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Au Royaume-Uni, Uber pourrait être contraint d'accorder de nouveaux droits à ses chauffeurs

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Après le jugement d'un tribunal au Royaume-Uni, Uber pourrait être amené à considérer ses chauffeurs comme des employés et non des travailleurs indépendants. Londres représente le marché le plus important d'Europe pour l'entreprise. Cette décision fragilise un peu plus le modèle économique d'Uber.

Au Royaume-Uni, Uber pourrait être contraint d'accorder de nouveaux droits à ses chauffeurs
Au Royaume-Uni, Uber pourrait être contraint d'accorder de nouveaux droits à ses chauffeurs © Uber

Nouveau coup de frein pour Uber. Après une décision rendue par un tribunal au Royaume-Uni, ses chauffeurs pourraient être considérés comme des employés et non plus comme des travailleurs indépendants. Le jugement fragilise un peu plus l’enracinement du service de transport en Europe. Mais surtout, il menace un modèle économique déjà chancelant.

 

Salaire minimum et congés payés pour les chauffeurs Uber

Le dossier remonte à 2016, quand deux conducteurs d’Uber, Yaseen Aslam et James Farrar, poursuivent la société en argumentant qu’elle n'assume pas l’ensemble de ses responsabilités d’employeur. En octobre 2016, le tribunal du travail tranche en leur faveur, à la suite de quoi Uber fait appel. Ce vendredi 10 novembre 2017, le tribunal d’appel du travail confirme le premier jugement. Malgré tout, l’affaire sera sans doute portée jusqu’à la Cour Suprême, si Uber maintient son intention de faire appel.

 

En vertu de cette décision, Uber devrait accorder à ses "partenaires" chauffeurs un salaire horaire minimum de 8,5 euros, des congés payés et des pauses. La décision pourrait être rétroactive jusqu’à deux ans avant le jugement initial. Tous les chauffeurs concernés pourraient alors faire valoir leurs droits en justice. Uber aurait alors à payer une lourde facture. Le syndicat GMB, qui a porté l’affaire devant les tribunaux, salue une “victoire monumentale.”

 

Déboires juridiques en série au Royaume-Uni

Sur le long terme, c’est la viabilité économique de l’entreprise qui est menacée. Uber économise 30 % sur ses coûts en engageant ses chauffeurs comme indépendants. Et cela lui permet de maintenir ses tarifs à des niveaux compétitifs sur le secteur concurrentiel du transport. Par ailleurs, Londres représente 40 000 conducteurs et 3,5 millions de passagers pour la société, c’est son plus gros marché en Europe.

 

Les déboires de l’entreprise à Londres ne s’arrêtent pas là. Au mois de septembre 2017, les autorités de transport londoniennes refusaient de renouveler la licence permettant à Uber de circuler dans la ville. Elles lui reprochaient notamment les défauts de son processus de validation des chauffeurs et son outil Greyball. Un logiciel interne controversé qui aurait permis à Uber de surveiller des agents de police ou des politiciens hostiles à son application dans plusieurs villes américaines. Uber avait répondu vouloir empêcher ces personnes d’utiliser l’application pour arrêter des conducteurs. Uber parvient néanmoins à poursuivre ses activités dans la capitale d’Angleterre en jouant la montre, une fois de plus, par une procédure d’appel.

 

Bonne ou mauvaise nouvelle pour les chauffeurs ?

Si cette décision pourrait améliorer les conditions de travail des conducteurs, certains économistes et Uber insistent sur les effets pervers du jugement.Presque tous les taxis et les chauffeurs privés étaient indépendants pendant des décennies, longtemps avant l’existence de notre application, argumente Tom Elvidge, manager général d’Uber au Royaume Uni, sur le site Quartz. Les chauffeurs utilisent Uber principalement parce qu’ils valorisent la liberté de choisir quand, où et si oui ou non ils conduisent.”

 

Mareike Mohlmann, professeur assistant à l’Ecole de Commerce de Warwick, décrit les avantages que peut avoir le statut de travailleur indépendant : Ils peuvent choisir comme bon leur semble leurs horaires de travail ou utiliser la voiture non seulement pour le travail mais aussi pour un usage privé.” Beaucoup de chauffeurs ne conduisent pas à temps plein mais utilisent Uber comme une source de revenu additionnel”, ajoute Mareike Mohlmann. A l’avenir, Uber pourrait engager moins de personnes qui sont employées à temps-plein.”

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