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Avec Juno, les chauffeurs de VTC reprennent le volant en main

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Juno prend soin de ses chauffeurs et ces derniers le rendent bien aux passagers. Tel est le credo et l’argument principal de cette start-up de VTC d’origine israélienne, qui compte bien barrer la route à Uber. Fondé en 2015 à Tel Aviv et implanté à New York depuis bientôt un an, Juno opère un tournant sur le marché du VTC en ouvrant 50 % de son capital aux conducteurs affiliés.  

Avec Juno, les chauffeurs de VTC reprennent le volant en main
Avec Juno, les chauffeurs de VTC reprennent le volant en main © Juno

"L’avantage d’arriver après, c’est que vous apprenez de l’expérience des autres", déclarait Talmon Marco, le CEO de Juno, lors du lancement du service de VTC en mai 2016, à New York. Installé dans la tour One du World Trade Center, la start-up a su prendre de la hauteur et tirer profit des défauts de ses concurrents. Selon Keren Kessel, responsable marketing de la start-up, si les chauffeurs optent pour Juno c’est avant-tout "un choix éthique et moral".

 

Et cette stratégie basée sur l’éthique semble séduire. En septembre dernier, Juno passait la barre du million de courses pilotées par quelques 16 000 chauffeurs. Juno revendique près de 20 000 trajets journaliers à  New York. Un démarrage en trombe, comparé à Lyft. Son concurrent américain arpente les rues de la Big Apple depuis deux ans et enregistre 40 000 courses par jour.

 

La crème des chauffeurs

 

Juno recycle les points forts de ses concurrents et ne s’en cache pas. Pour devenir chauffeur Juno, il faut être noté au moins 4,7 sur 5 sur les applications Uber et Lyft.  En plus de leur fournir un smartphone et un support téléphonique 24h/24 et 7j7, la start-up promet aussi d’offrir un statut d’employé à plein temps à ses plus fidèles conducteurs. "Le marché des applications de VTC est très difficile mais Juno a su s’imposer à New York, constate Harry Campbell, le fondateur du blog très populaire therideshareguy.com. Juno ne parie pas sur la publicité mais sur la satisfaction de ses chauffeurs."

 

Derrière cette approche sociale se cache Talmon Marco, un vétéran de la tech israélo-américain qui a fait fortune en vendant 900 millions de dollars son application de messagerie Viber, au géant du e-commerce japonais Rakuten.

 

Equity et faible commission

 

Cameron Kruger, chauffeur Juno à New York


Face à ses deux principaux concurrents, Uber et Lyft, respectivement valorisés 66 et 5,5 milliards de dollars, Talmon Marco ne mâche pas ses mots : "Si ces entreprises entrent en bourse ou sont vendues, il ne restera rien pour les chauffeurs" Juno se démarque en ouvrant 50 % de son capital à ses conducteurs affiliés. C’est ce qui a attiré Cameron Kruger, chauffeur Juno à New York : "J’apprécie vraiment travailler pour Juno car cette entreprise me donne la possibilité d’obtenir des parts. Contrairement à Uber, Juno a compris que la vitrine de son business n’est pas son logo mais ses conducteurs !"

 

Chaque trimestre, la start-up injecte 25 millions d’actions que les conducteurs se partagent au prorata, en fonction leur salaire et donc de leur temps de conduite. "Plus les chauffeurs gagnent de l’argent, plus la valeur de l’entreprise augmente et plus ils gagnent de l’equity", expliquait Talmon Marco à Recode, en novembre 2016.

 

Of course, pour prendre part à ce programme baptisé "Driver Equity Program", les chauffeurs doivent remplir un certain nombre de conditions : conduire au moins 120 heures par mois et être actifs 24 mois sur 30. Cela induit que les conducteurs roulent pour Juno (mais pas que) pendant au moins deux ans pour espérer récupérer leur part du gâteau. Juno tire son épingle du jeu également sur l’épineuse question des commissions. Là où Uber applique entre 25 % et 35 % de commission, Juno prélève seulement 10,5 % du prix des courses durant la première année.

 

Flou financier

 

Côté portefeuille, Juno reste très évasif et décline tout commentaire à ce sujet. Selon une source confidentielle citée par Reuters, Juno aurait déjà reçu près de 30 millions de dollars de fonds de la part de Rakuten et compterait également sur une future levée de fonds de 50 millions de dollars, grâce au support de la banque d’investissement Mizuho Financial Group Inc.

 

Ces dernières semaines, Juno a annoncé à plusieurs reprises sur Facebook, vouloir "prendre d’assaut" les États-Unis sans pour autant savoir "où et quand?". Sur le site de la start-up, les chauffeurs de toutes les villes américaines peuvent d’ores et déjà se pré-inscrire. "J’espère que Juno va étendre son service à d’autres villes, confie Cameron Kruger. Ainsi Juno servira d’exemple à cette industrie, en montrant qu’une entreprise peut réussir simplement en prenant soin de ses chauffeurs." Reste à savoir quand est-ce que Juno viendra rouler à San Francisco, sur les plates-bandes de la ville natale d’Uber.

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