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Avec son app pour ados Lifestage, Facebook cible-t-il vraiment Snapchat ?

Analyse Le Californien propose depuis le 19 août une app de partage de profils vidéo pour collégiens et lycéens. Une sorte de media d’un nouveau genre pour observer les habitudes des plus jeunes, voire se prémunir face à la montée en puissance de Snapchat.
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Avec son app pour ados Lifestage, Facebook cible-t-il vraiment Snapchat ?
Avec son app pour ados Lifestage, Facebook cible-t-il vraiment Snapchat ? © Capture iTunes

Facebook compte plus de 1,6 milliard d’utilisateurs sur son réseau social, 1 milliard sur son Messenger et plus de 500 millions sur son Instagram… Mais cela ne semble pas suffire au Californien, qui lance une nouvelle app sociale, sur iOS. Lifestage, son nouveau bébé a des petits airs d’un de ses plus jeunes concurrents : Snapchat. Une app qui a doublé Twitter en juin 2016 en nombre d’utilisateurs quotidiens avec 150 millions d’adeptes chaque jour. Et un service qui séduit un public difficile, la toute jeune génération.

 

Un patron de 19 ans

Lifestage s’adresse aux moins de 21 ans et ne nécessite pas de compte Facebook. A l’inscription, ses jeunes abonnés sélectionnent leur établissement scolaire, ce qui les connecte automatiquement à tous ceux qui le fréquente. Qu’on ne s’y trompe pas. Lifestage n’est pas une messagerie. "Mes amis et moi avons déjà des milliards de messageries instantanées que nous utilisons et que nous adorons, alors quel intérêt d’en avoir une nouvelle ?" Ainsi parle le créateur et patron du produit, Michael Sayman. Un jeune homme de tout juste 19 ans qui sait de quoi il parle.

                               
La vie est une scène

Les abonnés partagent ainsi uniquement leurs profils sous la forme de petites vidéos enrichies qu’ils peuvent remplacer au fil de leurs envies. Lifestage est un media de proximité, un écran de téléréalité, créé et partagé par des collégiens et lycéens partageant le même quotidien dans un même établissement. Leur vie devient une scène.

 

 

 

 


Un media fait par et pour les plus jeunes

Dans son rapport "2016 US cross-platform future in focus" publié en mars 2016, Comscore constatait que, contrairement aux idées reçues, Facebook apparaissait encore en décembre 2015, le réseau préféré des 18-34 ans, de très très loin. Reste que sur ce même graphique, Snapchat, né il y a seulement cinq ans, en 2011, allume un petit point jaune – le fantôme qui lui sert de logo - au-dessus de tous les autres services, Instagram compris. De plus, l’étude montre une répartition très équitable des âges sur le réseau de Mark Zuckerberg alors que Snapchat recrutait déjà en 2015 près de 47% de ses effectifs parmi les 18-24 ans et plus de 29% parmi les 24-34 ans. Soit d’impressionnants taux de pénétration de 64% et 31% sur ces tranches d’âge...

 

L’échec du rachat de Snapchat en 2013

Facebook a très vite compris la force de ce petit concurrent, puisqu’il a tenté de l’acheter dès 2013. Et que l’effronté a osé refuser ! Depuis, il a grandi, s’est enrichi, avec ses stories par exemple. Les stories sont des ensembles de photos et vidéos que les membres de Snapchat partagent et qui ne disparaissent qu’au bout de 24h. Des stories que Facebook vient tout juste d’introduire, début août, dans Instagram….


Un observatoire de millenials ?

Reste à savoir ce que Facebook cherche vraiment avec Lifestage, qui n’est pas encore disponible partout (rien en France pour l’instant, par exemple). Comme le note Techcrunch, le Californien n’a eu que peu de succès jusqu’ici avec ses apps indépendantes de son réseau social mère. Et le site américain de remarquer aussi que Facebook a dévoilé Lifestage sur iTunes à l’un des moments où il est le moins consulté de la semaine, le vendredi après-midi… Et si comme le suggère Techcrunch, le Californien ne lançait pas Lifestage pour concurrencer directement Snapchat. Et s’il s’agissait pour lui d’un moyen de mieux observer ces êtres étranges aux pouces agiles avides d’images instantanées, qui bougent, de clins d’œil graphiques, de publication éphémères et chasse aux Pokemon ?

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