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Avec les parcs de réalité virtuelle Illucity, Ymagis veut devenir un leader mondial du divertissement hors du domicile

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Le potentiel de la réalité virtuelle pour le divertissement hors du domicile n'échappe pas aux entreprises françaises. Le groupe Ymagis, acteur du cinéma traditionnel, y a même des ambitions mondiales. Il va ouvrir d'ici quelques semaines Illucity, un parc d'aventure VR de 1000 m2 à Paris. Il sera suivi d'une dizaine d'autres parcs en 2019 et de plus d'une centaine de salles d'arcade dans les multiplexes cinématographiques de ses partenaires.

Avec les parcs de réalité virtuelle Illucity, Ymagis veut devenir un leader mondial du divertissement hors du domicile
Un joueur dans l'un des espaces "arcade" du centre Illucity La Villette. © Illucity

L'un des marchés sur lesquels la réalité virtuelle a le plus d'impact est celui du divertissement hors du domicile. Les initiatives dans ce secteur ce sont multipliées à travers le monde ces dernières années, attirant des poids lourds comme Disney, Ubisoft, Namco Bandai ou les chaînes de cinéma MK2 et AMC. Rien qu'en France, on compte aujourd'hui près d'une centaine de salles d'arcade ou d'escape games VR. Elles seront bientôt rejointes par un projet plus ambitieux : Illucity, un parc d'aventure de 1000 m2 situé Porte de la Villette à Paris (sur le parvis de la Cité des Sciences et de l'Industrie).

 

Le projet est né au sein du groupe Ymagis, un spécialiste des services pour les exploitants de cinéma fondé en 2007 (il regroupe notamment les sociétés CinemaNext et Eclair). Les activités d'Ymagis sont historiquement B2B, mais il a entamé une démarche de diversification vers le B2C depuis deux ans, avec la mise en place d'un incubateur de projets internes. C'est de là qu'est venu Illucity, dont le nom "est une référence au fait que la réalité virtuelle est un jeu d'illusion, où on trompe le cerveau pour plonger les gens dans un autre univers", explique Nathan Reznik, directeur général d’Illucity.

 

20 expériences sur 1000 m2

Le concept Illucity regroupe 20 expériences réparties en quatre catégories distinctes : le free-roaming, les escape games, les jeux d'arcade et les expériences cinématiques. "L'un des aspects clé était de créer un lieu dans lequel les gens auront toujours l’occasion de venir, même lorsqu'ils auront un casque VR à la maison," commente Nathan Reznik.

 

Cela implique d'avoir du matériel haut de gamme : casques HTC Vive Pro (et peut-être bientôt StarVR One), fauteuils dynamiques D-Box, simulateurs dynamiques de conduite... mais aussi du contenu inadapté au domicile, comme les escape games ou les jeux en free-roaming, qui se déroulent dans de larges espaces. "Nous insistons beaucoup sur l'aspect collectif, déclare Nathan Reznik. Et nous voulions proposer une multitude d’expériences pour adresser toute la famille, et pas seulement un public gamer. On accueille les enfants à partir de 11 ans."

 

 

Ymagis a par ailleurs effectué un travail de fond sur la scénographie du lieu, en restant sur le fil conducteur de l'illusion. "Nous souhaitions que l’expérience commence dès l’entrée du parc, avec un univers fort, inspiré des parcs d’attraction, reprend le dirigeant. Illucity est un peu un micro-parc d’attraction." Cela inclut des box avec un design créé sur-mesure où tout le matériel nécessaire est intégré (PC, câbles...).

 

Une stratégie de création de contenus originaux

Le fleuron du centre est son espace de 100 m2 dédié aux jeux en free-roaming. Il peut accueillir de 3 à 6 joueurs équipés de PC-sacs à dos, de Vive Trackers et de fusils avec retour haptique. Ils évoluent librement dans cet espace commun. La première expérience proposée est After H: Legend of Mars, développée par le studio parisien SmartVR.

 

Une autre expérience de free-roaming est en cours de développement par BackLight et sortira en décembre. Baptisée "Projet T" pour le moment, elle est conçue pour convenir à toute la famille (comprendre qu'elle se déroule dans un univers moins violent, en l'occurrence celui d'une chambre d'enfant). A noter également que "Projet T" sera exclusif à Illucity, démarche que Nathan Reznik entend étendre à l'avenir.

 

"Nous voulons identifier des partenaires talentueux pour développer des contenus originaux exclusivement opérés dans nos parcs. Nous visons l’intégration de nouveaux contenus tous les six mois," détaille le dirigeant. Des discussions sont notamment en cours autour de marques intéressantes, même s'il précise que les studios "ne sont pas tous raisonnables du point de vue des royalties".

 

 

Trois zones pour les escape games, huit pour les jeux d'arcade

Trois zones allant de 30 à 40 m2 sont dédiées aux escape games. Les scénarios sont pensés pour des groupes allant de 2 à 4 joueurs et durent entre 50 et 60 minutes. Quatre expériences sont disponibles pour le moment : Escape The Lost Pyramid, développé par Ubisoft Blue Byte et se déroulant dans l'univers d'Assassin's Creed ; La malédiction du Corsaire, une expérience inédite crée par les Français d'Innerspace VR ; le thriller spatial Eclipse de BackLight ; et Incarna, fruit de la start-up du même nom.

 

Huit espaces sont dédiés aux jeux d'arcade : cinq espaces individuels de 9 m2, un espace pour 4 joueurs de 25 m2, un espace avec deux sièges D-Box et un autre avec deux simulateurs de conduite. Les jeux proposés sont The Raft (de 2 à 4 joueurs), Ape-X et Knightfall de Starbreeze Studios ; Arizona Sunshine de Vertigo Games ; Space Pirate Trainer de I-Illusions ; Beat Saber de Hyperbolic Magnetism. Les simulateurs de conduite utilisent Project Cars 2 de SlightlyMad Studios, et les sièges dynamiques font tourner Far Reach de BackLight et Space Flight de Force Field Entertainment.

 

A cela vient s'ajouter un petit espace cinéma équipé de deux sièges Onirix. Cinq films y sont proposés : le court métrage d'action futuriste Construct de Nozon, les films d'animation Asteroids & Invasion de Baobab Studios, et les courts métrages sous-marins Tara & Out Of The Blue de de Nexus Forward. Enfin, une zone de détente baptisée "Chill Park" est proposée pour laisser les visiteurs se remettre de leurs émotions... et consommer boissons et confiseries. Y sont aussi proposées gratuitement des bornes de retro gaming.

 

 

1,5 million d'euros investis

La création d'Illucity La Villette aura nécessité un investissement de 1,5 million d'euros que l'entreprise compte recouper en "moins de deux ans". L'ouverture du centre devrait avoir lieu courant décembre. Il peut accueillir jusqu'à 33 joueurs en simultané, pour un nombre d'opérateurs montant jusqu'à 7 ou 8 en période de pic (week-ends).

 

Plus de 100 000 visiteurs sont attendus en 2019. Les clients paient à la session. Pour les attractions de free-roaming et d'escape game, les prix seront de 30 à 35 euros et il faudra réserver sur Internet. Pour l'arcade, l'achat des tickets se fera sur place et les prix varieront entre 8 et 12 euros. Pour les films, il sera de 5 euros. Outre l'accueil du grand public, Illucity La Villette proposera également des forfaits de privatisation en milieu de semaine à destination des entreprises.

 

Un projet de franchise Illucity pour devenir un leader des parcs d'attraction VR

Mais l'ambition d'Ymagis n'est pas d'opérer qu'un seul parc. Le groupe compte créer une chaîne de centres de divertissement à l'échelle mondiale. "Le parc de la Villette est le premier que nous ouvrons, mais nous avons pour objectif d'en lancer 8 à 10 par an, révèle Nathan Reznik. Nous voulons commercialiser le concept en franchise dès 2019." Le prochain parc devrait ouvrir à Marseille, et des discussions sont en cours pour des implantations à Nantes, Brest, Nice, Toulon et Liège (Belgique).

 

La taille de ces parcs pourra varier de 300 m2 jusqu'à 2000 m2, le concept d’Illucity étant modulaire. "Nous nous positionnons déjà à l'heure actuelle sur un parc supérieur à 2000 m2," confie Nathan Reznik. Le chiffre d'affaires projeté est de 2 millions d'euros par an pour un espace moyen de 1000 m2. Questionné par L'Usine Digitale sur la faisabilité de ces objectifs très ambitieux, le dirigeant fait remarquer que le projet Illucity n'a démarré que début 2018 et que le premier centre est déjà achevé. Le projet est pour l'instant financé par emprunt bancaire et crédit-bail, mais Ymagis est également en discussions actuelles avec des investisseurs.

 

Autre point crucial : Ymagis compte beaucoup sur les chaînes de salles de cinéma, qui ont souvent de l'espace disponible dans leur multiplexes et cherchent à se différencier. Le groupe est en pourparlers avec plusieurs entreprises au Moyen-Orient, en Europe et en Asie pour développer des parcs ou des salles d'arcade de plus petite taille (de 30 à 100 m2). Ymagis compte déployer au moins 200 salles d'arcade d'ici 2020. Elles seront exploitées directement par les cinémas, Ymagis tirant ses revenus de la vente de matériel et de contenu.

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