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Au Warehouse de Cdiscount, cinq start-up inventent la logistique 4.0

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Cobots, chariots autonomes, réalité virtuelle… Dans son incubateur baptisé The Warehouse, Cdiscount s'entoure de start-up pour expérimenter des technologies de pointe et co-construire de nouvelles solutions. L'e-commerçant cherche à la fois à gagner en productivité et à diminuer la pénibilité du travail de ses opérateurs.

Au Warehouse de Cdiscount, cinq start-up inventent la logistique 4.0
Robot collaboratif Universal Robots équipé de la technologie de la start-up Nomagic.ai. © Juliette Raynal pour L'Usine Digitale

Pour ne pas se laisser distancer, Cdiscount s'est lancé dans une course à l'innovation logistique. L'e-commerçant bordelais en a fait la démonstration le vendredi 15 juillet 2018 en conviant la presse à admirer le (petit) ballet de sept robots Exotec Solutions déployés sur une zone de 80 mètres carrés dans son entrepôt de Cestas, situé dans la banlieue de Bordeaux. Autonomes, ces derniers déambulent au milieu des étagères et grimpent sur les racks jusqu'à 10 mètres de haut pour récupérer les produits listés dans une commande et les ramener à un opérateur.


La genèse de The Wharehouse de Cdiscount

"C'est une solution que nous avons co-construite avec la start-up Exotec. Cette co-construction est à la genèse de notre incubateur The Warehouse", insiste Pierre-Yves Escarpit, directeur général adjoint de Cdiscount, en charge de la supply chain, des systèmes d'information et des achats. "L'objectif de cet incubateur est de travailler sur la 'dépénibilité' du travail et sur le développement de la cobotique (robotique collaborative, ndlr) tout en impliquant les collaborateurs afin qu'ils soient plus à l'aise avec ces sujets", poursuit-il.

Dévoilé il y a un an, The Warehouse prend la forme d'un mini-entrepôt de 300 mètres carrés, installé à Canejean, à quelques kilomètres de Bordeaux. "Les start-up de la logistique ont besoin d'un univers physique pour travailler. Elles ont besoin d'un terrain de jeu", résume Emmanuel Grenier, président de Cdiscount. L'e-commerçant accompagne aujourd'hui cinq jeunes pousses dont les solutions sont plus ou moins matures. Présentation.

 

Nomagic.ai éduque un robot au picking

D'origine polonaise, la start-up Nomagic.ai présente un cobot d'Universal Robot, doté d'un préhenseur à ventouse, capable de sélectionner et de saisir un élément dans un bac de produits en vrac puis d'analyser la taille exacte de l'item pour le positionner correctement dans un carton d'emballage. "Notre cœur de métier est le logiciel. Nous utilisons des algorithmes d'intelligence artificielle pour la compréhension de l'environnement du robot, le choix de la meilleure méthode de saisie et le contrôle du robot", explique Tristan d'Orgeval, l'un des cofondateurs de la start-up.

L'objectif est de multiplier par deux la cadence en approvisionnement des lignes d'empaquetage. "L'idée est de permettre à un opérateur de gérer plusieurs lignes d'emballage à la fois et de se focaliser là où il y a des exceptions", complète l'entrepreneur. Un projet pilote doit être lancé à la fin septembre au niveau de l'emballage des petites produits. A terme, la start-up, espère être en mesure de travailler avec tout l'inventaire de Cdiscount.

 

 

Ez-wheel veut rendre les chariots autonomes

La start-up charentaise Ez-wheel est à l'origine d'une roue électrique autonome auto-alimentée. Spécialiste de la mécatronique, l'entreprise a développé une roue entièrement électrique dont tous les composants nécessaires à sa traction (batterie, moteur et électronique) sont embarqués autour du moyeu. Toute l'énergie se trouve à l'intérieur de la roue, celle-ci peut donc être montée sur du matériel roulant pour fournir une assistance.

Chez Cdiscount, l'objectif est donc de fixer une roue sur un chariot pour permettre à l'opérateur de n'avoir plus qu'à le guider sans avoir à supporter son poids (environ 150 kilos). Quatre chariots équipés de la roue Ez-Wheel doivent être déployés en entrepôt dès juillet 2018 pour tester le dispositif en conditions réelles.

Les équipes travaillent avec l'e-commerçant pour développer une deuxième application qui consiste à rendre la conduite du chariot totalement autonome afin qu'il se rende seul dans certaines zones de l'entrepôt. D'autres entreprises de la région planchent sur ce scénario. Akka Technologies apporte son savoir-faire en matière de déplacement automatisé tandis qu'Iidre développe des solutions de géolocalisation indoor pour permettre au chariot de savoir à tout moment où il se trouve dans son environnement.

 

 

E-cobot développe un robot compagnon

De son côté, la start-up nantaise E-cobot développe des solutions robotique collaborative (cobotique) mobiles. Le dispositif Husky est ainsi capable de transporter entre 150 et 400 kg, soit en mode autonome, soit en mode "suivi". Dans ce cas, le dispositif utilise un système de vision par ordinateur pour identifier l'opérateur et le suivre dans l'entrepôt. L'idée est d'accessoiriser le dispositif robotique pour développer toutes sortes d'applications. Avec Cdiscount, E-cobot va lancer un projet pilote d'ici la fin de l'année en équipant le système mobile d'un bras robotisé collaboratif. "Le système pourra alors chercher un carton et l'amener à l'opérateur pour l'aider dans la préparation de palette", explique la start-up.

 

 

HRV chasse les TMS grâce à la réalité virtuelle

Originaire de Laval (53), la start-up HRV faisait la démonstration de ses solutions Nao Studio et et Nao Live. La première consiste à cartographier les risques de troubles musculo-squelettiques (TMS) d'un poste de travail déjà existant. L'opérateur est alors équipé d'un harnais où sont installées des petites centrales inertielles. "Des calculs d'angulation de chaque segment du corps sont alors réalisés en temps réel puis convertis en indicateurs ergonomiques", détaille Pierre Faubert, ingénieur chez HRV.

L'autre solution, Nao Live, propose quant à elle de réaliser une revue de conception pour les futurs outils de production. L'opérateur est alors doté du même équipement, mais aussi d'un casque de réalité virtuel qui le plonge dans son futur environnement industriel. "Cela permet de faire une revue de projet à l'échelle réelle et de détecter d'éventuels dysfonctionnements", explique Pierre Faubert.

 

 

Shoprunback simplifie le retour des gros colis

La dernière start-up avec qui collabore Cdiscount, ShopRunBack, s'attaque à une problématique de la logistique située en dehors de l'entrepôt : celle de la livraison. C'est aussi elle qui propose la solution la plus mature puisqu'elle sera proposée auprès de certains clients Cdiscount dès le mois de septembre prochain. "Nous nous attaquons au casse-tête des retours des gros colis, explique l'entrepreneur de la jeune pousse parisienne. Nous proposons de revaloriser le produit, de réduire l'impact environnemental de ces flux et de rembourser le client le plus rapidement possible".

 

Depuis une interface en ligne, le client déclare les raisons du retour produit et peut choisir qu'un chauffeur vienne le retirer directement à son domicile. Il peut alors sélectionner un jour de prélèvement et un créneau de deux heures. Equipé d'un terminal mobile, le chauffeur récapitule sur place la demande du client, identifie et inspecte l'état du produit et de son emballage (le client n'a pas besoin de ré-emballer le produit) et envoie les informations par l'intermédiaire d'une photo à Cdiscount. Le produit est ensuite ré-étiqueté et pris en charge par le chauffeur.

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