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Avast a vendu les données de millions de ses utilisateurs à des marques comme Google, Pepsi, Microsoft ou Sephora

Vu ailleurs [ACTUALISE] Alors que la polémique enflait suite aux accusations du fondateur d'Adblock Plus, Avast a reconnu mi-décembre avoir vendu les données de nombreux utilisateurs de ses extensions pour navigateurs web à travers sa filiale de marketing web Jumpshot. Un mois plus tard, des détails au sujet de ces pratiques émergent. Le spécialiste tchèque de la cybersécurité réaffirme avoir systématiquement anonymisé les informations.
mis à jour le 28 janvier 2020 à 12H17
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Avast a vendu les données de millions de ses utilisateurs à des marques comme Google, Pepsi, Microsoft ou Sephora
Avast a vendu les données de millions de ses utilisateurs à des marques comme Google, Pepsi, Microsoft ou Sephora © Pixabay/453169

Actualisation (28/01/2020) : De nouveaux détails émergent dans l’affaire des données utilisateurs vendues par Avast. Selon l’enquête conjointe de nos collègues américains de Motherboard et PCmag, parmi les clients ayant acheté ce type d’informations "jusqu’à plusieurs millions de dollars" figurent de grands noms comme Google, Yelp, Microsoft, McKinsey, Pepsi, Sephora, Home Depot ou encore Condé Nast. Ces marques exploitent de grandes quantités de données de consommation pour analyser le comportement des internautes et, ainsi, perfectionner leurs produits ou leurs techniques de vente.

 

Alors que le spécialiste tchèque de la cybersécurité a de nouveau avancé l’argument selon lequel "lesdites données ont été anonymisées" avant d’être transmises par sa filiale Jumpshot, Eric Goldman, professeur de droit à l’université de Santa Clara (Californie) a estimé qu’il est "presque impossible d’anonymiser des données" et assuré "ne pas du tout croire" les promesses d’Avast en la matière. A noter que, depuis l'été dernier, le consentement des utilisateurs est demandé lors de l'installation de l'antivirus en vue de la collecte de leurs données.

 

Article original : Avast pris la main dans le sac. Quatre extensions éditées par le spécialiste tchèque de la cybersécurité ont été bannies des navigateurs Mozilla et Opera, après avoir été incriminées dans une note de blog par le fondateur d’Adblock Plus. Selon Wladimir Palant, ces dernières collectent plus d’informations que nécessaire au sujet des activités en ligne de leurs utilisateurs. L’expert du filtrage fait un lien entre cette pratique inhabituelle et le rachat par Avast en 2013 de 65% de la société de marketing web Jumpshot.

 

Sur son site, cette dernière se vante d’avoir accès aux données de "100 millions de consommateurs en ligne et 20 millions d’utilisateurs d’applications mobiles". De quoi savoir, selon elle, ce que ceux-ci "recherchent, la manière dont ils se comportent vis-à-vis d’une marque ou d’un produit" et, ce, peu importe "la catégorie, le domaine ou le pays". Si ces informations constituent une mine d’or pour les clients de Jumpshot, elles posent la question du respect de la vie privée des utilisateurs. Une situation embarrassante pour sa maison-mère qui, pour être crédible, se doit d’être en pointe en la matière.

 

DES DONNéES revendues, mais ANONYMISéES

Au total, Avast cumule à ce jour un total de 400 millions d’utilisateurs à travers le globe. Ses extensions pour navigateur auraient-elles été mises à contribution pour alimenter sa filiale ? Tout juste nommé, le nouveau dirigeant du groupe tchèque a argué qu’il n’y avait pas matière à "un scandale en ce qui relève de la sécurité" des données. "Si celles-ci ont effectivement été collectées dans une finalité marchande, elles ont été anonymisées et tous les éléments pouvant conduire à l’identification d’un utilisateur ont été supprimés", a affirmé à nos confrères de Forbes Ondrej Vlcek. Ce qui signifie, a minima, que ni les noms, ni les adresses IP ne figurent parmi les données revendues par Jumpshot.

 

"Pas plus méchant qu’une cohorte mise en place dans le cadre d’une étude médicale", insiste le président-directeur général, pour qui l’analyse du comportement d’un internaute ciblé n’aurait pas été possible. Le seul but de Jumpshot serait d’établir des "tendances générales" quant à l’efficacité des campagnes publicitaires, comme on dégagerait des tendances pathologiques. Ondrej Vlcek a estimé que seuls "5% du chiffre d’affaires" de son groupe, soit environ 430 millions de dollars, proviendraient de cette activité. Si cela reste une somme minime, négligeable sur l’ensemble de son activité, Avast ne peut plus nier que la vente de données utilisateurs fait partie intégrante de son business model.

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