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Avec WhatsApp, Facebook s’offre une cure de jouvence et de nouvelles données

Ce n’est pas une simple start-up de messagerie que Facebook s’offre pour 19 milliards de dollars, mais 450 millions d’utilisateurs plutôt jeunes sur un marché très prometteur.
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Avec WhatsApp, Facebook s’offre une cure de jouvence et de nouvelles données
Avec WhatsApp, Facebook s’offre une cure de jouvence et de nouvelles données © Marusam3 - Flickr- c.c.

4 milliards de dollars en cash, 12 milliards de dollars en actions et 3 milliards de dollars à destination des fondateurs et salariés WhatsApp étalés sur 4 ans. Facebook aligne bien un total de 19 milliards de dollars pour s’offrir la messagerie mobile instantanée WhatsApp. De quoi affoler les esprits, en particulier ceux des tenants de "l’économie réelle". D’autant que si l’on en croit les médias américains, Mark Zuckerberg courtise la jeune pousse depuis près de deux ans.

Une cure de jouvence…

WhatsApp est une messagerie instantanée mobile très simple qui permet d’échanger des messages écrits, photos ou vidéos sans passer par un accès mobile et des SMS. Alors, en quoi cela a-t-il pu motiver autant le jeune patron de Facebook ? Pour commencer, selon le cabinet Analysys Mason, la moitié des utilisateurs de smartphones utilisent une application de messagerie. Et parmi eux, 45 % ont choisi WhatsApp.

Une imposante domination. Mais ce n’est pas tout. Sur ses 450 millions d’utilisateurs, 70 % reviennent chaque jour sur WhatsApp. Un niveau de fidélité quasiment unique pour un acteur Internet. Et malgré cette base installée déjà solide, la messagerie accueille encore un million de nouveaux inscrits chaque jour. Une croissance qui dépasse de très loin celles de Facebook, Instagram, Skype ou Gmail, comme le note Business Insider et qui fait affirmer à Mark Zuckerberg que WhatsApp atteindra très rapidement le milliard.

… et de données…

Le modèle économique de l’application est simple : gratuité pendant la première année puis 0,99 dollar d’abonnement annuel. Rien de mirobolant, certes, en regard d’une acquisition à 19 milliards de dollars. D’autant que Jan Koum, cofondateur de la start-up qui entre au board de Facebook à la faveur de l’acquisition, est un farouche opposant à toute forme de publicité… Et Facebook a affirmé qu’il ne s’y aventurerait pas. Mais qu’importe. Les 450 millions d’abonnés (même s’il y a forcément un fort taux de recouvrement avec ceux de Facebook) lui fourniront quantité de données, qu’il pourra croiser avec d’autres. Comme le fait Google avec un seul identifiant pour ses différents services depuis peu.

Vous avez dit graphe ? On murmure d’ailleurs que Google aurait aussi courtisé Whatsapp pour quelque 10 milliards de dollars (pour renforcer son propre service Hangouts, sans doute). Et parmi ces données, Facebook accède désormais aux fort utiles numéros de mobile des membres WhatsApp. Une information qui n’a longtemps pas été obligatoire pour une inscription sur Facebook et que le réseau social aimerait beaucoup récupérer. Depuis son entrée en bourse, il n’a de cesse de progresser sur le mobile. Au point qu’il a dépassé au 4ème trimestre le milliard de dollars de chiffre d’affaires publicitaire mobile.

… Pour un vieux de 10 ans

Enfin, Facebook a dix ans. Un âge certain dans le monde du numérique qui le rend moins attirant en particulier auprès des plus jeunes. En rachetant la start-up très prisée par cette population, le réseau social espère de nouveau les séduire. Mais il se renouvelle aussi. Sortant de la routine du réseau social "à l’ancienne" dont il est devenu le symbole.

Bien sûr, aucune de ces raisons ne garantit le succès de cette opération qui hérisse le poil de "l’économie réelle". Mais Facebook a déjà prouvé qu’il pouvait réussir là où on pensait qu’il ne réussirait pas : avec l’acquisition d’Instagram qu’il a laissé vivre en tant que tel, avec le développement d’un chiffre d’affaires publicitaire qui atteint aujourd’hui 7 milliards de dollars et une croissance à plus de 50 % sur le mobile. Sans oublier un cours de bourse désormais à 68 dollars.

Emmanuelle Delsol

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