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"Avec les bonnes applis, un individu peut aujourd'hui bypasser facilement les organisations", estime le cofondateur des Napoléons, Mondher Abdennadher

Entretien Start-up, think tank et agence événementielle, les Napoléons est et n'est pas tout cela à la fois. Comme l'explique son co-fondateur, Mondher Abdennadher, il s'agit de promouvoir une innovation ouverte et pluridisciplinaire made in France. Pour son prochain événément prévu sur le thème de la simplicité, ils recevront à Arles des intervenants venus d'univers variés.
mis à jour le 30 mai 2016 à 11H23
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Avec les bonnes applis, un individu peut aujourd'hui bypasser facilement les organisations, estime le cofondateur des Napoléons, Mondher Abdennadher
"Avec les bonnes applis, un individu peut aujourd'hui bypasser facilement les organisations", estime le cofondateur des Napoléons, Mondher Abdennadher © Xeni - Flickr - C.C.

L’Usine Digitale : Vous avez co-fondé les Napoléons. De quoi s’agit-il ?

Mondher Abdennadher : nous avons créé une communauté regroupant tous les acteurs de l’innovation dans l’industrie des communications. Nous ne sommes pas un club de directeur de l’innovation mais un ensemble beaucoup plus ouvert. Notre communauté est ouverte aux designers, aux artistes …  et à tous ceux qui travaillent dans ce secteur des communications. Ce terme très banal aux Etats-Unis n’est pas toujours compris en France. C’est un vaste secteur, qui comprend les telcos, les médias, l’industrie des contenus, le secteur de la mobilité, les financeurs de l’innovation.. Nous considérons que nous avons une académie de 1500 personnes, mais nous sommes vraisemblablement un peu plus. Les Napoléons soutiennent une approche ouverte de l’innovation et centrée sur l’usage.

 

Pourquoi avoir choisi ce nom de Napoléon qui évoque davantage les grandes batailles que l’innovation ?

Au contraire, sous Napoléon, de nombreuses innovations ont été initiées. Par exemple, Napoléon a beaucoup soutenu l’élevage de chevaux, en multipliant l’organisation de concours hippiques locaux. Ceci dit, en choisissant ce nom, nous avons voulu poser la question du modèle d’innovation choisi par la France. Parfois, on entend dire que la France devrait imiter la Silicon Valley, ou la Tech nation israélienne. Nous voulons porter la question d’une modèle français original en matière d’innovation.

 

Quel pourrait-il être ?

La France pourrait être le porte-étendard d’une nation dont l’innovation est soucieuse des progrès de l’Humanité. Nous parlons d’innovation des Lumières pour exprimer cette idée. Cela ne se limite pas à une innovation qui serait non marchande, au contraire. Il est possible aujourd’hui d’être respectueux  de l’autre et de gagner de l’argent. Pour le dire autrement, avoir des valeurs n’empêche pas de créer de la valeur.

 

A l’heure du numérique, comment fonctionne votre communauté ?

Les Napoléons c’est un site mais aussi une appli. Nos membres utilisent davantage la version en ligne que le desktop. D’ailleurs la prochaine version de notre site en ligne sera inspirée de notre site mobile. Nous allons d’ailleurs travailler sur les outils de contribution.

 

Une autre des convictions fortes que nous avons est de parier sur la dimension de la rencontre incarnée. Plus nous vivrons dans un monde numérique, plus nous aurons besoin de rencontres réelles. C’est pour cela que nous organisons deux fois par an des rencontres, en attendant de créer de nouveaux formats, à Val d’Isère et à Arles.

 

Comme vous le noterez peut-être, ces deux villes incarnent assez bien ce que pourrait être l’innovation à la française. Des villes avec une tradition très forte mais qui n’ont pas peur de se tourner vers l’avenir. Arles, avec son projet de reconversion des entrepôts de la Sncf, est une ville passionnante dans la manière dont elle allie ancrage culturel et volonté d’innovations.

 

Le thème de votre prochaine réunion à Arles en juillet est la simplicité. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Nous annoncerons le programme officiel la semaine prochaine, je ne peux que vous inviter à revenir sur notre site Internet. Je peux vous dire que nous aurons la participation de Mathieu Lehanneur et de l’auteur américain Matthew Crawford, l’auteur d’Eloge du carburateur, et plus récemment de Contact. Quand nous faisons le programme, nous cherchons toujours à avoir deux ou trois invités qui vont interpeler les participants. Il n’est pas question que ces rencontres soit un exercice d’auto-congratulations. Nous aimons le débat, la controverse.

 

Parmi les sujets qu’aborderont nos invités figureront la question du lien entre simplicité des usages et mouvements de société. Nous nous demanderons aussi si l’innovation crée de la simplicité ou de la complexité dans nos sociétés. Nous parlerons aussi simplicité du design, du lien entre cette simplicité et les performances économiques. Enfin, la question de la simplicité des organisations sera posée. Ce que l’on constate aujourd’hui, c’est que les hommes sont en avance sur les organisations. Aujourd’hui, un individu avec les bonnes technos, les bonnes applis peut aisément bypasser les organisations.

Et il y aura beaucoup d’autres sujets que nous révèlerons prochainement. 

 

En attendant, les informations sur la rencontre peuvent être consultés ici

La liste des intervenants a été précisée : 

- Corinne Vigreux, co fondatrice de Tomtom, 

- Mathieu Lehanneur, designer, 

- Matthew B. Crawford, écrivain, mécanicien auteur de Contact (Ed La découverte)

- Gillian Ferrabee, directrice du creative lab et du cirque du soeil, 

- Dominique Delport, global managing Director, Havas Media Group, Président de Vivendi, 

- Yasushi Kusume, innovation and creative Manager, Ikea, 

- Julien Villeret, directeur communication groupe, EDF.

 

 

 

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