Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Avec Teads, Altice veut concurrencer Google et Facebook sur la publicité en ligne

Analyse Les dirigeants d'Altice et de Teads ont précisé les raisons statégiques de leur rapprochement, lors d'une conférence de presse commune ce mardi 21 mars 2017, Outre une culture entrepreneuriale commune, Michel Combes et Pierre Chappaz partagent une même vision sur l'avenir du marché de la publicité en ligne. Un marché où la data jouera un rôle clé. Ensemble Altice et et Teads considèrent constituer un ensemble capable de concurrencer Google et Facebook.   

Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Avec Teads, Altice veut concurrencer Google et Facebook sur la publicité en ligne
De gauche à droite : Bertrand Quesada et Pierre Chappaz (les fondateurs de Teads), puis Michel Combes, le DG d'Altice, et Alain Weil (Altice Media) le 21 mars 2017 à Paris avant la conférence de presse. © Christophe Bys

Présent dans la salle, Patrick Drahi, le fondateur et PDG du groupe Altice, n'a pourtant pas pris la parole lors de la conférence de presse qui s'est tenue ce mardi 21 mars 2017 à l'occasion du rachat de la start-up Teads. C'est donc Michel Combes, le directeur général, côté Altice, qui a explicité les raisons stratégiques de ce rapprochement qui n'est évidemment pas mû par d'uniques considérations financières mais qui s'inscrit dans une démarche stratégique affirmée. Ou, comme l'aurait dit autrefois un philosophe pour parler d'un cher ami,  "parce que c'était lui et parce que c'était moi".

 

Une histoire d'hommes

Pour le storytelling, les deux parties ont insisté sur la dimension humaine du rapprochement. Ce sont deux entreprises avec la même culture, la même vision et dirigées par de "vrais" entrepreneurs. Ainsi, Pierre Chappaz, PDG de Teads, a indiqué que cette dimension avait été essentielle alors même qu'il avait été approché par d'autres entreprises. "Teads n'était pas à vendre. Ce qui a fait la différence avec Altice, c'est le fit stratégique et le fit humain" , a-t-il ainsi expliqué. Par fit stratégique, il faut comprendre l'alignement des visions des dirigeants de la start-up et du groupe. L'un comme l'autre sont persuadés que l'avenir du marché de la publicité sera programmatique, multi-écrans, capable de fournir aux annonceurs des indicateurs de plus en plus précis et ciblés sur l'efficacité de leur campagne.

 

C'est ainsi que Michel Combes a expliqué que la stratégie d'Altice repose sur trois piliers : les télécoms, les programmes et la publicité (Altice réalise 700 à 750 millions d'euros dans la publicité avant cet achat), le tout étant fédéré par l'utilisation de données afin d'optimiser les différents métiers du groupe. Pour cela, le groupe mixe d'ores et déjà (en respectant les obligations légales sur la confidentialité et le respect de la vie privée) les données possédées par l'opérateur de téléphonie et d'Internet qui sait qui a un abonnement, l'âge du chef de famille, son adresse... et les données comportementales (ses habitudes de téléspectateur par exemple). C'est donc le rapprochement de ces données authentifiées et contextuelles que va accélérer le rapprochement avec Teads, a assuré Michel Combes.

 

Une mesure mieux ciblée et personnalisée

Avec ces données, les câblo-opérateurs propriété d'Altice, peuvent "mieux mesurer l'impact de l'entrée ou de la sortie d'une châine d'un bouquet", assure le directeur général d'Altice. Il peut aussi mieux connaître les comportements de ses clients et proposer aux annonceurs d'optimiser son investissement publicitaire, comme Altice le fait déjà aux Etats-Unis, un marché "en avance sur la publicité ciblée". Concrètement, cela veut dire que deux spectateurs regardant le même programme au même moment ne verront pas nécessairement les mêmes écrans publicitaires. L'exemple donné par Paul Haddad, le CDO de l'entreprise (lors d'une démonstration impressionnante mais interrompue par un problème de réseau !), est à cet égard éclairant : un constructeur automobile peut choisir de proposer une publicité aux seuls téléspectateurs suscpetibles d'acheter un SUV, en s'appuyant par exemple sur des données socio-démographiques ou d'autres données permettant de l'identifier. Un constructeur automobile pourrait ainsi à iso budget d'achat d'espace varier le spot diffusé dans un écran, en fonction des caractéristiques des consommateurs

 

L'autre possibilité ouverte par la numérisation tous azimuts et le rapprochement entre données authentifiées et comportementales concerne le multi écran. A cet égard, Michel Combes a rappelé qu' Altice venait d'acquérir discrètement Audience Partner, une start-up capable selon lui de résourdre le casse-tête des professionnels de la publicité : suivre un consommateur quand il passe de son ordinateur personnel à son téléphone portable ou à sa tablette, puis à un ordinateur professionnel. Selon Michel Combes, la technologie d'Audience Partners offre de suivre sur leurs smartphones les membres d'un foyer équipés d'une "set top box" (un décodeur numérique pour la télévision et Internet). De premières expérimentations de ce type de services vont avoir lieu en France cet été avec BFM Paris.

 

Une vision commune de la pub en ligne

Que vient faire Teads dans ce paysage, une fois passé le coup de foudre entrepreneurial entre Patrick Drahi, Michel Combes, Pierre Chappaz et Alain Weill (le fondateur de Next TV qui a rejoint l'an dernier Altice) ? Une même vision de l'avenir de la télévision, puisque Teads a créé un format de publicité vidéo et surtout une plateforme de publicité au format vidéo classée comme la première au monde par ComScore. Teads a noué des partenariats avec des médias à travers le monde pour commercialiser leur inventaire auprès des annonceurs. C'est en faisant l'addition des espaces de tous ces annonceurs que la pépite née à Montpellier obtient la première place.

 

D'où la question centrale de savoir si les éditeurs de médias accepteront le passage de Teads dans le giron d'Altice. Pierre Chappaz et Michel Combes ont été formels : Teads restera un écosystème ouvert. "Nous allons garder une approche ouverte avec les médias pour construire avec eux la grande plateforme de données pour mieux concurrencer Google et Facebook", a indiqué Pierre Chappaz, estimant que les entreprises du secteur gagneront ensemble ou perdront chacune dans leur coin. Il a même indiqué que les médias n'appartenant pas à Altice mais utilisant la plateforme de Teads auront accès aux données authentifiées (celles de l'opérateur de téléphonie, du fournisseur d'accès à Internet ou au câble) pour optimiser leur campagne. Il faut bien passer pour inquiéter les géants californiens. Reste à savoir jusqu'où ira l'ouverture.  

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale