Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Avec Facebook Workplace, le Californien entre dans une arène déjà bien pleine

Facebook lance enfin sa version entreprise sous le nom de Facebook Workplace. Le Californien a respecté les codes du monde professionnel avec 18 mois de tests grandeur nature et la création d’un réseau de partenaires. Mais la concurrence, très installée (Microsoft) ou toute neuve (Slack), n’a pas dit son dernier mot.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Facebook se met au travail
Avec Facebook Workplace, le Californien entre dans une arène déjà bien pleine © Emmanuelle Delsol

Depuis près de 18 mois, Facebook peaufine sa version professionnelle avec des entreprises volontaires pour la tester. Un service officiellement disponible à partir du 11 octobre 2016 sous le nom définitif de Facebook Workplace (anciennement Facebook at Work). Ce mix de son réseau social et de son app de chat Messenger, conçu d’abord pour un usage mobile, comprend des discussions de groupes y compris entre entreprises différentes, un fil d’actualité personnalisé, un chat voix et vidéo, du live, etc.

 

Un millier de clients dont Club Med, Danone, Century 21…

Au commencement, le géant californien dit avoir créé cette version pour ses propres employés. Mais il a pris le temps nécessaire pour l’éprouver auprès d’entreprises – la Royal Bank of Scotland avait été la première à l’adopter officiellement dès octobre 2015. Facebook revendique aujourd’hui un millier de clients parmi lesquels Century 21, Club Med, Danone, My Little Paris, Renault Retail group, Campbells, Booking.com et Telekom Austria, par exemple. L’Inde, la Norvège, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France sont les pays les plus impliqués dans les premiers déploiements.

 

Premier pivot vers le monde pro

L’arrivée de Facebook dans le monde de l’entreprise est un événement en soi. Pour commencer, c’est une première pour le Californien, qui doit se transformer pour s’adapter à cette clientèle plus exigeante. Son test grandeur nature de un an et demi avec des entreprises du monde entier qui se sont portées volontaires tend à prouver que la firme l’a bien compris. Autre première pour Facebook, la mise en place d’un réseau de partenaires comme les traditionnels Digital Deloitte ou CSC, ou encore Service Rocket, et même les agences TBWA, Ketchum ou Weber Shandwick…

 

Une tarification à l’usage

Si l’on en croit l’annonce, le Californien a aussi soigné la sécurité avec du Single sign on et la compatibilité SOC 2. La protection des environnements et des données sera un des points essentiels pour les entreprises. Côté tarification, Facebook propose les trois premiers mois gratuitement et un paiement à l’usage, sans engagement, habituel pour ce type d’offre en cloud. Suivant leurs effectifs, les entreprises paieront entre 1 et 3 dollars par utilisateur actif mensuel.

 

Google apps for Work devient G Suite

Et la concurrence prend l’annonce très au sérieux. Pour preuve, Google, par exemple, qui a renommé fin septembre 2016 "Google apps for work" en "G Suite". L’occasion surtout, pour la filiale d’Alphabet, de se rappeler au bon souvenir des entreprises en rafraichissant leur mémoire : l’annonce sur un de ses blogs redonne une description de l’offre cloud disponible de longue date avec "Gmail, Docs, Drive, Calendar, Hangouts, etc". Pas de réseau social, cependant, dans G Suite… Google Plus n’a pas vraiment réussi à séduire les internautes ! Avec son offre, c’est Microsoft que le géant de Mountain View avait attaqué. Aujourd’hui, il se fait souffler le rôle de "disrupteur" par Facebook …

 

La question cruciale de l’intégration avec l’existant

Facebook ne propose pas de création de contenu, et s’appuie pour l’instant sur les logiciels (traitements de texte, tableurs...) d’un Google ou surtout, d’un Microsoft, archi dominant dans l’espace professionnel depuis plusieurs décennies. La concurrence avec ces deux autres géants s’arrête donc là. Et un autre des enjeux du développement de Facebook Workplace sera bel et bien celui de l’intégration avec ces logiciels.

 

La garantie d’une adoption rapide

Yammer (Microsoft), ou Chatter (Salesforce) appartiennent eux, à une génération de "réseaux sociaux d’entreprise", créés pour cet usage particulier, et risquent de ne pas soutenir la comparaison. Facebook capitalise en effet sur un avantage que Google a mis en avant lui aussi pour sa bureautique dans le cloud : les employés sont des internautes comme les autres, qui utilisent au quotidien Facebook et Google. En découle une adoption rapide qui ne nécessite que très peu, voire pas du tout, de formation ni d’accompagnement.

 

Microsoft, maître historique de l’entreprise

Microsoft et Salesforce ne sont pas hors-jeu pour autant. Loin de là. Ils font aussi évoluer leur plate-forme collaborative. Microsoft ayant qui plus est, un atout de taille avec une imposante base installée de sa suite bureautique qui intègre l’ensemble de la chaîne : traitement de texte, tableur, présentation,… chat, messagerie et réseau social compris. Sans oublier, sa pratique historique des entreprises.

 

Slack, le petit concurrent qui monte

Salesforce, lui, multiplie les développements collaboratifs –au-delà de son seul réseau social Chatter-, mais reste concentré sur son domaine de prédilection, la relation avec les clients. Reste enfin, des nouveaux venus, comme Slack, plébiscité par un monde professionnel saturé de mails jusqu'à l’écœurement. Le petit californien qui monte a passé un accord récent avec Salesforce justement. Pas sûr qu’il résiste à la pression d’un Facebook, même si son interface pourrait être un atout.

 

L’entreprise, nouvel eldorado du numérique ?

L’annonce du Californien fait date parce que l’entreprise, longtemps délaissée, devient le nouveau terrain de jeu favori des pure players du numérique. Là où des Microsoft et Salesforce évoluent depuis toujours, les Facebook, Google et autres Slack bousculent la donne dans le monde professionnel. Ces nouveaux venus se trouvent sans doute désormais un peu à l’étroit sur le marché grand public. Alors, en attendant le "next billion" pour prolonger leur croissance, l’entreprise serait-elle en passe de devenir le nouvel eldorado ?

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media