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Avec Boydsense, Alpha Mos veut mettre son nez électronique à portée du grand public

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Spécialisée notamment dans les capteurs pour l'analyse olfactive sur les sites industriels, la société toulousaine Alpha Mos vient de créer une filiale baptisée Boydsense pour proposer sa technologie aux fabricants de smartphones et d'objets connectés. De la détection de maladies à la maison connectée en passant par la silver economy et le quantified-self, les applications potentielles pour les nez électroniques ne manquent pas.

Avec Boydsense, Alpha Mos veut mettre son nez électronique à portée du grand public
Avec Boydsense, Alpha Mos veut mettre son nez électronique à portée du grand public © Pixabay

Alpha Mos veut mettre ses capteurs d’odeur à portée de tous. La société toulousaine, spécialisée notamment dans la fourniture de nez électroniques pour l’industrie, vient en effet de créer une filiale baptisée Boydsense pour proposer cette technologie aux fabricants de produits grand public. Au Mobile World Congress, Alpha Mos présentait ainsi un prototype de périphérique équipé d’un capteur capable de distinguer l’odeur de la vanille de celle de l’orange et d’en informer l’utilisateur via une application pour smartphone. "Ce prototype est équipé de capteurs plutôt basiques pour donner un exemple d'usage mais nous disposons de nez électroniques beaucoup plus fins dans leur capacité à idenfier certains gaz ou molécules", explique son patron Jean-Claude Mifsud.

De nombreux usages envisagés

Après les oreilles, le micro, et les yeux, l'appareil photo, le smartphone pourrait donc bientôt être équipé d'un nez. Mais à quoi cela pourrait-il servir concrètement ? "L'idée est d'apporter dans une forme mobile une capacité d'analyse de l'environnement à tout moment et en tout lieu, résume Jean-Claude Mifsud, on l'oublie vite mais pendant très longtemps l'odeur et le goût ont guidé les médecins pour établir des diagnostics et cela reste le cas dans certains types de médecine traditionnelles". Dans le domaine de l’e-santé, le capteur de Boydsense pourrait ainsi réaliser des pré-diagnostics sur des patients, et dans le quantified-self, l'haleine du coureur suffirait pour affiner le bilan entre la consommation de graisse et d'eau après un effort.

Le nez électronique pourrait également venir se substituer à l'odorat défaillant des personnes âgées. L'anosmie pose en effet un certain nombre de problèmes au quotidien, de l'oubli de produits périmés au frigo à une litière du chat qui n'est pas changée assez régulièrement. Alerté qu'une odeur forte se dégage de telle ou telle partie de son logement, un senior pourrait ainsi retrouver ce niveau d'alerte et prendre les mesures d'entretien nécessaires. Dans la maison connectée, Alpha Mos fait en tout cas déjà partie du projet "Opticook", un four 2.0 développé par Seb. Exemple d'usage imaginé dans la cuisine du futur : il suffit de mettre une tarte aux pommes au four pour que ce dernier la reconnaisse et adapte ainsi le temps de cuisson.

Vendre ses modules ou s'introduire dans des wearable

Passé par la case redressement judiciaire en 2013 avant d'ête sauvé par le français Diagnostic Medical System (DMS), Alpha Mos doit maintenant peaufiner le modèle économique de sa nouvelle entité. Pour diffuser sa technologie, Boydsense a plusieurs idées en tête : développer ses propres "modules" selon les usages et les commercialiser en tant que périphériques ou vendre sa technologie à des fabricants de smartphones ou d'autres objets connectés pour qu'ils puissent inclure ses capteurs dans leurs produits.

Cette dernière solution lui permettrait de dégager des revenus sur la vente des capteurs grâce à un contrat de licence mais également en continu via des services proposés sur des applications dédiées. A l'image de ce que propose déjà Alpha Mos au niveau industriel, la collecte des odeurs par les utilisateurs pourrait également permettre à Boydsense d'enrichir une banque de senteurs afin d'améliorer sans cesse son capteur.

Julien Bonnet

 
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