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Avec le rachat d’Altera, Intel conforte sa stratégie d’expansion dans les datacenters

Face au déclin des PC et à son échec dans les mobiles, le numéro un mondial des semi-conducteurs Intel place son avenir dans les datacenters. L’acquisition d’Altera complète son offre dans ce domaine et lui apporte une technologie stratégique de nature à pallier la fin de la loi de Moore.
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Avec le rachat d’Altera, Intel conforte sa stratégie d’expansion dans les datacenters
Avec le rachat d’Altera, Intel conforte sa stratégie d’expansion dans les datacenters © Josh Bancroft - Flickr - C.C.

C’est officiel. Intel va racheter Altera. L’opération, approuvée à l’unanimité par les conseils d’administration des deux sociétés, se monte à 16,7 milliards de dollars. Elle devrait être finalisée dans six à neuf mois. C’est l’aboutissement de près de deux mois d’intenses négociations. Alors pourquoi Intel, numéro un mondial des semi-conducteurs avec un chiffre d’affaires de 55,9 milliards de dollars en 2014, accepte-t-il de mettre autant d’argent sur la table pour acquérir Altera, une petite société d’à peine 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires ?

Pour Jean-Christophe Eloy, PDG du cabinet Yole Développement, la raison principale tient au besoin urgent du géant de Santa Clara de rebondir. "Avec le déclin du marché des PC et l’échec de ses diversifications dans les mémoires flash ou les circuits sans fil pour mobiles, Intel est confronté à la baisse ou la stagnation de son chiffre d'affaires depuis 4 ans, explique-t-il. Il a besoin d’une diversification sûre qui le remet sur la voie de la croissance. Et ce sera le cas avec l’acquisition d’Altera."

Retrouver le chemin de lA croissance

Cette société constitue aux cotés de Xilinx l’un des deux plus grands spécialistes mondiaux de circuits logiques programmables (FPGA pour Field programmable gate arrays). Personnalisables par l’utilisateur avec son logiciel d’application, ces puces sophistiquées offrent l’avantage de la rapidité, de la souplesse et de l’économie par rapport à la solution traditionnelle de circuits à la demande, ces circuits Asic créés de A à Z pour une application spécifique.

Courants dans l’aérospatial, le militaire ou le médical, les FPGA sont de plus en plus privilégiés dans les équipements télécoms et de datacenters pour réduire les délais et les risques de développement. Le marché s’annonce prometteur. Selon Yole Développement, il devrait passer de 4,9 milliards de dollars en 2014 à près de 10 milliards en 2020, soit une croissance annuelle moyenne de 10%, bien supérieure à celle de l’ensemble des semi-conducteurs. Altera en est le numéro deux avec 39% de part de marché, derrière Xilinx (49%). "Son acquisition apporterait à Intel un supplément de chiffre d’affaires de 4 milliards de dollars en 2020, ce qui n’est pas négligeable, estime Jean-Christophe Eloy. Elle amènerait en plus une technologie très avancée de circuits intégrés et un portefeuille de clients prestigieux dans les télécoms comme Alcatel-Lucent ou Ericsson."

Le rachat d’Altera s’inscrit dans le repositionnement stratégique d’Intel sur les datacenters. Face au déclin des PC, qui constituent plus de la moitié de ses revenus, et à l’échec de ses incursions dans les mobiles, le groupe de Brian Krzanich fait désormais des équipements de centres de données (serveurs, stockage et réseaux) le pivot de sa stratégie d’expansion. Cette activité représente aujourd’hui à peine le quart de son chiffre d’affaires mais près de la moitié de ses bénéfices. L’objectif est d’en faire à terme sa première source de revenus, devant les PC. "Avec les FPGA d’Altera, Intel se met en position pour répondre à la demande du marché des équipements de datacenters, analyse le patron de Yole Développement. Avec l’avantage de produits à plus forte marge que les processeurs génériques standards qu’il proposait jusqu’ici."

Développer davantage l'activité fonderie

Avec le rachat d’Altera, Intel acquiert une technologie considérée comme une solution providentielle pour prendre le relais de la Loi de Moore, qui approche de sa fin. Avec les FPGA, il sera possible d’accélérer certaines tâches de traitement dans les datacenters en complément des circuits graphiques utilisés à cet effet aujourd’hui. Intel prévoit de combiner ses processeurs Xeon pour serveurs avec les FPGA d’Altera dans des puces spécifiques à la demande des clients dans les domaines des datacenters et de l’Internet des objets.

Intel et Altera se connaissent bien. Ils sont liés par un contrat important de fonderie selon lequel le premier fabrique les nouveaux circuits du second avec son procédé nec plus ultra FinFET 14 nm (des transistors 3D en gravure de 14 nanomètres). Pour mieux remplir ses usines, devenues en partie vides à cause du déclin des PC, Intel tente de développer une activité de fonderie, c’est-à-dire de fabrication en sous-traitance pour d’autres acteurs des semi-conducteurs. Par l'avance technologique de ses circuits, Altera fait figure de vitrine de cette nouvelle activité. "Avec son rachat, Intel deviendra à terme le fabricant de tous ses produits, alors que jusqu’ici l’essentiel était fabriqué chez le taiwanais TSMC, prévoit Jean-Christophe Eloy. C’est un gain important sur la durée qui explique le prix élevé de l’acquisition."

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