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Au Bourget, les acteurs de l’Internet bousculent l’industrie spatiale

Le promoteur du projet OneWeb sidère l’industrie spatiale en passant commande pour 900 satellites pour apporter l’Internet depuis le ciel. En réaction à la nouvelle concurrence des acteurs venus de l’Internet, le CNES crée une division de l’innovation pour faire baisser les coûts de l’accès à l’espace.

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Au Bourget, les acteurs de l’Internet bousculent l’industrie spatiale
Au Bourget, les acteurs de l’Internet bousculent l’industrie spatiale

Au Bourget, où les industriels de l’aéronautique et du spatial exposent leur dernières technologies et célèbrent leurs commande de nouvelles appareils,  les acteurs de l’Internet s’engouffrent sans carton d’invitation. Ainsi, pour la journée d’ouverture du salon, le milliardaire Greg Wyler a franchi une étape déterminante de son projet de constellation de satellites Internet OneWeb en sélectionnant Airbus Defence & Space comme fournisseur.

 

A l’échelle de l’industrie satellitaire, le projet est totalement hors-norme : produire 900 satellites, certes de petite taille (150 kilos environ) quand les principaux industriels n’en produisent annuellement qu’une dizaine pour offrir des services de télécommunication ou d’observation de la Terre. De quoi pousser le fournisseur européen à réviser drastiquement ses méthodes. "Faire équipe avec OneWeb, avec l'exigence de produire plusieurs petits satellites par jour, nous a conduit à développer des designs et des processus innovants qui vont réduire de façon spectaculaire les coûts pour de gros volumes pour des applications spatiales à haute performance", indique François Auque, le patron de la branche espace du groupe.

 

De nouvelles règles du jeu

 

Mais selon nos informations, Greg Wyler impose des nouvelles règles du jeu. Pour décrocher le contrat OneWeb, Airbus aurait dû participer aux investissements de son client qui se chiffrent en milliards de dollars. "Un fournisseur qui finance son client, cela devient incestueux !",  juge un spécialiste de cette industrie qui rappelle que les précédents projets de constellation se construits sur des bulles financières qui ont ruiné leurs investisseurs. Dans d’autres domaines, cette pratique est déjà une réalité. Ainsi les fabricants de réseaux de télécommunications mobiles n’hésitent à pratiquer le "vendor financing", qui consiste à financer à l’opérateur une partie du réseau fourni.

 

Les agences spatiales sont également bousculées par cette intrusion. "Les acteurs de l’Internet arrivent avec de nouvelles méthodes, de nouvelles applications et aussi avec de nouveaux budgets. C’est une autre façon de faire de l’espace (...). Le risque, c’est d’avoir des gens qui finalement font du spatial à moindre coût", affirme Jean-Yves Legall président du CNES, le centre nationale d’études spatiales.

 

Une direction de l’innovation au Cnes

 

L’agence en sait quelque chose : en quelques années, SpaceX qui casse les prix sur les marchés de lanceurs, remet en cause l’organisation industrielle de l’Europe spatiale. Son fondateur n’est autre qu’Elon Musk, qui a fait fortune avec son logiciel Paypal de paiement en ligne. Pour réagir, l’agence spatiale française a donc annoncé une réorganisation avec la création d’une direction de l’innovation qui sera installée après l’été. Parmi ses sujets : les applications spatiales, les lanceurs du futur, l’imagerie très haute résolution...

 

L’agence est aussi prête à s’inspirer des nouveaux modèles qui se développent chez les acteurs émergents. "L’agence indienne ISRO a envoyé autour de Mars une sonde et recueille des résultats scientifiques remarquables. Le coût complet du projet - développement, construction, lancement et opération - s’est élevé à 60 millions de dollars. Ce n’est même pas le coût du film Gravity !", explique le patron du CNES.

 

En novembre prochain, le CNES fêtera les 50 ans de son premier tir réussi avec le lanceur Diamant. Sa remise en cause comme celle de l’industrie spatiale européenne, est vitale s'ils veulent survivre à la vague Internet.

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