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Au Japon, Mitsubishi Estate et Fujitsu mettent la blockchain au service de l'open data

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Le groupe japonais Fujitsu s'intéresse au potentiel des technologies de la blockchain pour l'échange de données sensibles entre les entreprises. Un service dont le premier pilote est mené par Mitsubishi Estate au sein du grand quartier d'affaires de Daimaruyu à Tokyo. L'un des cas d'usage mis en avant est la corrélation de données pour permettre aux personnes de facilement trouver des places disponibles dans les nombreux petits restaurants de la ville.

Au Japon, Mitsubishi Estate et Fujitsu mettent la blockchain au service de l'open data
La gare Tokyo Station est au cœur du quartier de Marunouchi, l'un des trois quartiers qui composent Daimaruyu. © Japan Travel

Le groupe japonais Fujitsu a présenté le 14 mai 2018, à l'occasion de son évènement annuel Fujitsu Forum, un cas d'usage de son implémentation des technologies de la blockchain pour l'immobilier. Le client en question est Mitsubishi Estate, qui cherche à mettre en place un projet pilote dans le quartier d'affaires Daimaruyu (en réalité une sorte de district informel composé de trois quartiers) de Tokyo dont il gère environ 30% des bâtiments. Le district fait 120 hectares et héberge les sièges de 92 entreprises, dont 16 qui font partie des Fortune 500. Quelque 280 000 personnes y travaillent dans 4300 bureaux répartis dans 106 buildings. Il est desservi par 13 gares et 28 lignes ferroviaires.

 

Mitsubishi Estate cherche à mettre en place une stratégie d'open data pour Daimaruyu afin d'aider à une meilleure gestion de l'infrastructure et à développer de nouveaux business models à l'intersection de plusieurs industries. Cela inclut notamment les données générées par l'Internet des objets, par exemple sur la consommation énergétique des bâtiments ou les revenus que génèrent leurs boutiques. L'opérateur télécom Softbank, partenaire du projet, fournira également des informations sur ses usagers (nombre de personnes dans une zone, âge, genre, localisation, etc.). On trouve parmi les autres exemples des données provenant des transports en commun, des services météorologiques, des caméras de surveillance (pour estimer la densité des flux de population et leurs directions).

 

Aider les touristes à trouver des places au restaurant

Si tout cela est bien joli en théorie, c'est dans la pratique que se vérifie la solidité des projets. Hiroyuki Okuyama, senior manager chez Mitsubishi Estate, n'a détaillé qu'un seul cas d'usage concret lors du briefing auquel nous avons assisté : la gestion en temps réel du taux d'occupation des restaurants. Tokyo fourmille de petits restaurants qui n'acceptent traditionnellement pas les réservations. Il y en a des milliers rien que dans Daimaruyu. Si cette particularité a son charme, elle peut se révéler problématique le midi lorsqu'on ne trouve pas de place pour déjeuner, et c'est encore pire pour les touristes étrangers qui cherchent à optimiser au maximum leur temps dans la capitale.

 

Le concept proposé par Mitsubishi regrouperait les données sur le nombre de places disponibles dans chaque restaurant, les données sur la position géographique des clients, et leur proposerait une liste de commerces en conséquence. Idéalement Mitsubishi souhaiterait étendre ce concept à l'ensemble de Tokyo en amont des Jeux olympiques de 2020 et, à terme, à l'international. Il aimerait également y ajouter d'autres types de business, comme les hôtels. Questionné sur le business model de ce service, Hiroyuki Okuyama a répondu que cela restait à déterminer lorsque le projet sera dans une phase plus avancée.

 

Fujitsu met la blockchain au service de l'open data

Le service de Fujitsu au cœur de ces projets, lancé sur le marché le 14 mai, se nomme Virtuora DX. Il s'agit d'un service cloud bâti autour de la technologie Fujitsu VPX (Virtual Private Exchange), qui permet l'échange de données entre entreprises à l'aide de "smart contracts" basés sur le framework open source Hyperledger Fabric. Il fonctionne via un principe de consortiums : des groupes que peuvent rejoindre les entreprises dans l'objectif de partager des données spécifiques entre elles.

 

Virtuora DX intègre plusieurs concepts développés par le professeur Yukio Ohsawa de l'Université de Tokyo, dont le Data Jacket, un modèle de description qui fournit des informations sur quand la donnée a été créée et par qui mais sans révéler son contenu (afin de déterminer si elle a un intérêt avant d'y accéder), ou KeyGraph, qui permet d'établir des corrélations entre différentes données à l'aide de mot-clés, encore une fois avant d'accéder aux données elles-mêmes. Les entreprises peuvent donc déterminer quels échanges sont pertinents sans que les données ne quittent leur système d'information. Fujitsu indique par ailleurs travailler sur une fonction de chiffrement des données pour garantir leur confidentialité.

 

Interrogé sur l'intérêt de la blockchain par rapport à une base de données conventionnelle dont l'accès se ferait via des API, Hiroyuki Okuyama a souligné l'importance de garantir l'authenticité des données et de limiter les erreurs ou les falsifications en conservant l'historique des changements dans un registre distribué (le principe de base de la blockchain). Ces changements peuvent alors être analysés pour en comprendre le contexte et développer de nouvelles pratiques. Par ailleurs, il insiste sur la réticence des entreprises à partager des données jugées sensibles, et sur la valeur ajoutée de l'implémentation spécifique de Fujitsu. Comme souvent avec les applications de la blockchain, reste à voir ce que cela donnera dans des conditions d'utilisation réelles.

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