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Au fait, c'est quoi une plate-forme ?

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Document Le think tank Renaissance numérique vient de publier une note intitulée "Plateformes et dynamiques concurrentielles". Rédigée par Henri Issac, son président, elle définit la notion de plate-forme et remet en cause l’idée que toutes les grandes plates-formes sont  des monopoles. Synthèse

Au fait, c'est quoi une plate-forme ?
Au fait, c'est quoi une plate-forme ?

Pour le Conseil national du numérique "une plate-forme est un service occupant une fonction d’intermédiaire dans l’accès aux informations, contenus, services ou biens édités ou fournis par des tiers. Au-delà de sa seule interface technique, elle organise et hiérarchise les contenus en vue de leur présentation et leur mise en relation aux utilisateurs finaux. A cette caractéristique commune s’ajoute parfois une dimension écosystémique caractérisée par des relations rentre services convergents".

 

"Au moment ou la France et l’Europe s’interrogent sur la régulation des plates-formes, Renaissance numérique voulait apporter quelque chose au débat d’autant que les notions d’éditeurs et d’hébergeurs qu’on a utilisées dans la Loi, ne sont pas suffisantes", explique Henri Isaac, président de Renaissance numérique et auteur de la note "Plates-formes et dynamiques concurrentielles", que le think tank vient de publier.

 

PLATE-FORME = EFFETS DE RÉSEAU + ÉCOSYSTÈME

Et pour lui, la définition du CNNum est incomplète. Selon lui, si une plate-forme doit effectivement s’inscrire dans une logique d’écosystème d’affaires — où de nombreuses entreprises pivotent autour d’entreprises centrales dans une logique de coopétition — elle se définit aussi par les effets de réseau (cf. encadré ci-dessous), ces externalités positives de l’économie de l’information, qu’elle décide d’utiliser. Car devenir une plate-forme ne doit rien au hasard. "Cela nécessite une stratégie volontariste et des décisions précises sur des éléments technologiques et de partage de la valeur entre les membres d’un écosystème", écrit le chercheur professeur à l’université de Paris Dauphine.

 

Mais un écosystème n’est pas forcément une plate-forme. Trois éléments les différentient : les effets de réseau exploités systématiquement, la mobilisation du client comme ressource et la stratégie technologique initiale (SDK, API, format ouvert…), qui facilitent l’accès au marché pour toute une multitude d’acteurs, et crée ainsi de la valeur pour tout un écosystème.

 

OLIGOPOLE AVEC FRANGE CONCURRENTIELLE

Pour qu’une plate-forme soit considérée en situation de monopole il faut à la fois, un effet de verrouillage, la segmentation de l’offre et l’absence de concurrence. Mais pour Henri Isaac, la loi du monopole appliquée au marché des plates-formes ne tient pas compte des réalités concrètes des marchés et de leurs évolutions. "Les réalités concrètes du marché, de même que l’histoire d’Internet et de ses plates-formes, nous apprennent que les structures de marché s’apparentent davantage à une structure oligopolistique avec frange concurrentielle (un petit nombre d’acteurs qui concentrent une vaste partie du marché et de nombreux acteurs se disputant des niches)".

 

Mais s’il y a des situations qui conduisent à des monopoles, "elles sont loin d’être généralisées. Et les sociétés qui ont occupé une position dominante ne s’y maintiennent pas très longtemps, comme on l’a vu avec Yahoo, Nokia, Microsoft", rappelle Henri Isaac. Pour lui, de toute façon ce n’est pas la situation de monopole qui pose problème c’est l’abus de cette position.

 

Pour autant, avant de légiférer sur les plates-formes, Henri Isaac souhaite alerter les législateurs : "Le fait d’introduire un concept non stabilisé pourrait introduire une instabilité juridique. Il ne faut peut-être pas vitesse et précipitation."

 

Les 5 effets de réseau
L’effet de réseau direct (def.) : la valeur d’un réseau est proportionnelle au nombre de ses participants.
L’effet de feed-back positif (def.) : l’utilisateur choisit son service en anticipant celui qui sera le plus populaire (viralité, recommandation), comme dans le cas de Skype, Booking ou Trip Advisor.
Les effets de réseau indirects (def.) : la Valeur d’un bien /service provient de la création d’une offre de biens complémentaires ou services partenaires, comme autour de l’iphone d’Apple, d’Android, de Facebook
Les effets de réseau croisés (def.) : la plate-forme s’appuie sur un marché biface : si un type d’agent croit sur une face A, cela fait croître le nombre d’agents sur la face B, et vice-versa.
L’effet de verrouillage (pas propre au numérique) : du fait de coûts de changement élevés le consommateur reste captif au sein d’un même service/bien.

 

 

  Plates-formes et les dynamiques concurrentielles

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