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Avec FirstBuild, General Electric ose l'open hardware

Au détour d’un hackathon début 2014, General Electric Appliances a découvert l’efficacité de l’open innovation avec les makers. Six mois ont suffi pour la division électroménager du géant industriel américain (rachetée par le suédois Electrolux en septembre 2014) pour se décidér à ouvrir sa mini-usine à innovation avec la communauté des makers, Techshop, Makerbot et le constructeur automobile opensource LocalMotors.

mis à jour le 30 décembre 2014 à 09H53
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Avec FirstBuild, General Electric ose l'open hardware
Avec FirstBuild, General Electric ose l'open hardware © FirstBuild

Dans un très long et passionnant article du site de Popular Science intitulé "Bienvenue dans la révolution industrielle maker", le journaliste Tom Foster relate l’incroyable expérimentation que le géant industriel GE mène depuis moins d’un an. Et qui devrait le conduire à totalement transformer ses processus d’innovation, mais aussi à bousculer ses processus industriels avec de l’impression 3D, des méthodes de makers et de l’opensource matériel.

Un hackathon et une rencontre avec le fondateur de LocalMotors

Il y a tout juste 10 mois, en février 2014, GE Appliances (électroménager) avait confié à un groupe de hackers le soin d’organiser le premier hackathon de son histoire, en lui fournissant quelques appareils électroménagers. Il s’est retrouvé avec nombre de projets intéressants et surtout un étonnant four capable de lire et d’appliquer directement les bonnes instructions de cuisson à partir du code barre d’un produit de l’industrie agroalimentaire.

Comme on peut l’entendre dans les séries américaines, Kevin Nolan et Venkat Venkatakrishnan, patrons de la technologie et de la R&D ont eu une véritable "épiphanie" ! Alors que la même idée avait déjà surgi chez GE avant de se heurter à la lourdeur de l’organisation, un week-end et quelques bricoleurs avaient non seulement suffi à relancer la même idée mais surtout à la transformer en un premier prototype fonctionnel ! De son côté, quasiment au même moment, Beth Comstock, directrice marketing de GE, prompte à ouvrir les portes de l’entreprise à des briseurs de tradition, invitait Jay Rogers, le fondateur de Local Motors, fabricant automobile opensource à rencontrer Jeffrey Immelt, le PDG de GE.

FirstBuild, l’usine à innovation ouverte de GE

Résultat, 6 mois après le hackaton, Kevin Nolan et Venkat Venkatakrishnan lançait l’entité FirstBuild, justement avec Local Motors, et avec MakerBot et TechShop. Firstbuild est une communauté ouverte en ligne, mais aussi un hackerspace de 3000 m2 et une mini-usine capable de produire de petites séries (à Louisville, dans le Kentucky, où se trouve le site Appliance Park de l’industriel). GE donnant évidemment à Firstbuild l’accès à ses designers et ses ingénieurs. Les idées jugées les plus intéressantes feront l’objet d’une production limitée vendue sous la marque FirstBuild. Et les meilleures ventes passeront dans la cour des grands : la production de masse dans une usine GE. La rémunération de ces projets, calquée sur le modèle de LocalMotors se montera alors à 1% des ventes pendant 3 ans. L’article décrit FirstBuild comme un pont entre le mouvement maker et le marché de masse. Cet incubateur-accélérateur d’innovation pourrait bel et bien devenir pour GE un sas entre open innovation, mouvement maker et production traditionnelle. Un moyen pour le géant américain de revenir dans la course à l’innovation.

Comme le rappelle l’article de Popular Science, l’histoire contemporaine de l’industrie américaine se confond quasiment avec celle de GE. Et c’est la cas encore, depuis plusieurs décennies, avec le départ des emplois de production vers l’Asie, qui en plus de peser sur le chômage, a alourdi les processus entre conception et fabrication de l’industriel. Puis la concurrence directe des fabricants asiatiques passés au haut de gamme a achevé de détruire la valeur. Et malgré la mise en place de méthodes lean par exemple, le géant américain continuait d’enterrer des idées comme le four à codes barre.

La vitesse est la nouvelle propriété intellectuelle

Pour Kevin Nolan, cité dans l’article, aujourd’hui, la propriété intellectuelle a été créée pour protéger l’innovation mais elle est en train de la stopper. Alors ouvrir les portes est la bonne solution. "Pour nous, la nouvelle propriété intellectuelle, c’est la vitesse." Et pour résumer tout le bénéfice de la collaboration entre son entreprise, géant industriel, et les startup du mouvement maker, il pointe leur complémentarité : "Les grandes entreprises ne savent pas travailler dans des scenarios de petit volume. Les start-up, elles, savent le faire mais ont du mal à aller au-delà, vers de grands volumes. Les grandes entreprises sont habituées à ces gros volumes, mais elles ont du mal à démarrer !" Un exemple ? Le four à codes barre. Selon GE, il aurait coûté quelque 12 millions de dollars dans le process traditionnel sur environ 2 ans de projet. La version Firstbuild est estimée 300 000 dollars sur 6 mois… Même si la production de masse d’un tel produit continuera de coûter cher, elle pourrait être déclenchée 18 mois plus tôt qu’habituellement avec un risque d’échec beaucoup plus faible. Gageons qu’Electrolux, propriétaire de l’électroménager de GE depuis septembre 2014 et déjà adepte de l’open innovation, saura profiter de l’expérimentation de l’Américain. Et qui sait, General Electric répétera peut-être l’expérience avec ses autres produits...

Emmanuelle Delsol

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