Automobile : Cazoo quitte l'Europe continentale, une opportunité pour Aramis

Le site britannique de vente de véhicules d'occasion sur Internet Cazoo ferme toutes ses opérations dans l'Union européenne, entraînant le licenciement de 750 personnes dont 180 en France. Le français Aramis vise la stratégie inverse en accélérant son développement international.

Partager
Automobile : Cazoo quitte l'Europe continentale, une opportunité pour Aramis

Le site de vente en ligne de voitures d'occasion Cazoo a annoncé le 8 septembre qu'il fermait toutes ses activités dans l'Union européenne. En difficulté à cause du ralentissement du marché de l'occasion, l'entreprise basée à Londres a décidé de se concentrer sur le seul marché britannique, afin d'atteindre son objectif de rentabilité fixé à fin 2023.

750 suppressions de postes

Cette décision entraînera le licenciement de 750 salariés en Europe continentale, dont 180 en France, et le reste en Allemagne, Italie et Espagne. Cazoo avait déjà supprimé 750 postes en juin dernier au Royaume-Uni. La société, qui a doublé ses pertes sur un an au deuxième trimestre à 243 millions de livres (280 millions d'euros), espère économiser 100 millions de livres sterling d'ici fin 2023 grâce à la fermeture de ses opérations dans l'UE.

Cazoo, fondé en 2018, avait investi 200 millions d'euros pour se développer sur le continent, d'après le Financial Times, ce qui comprend le sponsoring de clubs de football dans tous les pays où il était présent, parmi lesquels l'Olympique de Marseille et Lille. Le sponsor va chercher à mettre fin à ces contrats.

matraquage en bourse des sites de voitures d'occasion

L'action Cazoo avait perdu 90% de sa valeur depuis son introduction à la Bourse de New York, avant l'annonce de la fermeture des activités européennes. Ce n'est pas loin des 80% de chute du cours d'Aramis, le concurrent français de Cazoo, qui s'est introduit en Bourse en juin 2021. Une des plus grosses IPO de l'année en France.

Au premier semestre de son exercice 2021-2022 (clos en septembre), Aramis a augmenté son chiffre d'affaires de 47,5% sur un an à 873 millions d'euros, mais son EBITDA a chuté de 84%. La pénurie de voitures neuves a fortement impacté (-50%) ses ventes de véhicules "pré-immatriculés", des occasions récentes faiblement kilométrées. La vente de véhicules "reconditionnés" représente désormais plus de 80% de ses ventes, et a augmenté de 56%.

aramis se développe à l'international

Le groupe français, dont le premier actionnaire est Stellantis, mise donc sur la croissance du véhicule reconditionné, dont il a industrialisé le modèle. Il a ouvert en juin 2022 une deuxième usine de reconditionnement française en Seine-et-Marne près de Nemours, portant sa capacité en France à 50 000 véhicules par an à moyen terme. Il dispose de trois autres sites de reconditionnement en Angleterre, en Belgique et en Espagne, et compte en ouvrir un sixième d'ici la fin de l'année.

Le groupe créé en 2001 mise également sur l'expansion à l'international par croissance externe, et sur le lancement de nouveaux services. En juin 2022, il a racheté le leader autrichien de la vente de voitures d'occasion en ligne Onlinecars.

SUR LE MÊME SUJET

Sujets associés

NEWSLETTER L'Usine Digitale

Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes...

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

ARTICLES LES PLUS LUS