OPA) sur Bull, quelques jours à peine après avoir été éconduit par Steria. Cette OPA valoriserait l'entreprise 620 millions d'euros. En essayant de mettre la main sur l'un des leaders européens de la cybersécurité et du big data, Atos veut devenir un acteur qui compte dans ces deux secteurs à fort potentiel de croissance. Si l'opération est un succès, Atos créera une nouvelle filiale, qui regroupera les activités des deux compagnies sur ces deux marchés.

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Atos veut faire de Bull son bras armé dans le big data et la cybersécurité
Atos veut faire de Bull son bras armé dans le big data et la cybersécurité © Lionel Allorge - Wikimedia Commons

Le groupe de services informatique Atos veut devenir l'un des champions de la cybersécurité et du big data en Europe. Pour se développer dans ces deux secteurs à forte croissance, il a annoncé le 26 mai lancer une offre publique d'achat amicale sur la société spécialiste du traitement et de la protection de données Bull, présente dans une cinquantaine de pays.

L'offre, qui valorise Bull à 620 millions d'euros, sera déposée auprès de l'Autorité des marchés financiers (AMF) le 2 juin 2014. Les propriétaires de titres pourront vendre leurs actions à Atos entre la fin juin et la fin juillet. Les deux actionnaires principaux du groupe, Crescendo Industries et Pothar Investments, qui détiennent à eux deux 24,2% des parts de Bull, ont d'ores et déjà annoncé qu'ils apportaient leurs titres à l'opération. Entre mi-aout et fin aout, les résultats de l'offre seront annoncés par l'AMF. Le rachat n'aura lieu que si Atos parvient à acquérir au minimum 50% plus une voix des actions de Bull.

La marque Bull préservée

"Si cette OPA est un succès, nous créerons au sein d'Atos un véhicule, qui regroupera l'ensemble des activités liées au big data et à la cybersécurité des deux groupes", dévoile Thierry Breton, PDG d'Atos. Cette filiale sera à 100% détenue par Atos, mais portera le nom de la marque Bull. "Elle sera dirigé par Philipe Vannier, actuel PDG de Bull", précise Thierry Breton. Cette opération n'aura pas de conséquences sur l'emploi en France, assurent les deux compagnies. Elles regrouperont également leurs activités cloud, au sein de la filiale Canopy du groupe Atos, créée en 2012. La nouvelle structure serait, selon les deux entreprises, numéro un du secteur en Europe.

En cumulant leurs forces, les deux entités pourront devenir un acteur majeur de la cybersécurité et du big data en Europe : le chiffre d'affaires cumulé des deux firmes dans ces domaines s'élevait en 2013 à 490 millions d'euros (sur un chiffre d'affaires total cumulé de 9,877 milliards d'euros). Mais ces activités se développent très vite. Entre 2014 et 2016, le marché mondial du big data devrait croître de 25% selon le cabinet Gartner, pour atteindre 36 milliards d'euros.

2 000 ingénieurs spécialistes de la cybersécurité

"Ce nouveau véhicule pourra compter sur les services de 2 000 ingénieurs spécialistes de la sécurité informatique", souligne Thierry Breton. Ils développeront des produits complets, allant de l'hébergement des données stratégiques des entreprises à leur analyse en passant par leur sécurisation, notamment sur les appareils mobiles, smartphones ou tablettes, des employés.

Atos travaille avec des sociétés aéronautiques : elles collectent de nombreuses data sur le fonctionnement des réacteurs de leurs avions grâce à des capteurs. "En donnant du sens à ces données, nos clients peuvent faire de la maintenance avant que leurs moteurs ne souffrent de problèmes importants. Les appareils ne sont pas immobilisés pendant longtemps au sol pour de grosses réparations : l'activité devient plus rentable pour l'entreprise, grâce au traitement de la big data. C'est vrai dans de nombreux autres domaines, santé, automobile, etc.", détaille Thierry Breton.

330 millions d'euros de chiffre d'affaires

Cybersécurité et big data sont des secteurs clefs pour l'actuel Bull, leader européen des supercalculateurs. Il réalise dans ces deux champs d'activité 330 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2013. Chez Atos, 160 millions d'euros de chiffre d'affaires sur un total de 8,615 milliards étaient en 2013 liés à ces deux marchés. Le traitement des data devient central pour de nombreuses entreprises : "Tous les 18 mois, la quantité de données qu'Atos héberge pour ses clients double", rappelle Thierry Breton.

"Tous les ans, la puissance de nos supercalculateurs est multipliée par deux, sans que leur prix ne change. Ce secteur est donc un terreau fertile pour les start-up à même de développer des innovations. Mais pour parvenir à distribuer leurs produits à grande échelle, ces jeunes pousses ont souvent besoin du soutien de grands groupes informatiques", analyse de son côté Philippe Vannier.

Force de frappe en Europe

"Si l'opération fonctionne, la nouvelle structure Bull aurait une taille critique suffisante pour avoir une véritable force de frappe en Europe, poursuit-il. Bull avait déjà prévu, dans le cadre de son plan stratégique qui coure jusqu'à 2016, une enveloppe pour acquérir de petites start-up innovantes dans le big data et la cybersécurité. Cette opération devrait renforcer encore cette stratégie", glisse l'actuel PDG de Bull.

S'il voit le jour, le nouveau bras armé d'Atos dans la cybersécurité et le big data aura des objectifs de croissance à deux chiffres, explique Thierry Breton, refusant de donner plus de détails. Et Philippe Vannier de compléter : "et les investissements devront suivre cette croissance", notamment en R&D.

Lélia de Matharel

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