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Washington, Londres et Canberra demandent à Facebook de mettre un terme au chiffrement de bout en bout

Vu ailleurs Quatre jours après l'annonce d’un traité bilatéral entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni visant à imposer aux réseaux sociaux de partager avec la police des conversations jusqu’alors cryptées, dans le cas d’infractions pénales graves, l’Australie se joint au mouvement. Dans le collimateur des trois pays, Facebook et sa filiale WhatsApp, qui leur ont depuis envoyé une fin de non-recevoir, invoquant le respect de la vie privée.
mis à jour le 04 octobre 2019 à 11H15
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Washington, Londres et Canberra demandent à Facebook de mettre un terme au chiffrement de bout en bout
Washington, Londres et Canberra demandent à Facebook de mettre un terme au chiffrement de bout en bout © Sam Azgor – Flickr – C.C

Actualisation (04/10/2019) : Il n’aura fallu qu’une poignée de jours pour que le mouvement prenne de l’ampleur. Par la voix de son ministre de l’Intérieur, le gouvernement australien a annoncé se joindre au combat des Etats-Unis et du Royaume-Uni contre le chiffrement de bout en bout dans le cadre des messageries en ligne. Peter Dutton a, en effet, signé une lettre adressée ce vendredi 4 octobre 2019 au groupe Facebook par ses homologues américains et britannique. Leur demande : que le fameux réseau social revoie sa politique, qui prévoit de faire passer l’ensemble de ses services à ce système – l’application Messenger est censée être la prochaine sur la liste, après WhatsApp.


Comme l’ont relevé nos confrères du site BuzzFeed News, les dirigeants disent s’inquiéter que "le chiffrement de bout en bout finisse par mettre la sécurité publique en péril". Les services de police auraient des difficultés à faire avancer certaines affaires, du fait de cet obstacle. Les trois pays demandent à ce que les "messages illégaux" – tels que ceux à caractère terroriste ou pédophile – transitant par ces plate-formes leur soient accessibles "dans un format pratique". Dans les faits, Facebook a de lui-même effectué près de 17 millions de signalements pour ces motifs en 2018. Mais le trio redoute, si le projet du groupe est mis en œuvre, une réduction de ce nombre de près de 70%.


Lors d’une réunion interne, diffusée en direct jeudi 3 octobre 2019, Mark Zuckerberg a souligné avoir conscience que ses services sont "l’un des outils majeurs pour lutter contre les activités criminelles". Il a néanmoins envoyé une fin de non-recevoir aux dirigeants, arguant que cette confidentialité des échanges permet notamment de "protéger des journalistes dans des pays sans liberté de la presse" ou encore "les manifestants à Hong Kong et tous les autres dissidents dans le monde". Facebook s’est dit "fermement opposé à la mise en place par les gouvernements de portes dérobées [backdoors, N.D.L.R.]", qui leur permettraient d’accéder aux données de l’ensemble de ses utilisateurs. Le réseau social rappelle que les enquêteurs peuvent déjà lui formuler des demandes au cas par cas, en passant par un juge.

 

Article original :

Depuis les scandales qui ont éclaboussé Facebook en matière de protection de la vie privée, sa filiale WhatsApp ne cesse de mettre en avant son système de messagerie crypté de bout en bout. Mais une décision du Royaume-Uni pourrait venir ternir le tableau. Nos confrères du Times ont rapporté samedi 28 septembre 2019 que le gouvernement de Boris Johnson a choisi de légiférer pour contraindre les géants des réseaux sociaux à partager certains échanges avec la police. Ne seraient concernées que les personnes suspectées d’une infraction pénale grave – tels que les homicides ou la pédophilie.

 

Entrée en vigueur prévue en octobre

Cette mesure devrait être portée devant le parlement par la secrétaire d’Etat à l’Intérieur, Priti Patel, qui pourrait signer sa mise en application dans le courant du mois d’octobre. Un tel texte a été rendu possible du fait d’un traité passé entre les gouvernements britannique et américain, dont la teneur n’a pas été dévoilée. Dans les faits, Priti Patel souhaite mettre en place des "portes dérobées" (backdoors) dans WhatsApp et Messenger pour donner un accès aux services de renseignement – le même type de système que l’administration Trump accuse le Chinois Huawei d’intégrer à ses appareils.

 

Le groupe Facebook, qui a donc largement basé sa communication sur le chiffrement des données, a, en toute logique, dénoncé la manœuvre. "Nous nous opposons aux tentatives du gouvernement de créer des portes dérobées, car ces dernières porteraient atteinte à la confidentialité et à la sécurité de nos utilisateurs partout dans le monde, a expliqué Facebook par voie de communiqué. La loi sur le cloud autorisent déjà les entreprises à fournir les informations disponibles lorsque nous recevons des demandes légales valables, sans pour autant leur imposer de créer des portes dérobées."

 

Selon les termes de l’accord, précise The Times, les administrations britannique et américaine ne devraient pas pouvoir mener l’enquête sur les citoyens de l’autre pays. Notamment lorsque la peine de mort serait applicable aux Etats-Unis, puisque l'Europe condamne cette pratique.

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