Au cœur de Transpolis, la ville-laboratoire pour les véhicules autonomes et connectés

L'inauguration officielle de Transpolis, une ville-laboratoire de 80 hectares implantée au coeur d'une ancienne base militaire dans l'Ain, a eu lieu mardi 2 juillet 2019. L'occasion pour L'Usine Digitale de se rendre sur ce terrain d'expérimentation pour les véhicules autonomes et connectés ainsi que pour l'infrastructure les supportant.

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Au cœur de Transpolis, la ville-laboratoire pour les véhicules autonomes et connectés
Vue du ciel du site de Transpolis

Transpolis, une ville-laboratoire de 80 hectares dans la plaine de l'Ain (en région lyonnaise), a été officiellement inaugurée mardi 2 juillet 2019. Géré par la SAS Transpolis, une entreprise fondée en 2011 par 22 actionnaires et partenaires, ce lieu est en service depuis août 2018 et a bénéficié d'un co-financement public-privé de 20 millions d'euros. Le but est d'aider les industriels et chercheurs à développer des solutions de mobilité urbaine que ce soit au niveau du véhicule ou de l'infrastructure.

Une cinquantaine de projets actuellement en cours

Transpolis permet aux industriels, chercheurs ou autorités publiques de venir tester une solution véhicule et/ou infrastructure dans des conditions proches du réel. L'objectif est de s'assurer que leur technologie est sécurisée avant de la commercialiser ou de la tester dans l'espace public. Véhicule autonome et connecté, solution de freinage d'urgence, nouveau revêtement pour la signalétique sur la chaussée, infrastructure connectée, barrière de sécurité, équipement télécom… des produits très divers peuvent être testés au sein de cette ville-laboratoire.


Le lieu est loué avec toute l'ingénierie autour afin de réaliser les essais. Une location à la journée, à la semaine ou au mois… tout dépend de ce que les sociétés veulent tester et de la complexité de leur projet. "Une cinquantaine de projets, tous types d'activités confondus, sont actuellement en cours", affirme Stéphane Barbier, directeur commercial et du développement de Transpolis.

Un feu de signalisation sur la gauche et de fausses façades sur la droite.

Transpolis est modulable selon les besoins

Les avantages de Transpolis ? "La taille de cet espace et son côté modulable n'existent pas sur beaucoup de sites", assure à L'Usine Digitale Philippe Vezin, directeur de recherche à l'IFSTTAR (Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux). Le site est composé d'une ville factice de 30 hectares située sur un ancien site militaire et comprenant 12 km de rues et de boulevards. Des hangars de 50 mètres de long par 10 à 15 mètres de haut donnent un décor urbain qui est complété par l'ajout de fausses façades comme dans un studio de cinéma. Marquages au sol, abris bus, ronds-points ou encore feux de signalisations complètent l'infrastructure. Le tout peut être aménagé selon les besoins des industriels ou des chercheurs.

Transpolis dispose aussi d'une portion d'autoroute de 1,7 km qui permet notamment d'y tester des véhicules autonomes et connectés. A cela s'ajoutent aux 6 km de route de campagne avec des enchaînements de virage permettant, par exemple, de tester des systèmes d'aide à la conduite ou le confort des véhicules. Des parkings ont aussi été aménagés au sein de Transpolis. Pour parfaire le tout, l'installation dispose de mannequins : deux cyclistes, quatre piétons dont un enfant et un véhicule constitués de blocs de mousse. Si un véhicule les percute, ils ne s'abîment pas et le véhicule factice peut facilement être reconstitué. "Ces mannequins sont pilotables à distance et permettent de créer différents scénarios", explique Philippe Vezin.

Un rond-point mis en scène au coeur de la ville factice.

Des places de parking ont été aménagées.

Réfléchir aux critères d'homologation des véhicules autonomes

Au-delà des tests de technologies, Transpolis permettra d'aborder des questions autour de l'homologation des véhicules autonomes afin de donner des éléments aux pouvoirs publics : est-ce que l'on certifie uniquement le véhicule ou aussi l'usage que l'on va en faire ? Comment peut-on garantir que cet usage va fonctionner ? Quels critères fixer pour leur homologation ?

De son côté, l'IFTTAR aimerait aussi travailler sur le côté sciences humaines et sociales afin d'étudier la perception du grand public face au véhicule autonome. L'institut de recherche envisage donc d'amener de vraies personnes sur le site. En septembre 2019, des recherches devraient être menées sur Transpolis dans le cadre du consortium ENA (qui a été retenu par l'Etat dans le cadre de l'appel à projets menés par l'Ademe) : des expérimentations seront faites au sein de cette ville factice avant que des tests ne soient menés dans la vie réelle.

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