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"Avec un écosystème optimisé, les start-up pourraient créer 400 000 emplois d'ici à 2022", Lionel Aré (BCG)

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Entretien Le Boston Consulting Group et La Boussole, une association qui regroupe dix structures d'accompagnement de start-up, viennent de publier un rapport visant à améliorer l'accompagnement des start-up. Intitulé "Devenir une licorne ? Quel bon accompagnement à chaque étape pour les entrepreneurs", le document dresse un tableau de l'écosystème français et esquisse les pistes pour l'améliorer encore. Directeur associé senior du BCG, Lionel Aré est responsable mondial des activités digitales. Il a supervisé ce travail dont il nous livre les tenants et les aboutissants. 

Avec un écosystème optimisé, les start-up pourraient créer 400 000 emplois d'ici à 2022, Lionel Aré (BCG)
Lionel Aré, directeur associé senior, responsable mondial des activités digitales du Boston Consulting Group. © BCG

L’Usine Digitale : pourquoi développer l’accompagnement des start-ups, comme vous le préconisez dans le rapport que vous avez réalisé avec La Boussole ? Les réussites ne sont-elles pas dues au talent du fondateur ?

Lionel Aré : Il y a un très grand enjeu à ce que les start-up se développent encore davantage en France. Pour cette étude, nous avons cherché à estimer l’impact, en termes d’emplois, d’un développement harmonieux et réussi des start-ups en France. Selon notre travail, ce sont 400 000 emplois qui pourraient être créés avec un écosystème qui fonctionne convenablement. Avoir plus de start-up est un enjeu, en termes d’innovation, de créer un état d’esprit plus entrepreneurial et donc d’emplois. Je n’ai pas besoin d’insister : c’est important d’y travailler.

Ce qui s’est passé aux Etats-Unis où l’écosystème est plus mature montre que l’accompagnement est important pour assurer la réussite. Il faut travailler à l’améliorer, à le développer. Il y a dix ans, l’accompagnement n’existait pas du tout en France. C’est un phénomène récent qui s’est développé très vite mais qui n’est pas encore suffisamment structuré. Pour les start-up, il y a un enjeu de trouver le bon accompagnement au bon moment. Pour les structures qui accompagnent, il y a un véritable enjeu de clarification et de plus grande visibilité sur les résultats obtenus.

 

Qu’entendez-vous par accompagnement ? A quoi faites-vous référence ?
L. A. :
Nous nous sommes intéressés essentiellement à trois types d’intervenants : les fournisseurs d’infrastructures, notamment de locaux, les apporteurs de financement et tous les conseils qui existent aujourd’hui, comme les pépinières, les lab, les accélérateurs… Nous avons croisé ces trois types d’acteurs avec les différentes maturités des start-up car les besoins ne sont pas les mêmes et nous avons dessiné une matrice pour clarifier les offres. J’insiste sur ce point mais si cela ne s’est pas fait, ce n’est pas parce que le marché aurait de mauvaises intentions. C’est surtout qu’on est allé très vite.

 

Les lieux et les fonds semblent relativement abondants. C’est surtout le troisième point qui nécessite d’être structuré non ?
L. A. :
Oui. Le financement n’est pas aujourd’hui un problème. Ce sont sur toutes ces structures d’accompagnement que nous avons concentré nos efforts.

 

Quel est l’enjeu du point de vue du business d’un bon accompagnement ?
L. A. :
La mesure ultime serait le taux d’échec. Il existe une étude faite aux Etats-Unis qui montre qu’une start-up accompagnée a deux fois moins de risques de faire faillite qu’une start-up qui ne l’est pas. Nous n’avons pas trouvé d’étude comparable pour la France, mais on peut penser que la situation n’est pas fondamentalement différente.

L’accompagnement peut aider les start-up à franchir les différentes étapes de leur vie de façon plus rapide et plus efficace. Faire grandir une start-up, c’est passer d’une idée à un prototype, puis d’aller sur le marché, de gérer la croissance et, enfin, de se déployer sur plusieurs marchés. Chaque étape est différente, demande des compétences différentes. Par exemple, quand vous êtes à la mise sur le marché, la start-up compte souvent 15 à 20 personnes, il faut donc savoir gérer une entreprise. Cela n’a rien à voir avec le passage de l’idée au prototype. En plus, tout cela se fait en accéléré. Le principe de la start-up, c’est d’aller vite, très vite. Pour réussir sans perdre de temps dans des impasses, l’accompagnement est critique. Le bon accompagnateur peut aider l’entrepreneur à anticiper sur ce qui l’attend à l’étape suivante. Par exemple, travailler dans un écosystème avec d’autres start-up, avec des entrepreneurs plus chevronnés peut apporter une aide non négligeable.

 

S’il ne fallait retenir qu’une seule mesure de votre rapport, laquelle choisiriez-vous ?
L. A. :
Je ne peux pas répondre à votre question aussi simplement, puisque, comme je vous le disais, les besoins sont très différents selon le degré de maturité des start-up. Ce travail est né d’une demande de La Boussole des entrepreneurs qui réunit plusieurs structures qui veulent mieux aider les start-up. Nous aimerions que l’accompagnement soit de plus en plus reconnu comme un métier à part entière. Il faudra aussi clarifier l’offre pour aider les jeunes pousses à mieux identifier le type d’intervenants dont elles ont vraiment besoin. Il faudra sûrement dans un deuxième temps aller plus loin, en créant un label ou une fédération. C’est stratégique pour la lisibilité par les start-up. Tout cela n’est pas fait pour le plaisir de faire quelque chose mais pour aider les jeunes pousses avant tout. Il en va de 400 000 emplois potentiellement.

 

Pour lire l'intégralité du rapport réalisé par le BCG et la Boussole, cliquez ICI

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