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Avec l'appli Clay, les jeux de mains sont des jeux de musiciens

Vidéo Monte le son, lève les mains. Cette phrase vous semble surréaliste, voire absurde ? Un chef d'orchestre et un chercheur en sciences cognitives ont pourtant réussi à lier le mouvement et le son, grâce à une technologie de reconnaissance du mouvement qui ne nécessite qu'une seule caméra : celle que l'on a tous sur nos smartphones. Destiné au marché des DJ, la technologie développée pourrait être utilisée dans d'autres secteurs industriels. La culture mène à tout !
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Avec l'appli Clay, les jeux de mains sont des jeux de musiciens
L'investisseur, le DJ, le chef d'orchestre et le chercheur en sciences cognitives © Christophe Bys

Seul devant son ordinateur, Quentin Bitran mixe. C’est normal il est DJ. Mais il n’a pas de platine et pour travailler le son il bouge ses mains, obtenant des effets selon qu’il les tournent, les baissent ou les montent, quelque part entre Thierry Ardisson dans Tout le monde en parle et Tom Cruise dans Minority Report. "J’ai comme l’impression d’avoir une matière à travailler entre les mains", explique-t-il. Et c’est, en effet, ce qu’il donne à voir.

 

Ce qui était réservé aux professionnels comme lui est désormais possible pour tout le monde ou presque. La société Hins qui a développé cette technologie de mix sans contact commercialise depuis le 2 mars l’appli Clay sur l’AppStore qui offre un service comparable, en attendant de proposer des versions pour Android dans un second temps.

 

Une prise en main rapide

Pour peu que l’on possède un smartphone de marque Apple, il suffit, une fois l’appli téléchargée, de suivre le tutoriel, pour jouer de la même façon avec ses listes de morceaux embarqués. La prise en main se fait en un quart d’heure, assurent unanimes, Thomas Amilien et Jean-Baptiste Guignard, les deux fondateurs de la société.

 

Pour fonctionner, leur appli capte les mouvements des mains avec une seule caméra, celle du smartphone, là où jusqu’ici les process exigeaient plusieurs appareils. "Nous avons développé la technologie de capture et d’analyse des mouvements avec une seule caméra", prévient Jean-Baptiste Guignard, qui prévoit des applications possibles dans d’autres secteurs, comme la santé, l’automobile...

 

Reste que ce n’est pas un hasard si la technologie a d’abord été développée pour le marché de la musique, et plus spécifiquement pour les DJ, plus ou moins professionnels. Les deux fondateurs ne sont pas issus des écoles de commerce qui sont devenus le passage obligé du créateur de start-up. L’histoire de l’entreprise est une histoire de musiciens, l’un venu du classique l’autre de l’électro. L’un est chef d’orchestre, l’autre soliste.

 

D’un coup, les gestes du DJ Quentin Bitran apparaissent comme une synthèse des apports des deux fondateurs, comme si les mouvements du conducteur d’orchestre symphonique s’appliquaient à la musique électro. Aux origines de Hins, pas de business plan, ni l’envie de changer le monde, mais des regrets de musiciens. Le chef d’orchestre (Thomas) devait utiliser des bandes-son pour une création d’opéras mais se trouvait frustré de ne pas pouvoir les moduler comme avec musiciens. De son côté, le musicien électro souhaitait travailler avec un orchestre à cordes, mais le coût des solistes lui posait problème.

 

Un modèle freemium

De tâtonnements en pivots, ils créent en septembre 2015 Hins. La start-up, actuellement hébergé au sein de Créatis a bénéficié notamment de l’apport de la Bpifrance et de la région Picardie. La version premium (celle utilisé par Quentin Bitran) est payante et utilise le leap motion. L’appli, proposée depuis début mars sur l’Apple Store est gratuite, mais elle n’offre que six mouvements : jouer la musique, changer de pistes, contrôle le tempo, contrôler le volume, le freeze du son et la mofication de la texture du son.

 

D’autres fonctionnalités, payantes, s’ajouteront dans les prochains mois. A terme, l’utilisateur pourra même paramétrer le logiciel, de sorte que ce soit SES gestes qui correspondent à une action. Pour se développer, les deux associés visent le marché du Dj-ing (c’est comme cela qu’on appelle le fait de mixer de la musique en public). Actuellement, selon leurs estimations, il y aurait un potentiel de 25 millions de téléchargements de logiciels sur ce créneau. S’ils assument pleinement ce positionnement, ils considèrent que Hins est d’abord "une société technologique, affirme Thomas Amilien, nous avons un important département de R&D". Et s’il est musicien, Jean-Baptiste Guignard est passé par l’Université de technologie de Compiègne et est aussi chercheur en sciences cognitives.

 

Pour se développer, les fondateurs parient sur les nouvelles interfaces homme-machine et souhaitent commercialiser leur technologie auprès d’industriels. Olivier Bronner qui a investi dans leur projet en est certain : "la technologie qu’ils ont développée change le rapport entre l’homme et la machine. C’est une technologie cool, comme a pû l’être Tesla ou Apple". C’est plus qu'une appli, c’est la mélodie du bonheur !

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