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Avec son improbable bouton "j'aime pas" bientôt en test, Facebook joue gros

Fini le Facebook bisounours des débuts, où les réactions négatives sont interdites ? L'annonce surprise du test prochain d'un moyen d'exprimer autrement ses sentiments sur le réseau social le laisse penser. Sauf qu'un bouton "j'aime pas" est peu probable. Les marques qui sont les principaux clients du site y auraient trop à perdre.
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Avec son improbable bouton j'aime pas bientôt en test, Facebook joue gros
Avec son improbable bouton "j'aime pas" bientôt en test, Facebook joue gros © Flickr CC - marcopako

Si vous êtes un habitué de Facebook, cela vous est nécessairement déjà arrivé. Devant la vidéo ou un commentaire d'un de vos amis en ligne, vous avez éprouvé un petit moment de gêne au moment de cliquer sur le bouton "J'aime", partagé entre votre envie de donner votre accord et votre réticence à aimer l'image d'une catastrophe ou d'un événement dramatique.

 

Jusqu'ici, chaque fois qu'il a été sollicité sur cette question, le réseau social global refusait de créer un nouveau bouton "Je n'aime pas". Pas question de transformer Facebook en lieu de débat, assumait-on chez Facebook.

 

D'ailleurs, un signe ne trompe pas : si on parle de tweet clash pour décrire un échange un peu vif sur Twitter, aucun mot n'existe pour décrire une dispute sur Facebook.

 

Bientôt un test en attendant une généralisation

"Nous ne voulions pas construire un bouton "j'aime pas" parce que nous ne voulons pas transformer Facebook en un forum où les gens votent pour ou contre les publications des gens", a expliqué Mark Zuckerberg lors d'une session de questions réponses avec des utilisateurs organisée au siège de l'entreprise.

 

Toujours est-il qu'à cette même occasion il a indiqué qu'une équipe du groupe mondial travaillait actuellement sur la question et qu'il était "tout près de démarrer un test". Si les résultats sont concluants, l'expérimentation sera déployée plus largement.

 

Que les esprits critiques et railleurs ne se réjouissent cependant pas trop vite. Le test ne devrait pas vraiment porter sur le "j'aime pas" mais sur une nouvelle possibilité d'exprimer l'empathie. "Il est important de donner aux gens davantage d'options que juste +j'aime+ pour rapidement marquer des émotions et partager leurs sentiments sur une publication", a précisé Mark Zuckerberg.

 

Un outil ambigü pour les marques

Avec ce nouvel outil pour exprimer des émotions plus finement, Facebook offrira aux utilisateurs une expérience client encore plus riche. Surtout il les connaîtra encore mieux. Ce qui renforcera sa capacité d'observation des mouvements d'opinion.

De surcroît, Facebook pourra enrichir les informations qu'il fournit aux annonceurs et qui garantissent aujourd'hui la quasi totalité de ses revenus, que ce soit sous forme de publicité ciblée ou de pages Entreprises ou produit.

 

Cette particularité du modèle économique de Facebook explique la subtilité de l'annonce : exprimer plus subtilement ses émotions oui, dire "je n'aime pas", pas question. Les annonceurs n'ont sûrement pas envie de voir leur image de marque dégradée sur le réseau social, qui est utilisé par un terrien sur sept. Même si obtenir une connaissance plus fine des réactions des consommateurs ou des prospects, est sûrement très tentant.

Le prochain test éclaircira les zones d'ombre qui demeurent autour de cette annonce surprise.

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