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Authentification forte, 5G, business model… L'IRT Bcom dévoile ses projets en amont du MWC

L’institut de recherche technologique (IRT) Bcom, basé à Rennes (35) et à Lannion (22), a présenté mardi 3 décembre 2019 ses derniers projets en date en matière de 5G et d’authentification forte. Ces derniers, conçus pour répondre à de réels besoins clients et utilisateurs, devraient être exposés au Mobile World Congress de Barcelone au mois de février… avant d’être commercialisés plus largement. Tour d’horizon.
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Authentification forte, 5G, business model… L'IRT Bcom dévoile ses projets en amont du MWC
Authentification forte, 5G, business model… L'IRT Bcom dévoile ses projets en amont du MWC © Fred Pieau pour b<>com

L’IRT Bcom, basé en Bretagne, a présenté mardi 3 décembre 2019 ses derniers travaux et projets, qu’il va exposer lors du prochain Mobile World Congress (MWC), qui se tiendra à Barcelone (Espagne) du 24 au 27 février 2020. Le spécialiste des télécoms et de l’hypermédia – son 3D et image 4K – veut les commercialiser dans la foulée.

 

ANTICIPER LA DIRECTIVE DSP2

Alors que la directive européenne DSP2 entrera en application courant 2022, après un report dû à la complexité pour les entreprises de s’y conformer, l'IRT Bcom a développé une solution pour faciliter la transition. Résolution d’écran, comportement machine, analyse des plugins installés… Basée sur la technologie Browser Fingerprinting ainsi que le machine learning, son système d’authentification forte se base sur le recensement de 200 caractéristiques propres à un appareil – ordinateur, smartphone, tablette et même TV connectée. Il pourra être déployé sur des serveurs en local ou en mode déporté.

 

La probabilité qu’un pirate puisse effectivement accéder à un compte utilisateur serait ainsi réduite à 1 sur 500 millions. "Se contenter d’un code envoyé par SMS, comme c’est le cas aujourd’hui, n’est plus suffisant pour les fournisseurs de services. Aussi bien en termes de sécurité que d'efficacité : on estime que 10 % des clients abandonnent leur achat du fait d’une procédure laborieuse", soulève Gaëtan Le Guelvouit, responsable du laboratoire Confiance et Sécurité. Une expérience à grande échelle est en déploiement, dernière étape avant la commercialisation prévue pour mi-2020. La solution pourrait faire mouche au MWC, auquel les entreprises de paiement assistent de plus en plus.

 

LES CAS D’USAGE 5G RESTENT à DéVELOPPER

En matière de 5G, b<>com prévoit de nombreuses applications potentielles… mais ces dernières tardent à venir, car les besoins ne peuvent être exprimés que par le client. Approché par la télévision italienne lors du salon du broadcast IBC, qui s’est tenu à Amsterdam en septembre, l’institut s’est concentré sur le slicing, une fonctionnalité de la 5G permettant de prioriser un flux sur un autre, en lui accordant davantage de ressources en bande passante. "Pour un match de football, il est primordial qu’une action importante [comme un but, N.D.L.R.] soit bien nette. Ce dont on peut aisément se passer pour les plans de tribunes ou les interviews de joueurs", souligne Mathieu Lagrange, directeur du laboratoire Réseaux et Sécurité.

 

Les clubs sportifs ou les chaînes pourraient, ainsi, équiper les stades avec des cœurs de réseau et des antennes adéquates pour affiner le rendu pour le téléspectateur. Cette solution sous-entend néanmoins qu’une société puisse se voir octroyer des fréquences en direct. Si cela est aujourd’hui envisageable en Italie ou en Allemagne, par exemple, l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep) n’a vraisemblablement pas retenu cette option en France… privilégiant les opérateurs télécoms traditionnels, toujours incontournables. Ce qui pourrait s’avérer dommageable, la 5G s'adressant d'abord aux cas d'usage professionnels.

 

 

Dans le cadre de contrats commerciaux avec les opérateurs, le slicing pourra aussi déboucher sur des applications dans le domaine médical – où les données de santé seront priorisées sur des flux non-vitaux. Si de telles solutions émergent régulièrement à b<>com, l’essentiel du travail effectué en son sein reste académique. A mi-chemin entre le monde de la recherche et celui de l’entreprise, ce dernier est en quête permanente de cas d’usage pour éprouver ses technologies. Son modèle économique paraît, cela dit, mouvant. Et des adaptations pourraient conduire à des changements stratégiques.

 

UN MODèLE BIEN à PART

Comme ses sept homologues, l’IRT b<>com est le fruit d’un partenariat public-privé. Dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir (PIA), l’esprit initial était qu’un euro financé par le privé rapporte un euro sur les deniers publics. Si l’Etat finance donc largement son action, des entreprises en sont aussi actionnaires. Leur intérêt : avoir la primeur sur les technologies développées en interne. L’institut breton dispose, à date, d’un portefeuille de 80 familles de brevets… et une vingtaine s’y ajoute tous les ans. "Il n’y a pas de copropriété. Nos technologies nous appartiennent. Grâce à une relation privilégiée avec les sociétés membres, nous pouvons néanmoins convenir de leur transfert vers leurs activités propres et, ainsi, les accélérer", détaille Bertrand Guilbaud, président-directeur général.

 

Pour les télécoms, Orange et TDF ne s’y sont pas trompés. L’IRT étant à la pointe en matière de 5G, son expertise des cœurs de réseau leur sera précieuse alors que le déploiement des infrastructures devrait début au printemps 2020 au terme de la procédure d’attribution des fréquences par l’Arcep. Son conseil d’administration se compose aussi d’écoles d’ingénieurs (IMT Atlantique et SupElec), d’équipementiers (Nokia), de fabricants (Mitsubishi Electric) et de plusieurs sociétés spécialisées – la dernière en date, Naval Group, dans le secteur de la défense, a rejoint le consortium au mois d’avril.

 

L’IRT b<>com ne nie pas son ambition, à terme, de gagner en autonomie vis-à-vis de l’Etat, envers qui il se dit "reconnaissant" de l’avoir accompagné dans son lancement. En filigrane, il ambitionne de devenir "le bras armé d’Orange en matière de cœurs de réseau". Selon Bertrand Guilbaud, "quoi qu’il advienne, [son] modèle restera d’imaginer des technologies avec lesquelles [il] pourra transformer l’essai en en faisant la démonstration concrète". Après une hausse importante de ses effectifs depuis 2012, avec quelque 250 salariés à date, l’institut breton semble avoir atteint sa vitesse de croisière. Du moins, en se basant sur un tel business model. Son équipe commerciale n’excéderait pas la dizaine d’employés. Pour prendre un véritable envol entrepreneurial, c’est là que débutera le changement.

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