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[Avis d'expert] L'intégration de la blockchain dans l'IoT : opportunités et limites

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Quels sont les opportunités et les risques liés à l'intégration de la blockchain dans les réseaux d'objets connectés et capteurs ? Daniel Crowe, directeur régional France et Europe du Sud de Netscout, livre quelques réponses.

L'intégration de la blockchain dans l'IoT : opportunités et limites
[Avis d'expert] L'intégration de la blockchain dans l'IoT : opportunités et limites © geralt - CC0 Public Domain

En 2020, 1 développement sur 5 de l’Internet des objets fera appel aux services de la blockchain. Objectif : diminuer les problèmes de sécurité, supprimer les points d’échec, rationaliser les processus et réduire les coûts. L’Internet des objets et la blockchain combinés pourront permettre d'imaginer des innovations de rupture dans tous les secteurs.

 

Imaginez par exemple un médicament prescrit à un patient : l'information deviendrait visible pour chaque professionnel de santé concerné (médecin, pharmacie) quelle que soit la compatibilité du dossier médical informatisé. Ou un véhicule connecté qui règlerait automatiquement les péages et le parking, et utiliserait les technologies de code-barres pour ouvrir son coffre à l'approche d'un livreur afin d'y déposer un colis ? Ou encore d’une station de mobilité à la demande en mesure de proposer n’importe quel mode de transport aux passagers et de collecter automatiquement les paiements pour le transport public, la charge de voiture électrique ou un vélo en libre-service ? En associant l’Internet des objets et la blockchain, ces utopies pourraient devenir réalité.

 

Une sécurité renforcée, une résistance accrue

La technologie de la Blockchain est un système de registre distribué où l'enregistrement des transactions s'effectue à travers des noeuds multiples. Si les blocs sont visibles publiquement, leur contenu n’est disponible qu’auprès des organisations dotées de la clé de chiffrement adaptée. Parce que les transactions doivent être autorisées par plusieurs parties avant leur acceptation, la blockchain garantit un degré de fiabilité élevé. En outre, vous pouvez ajouter les transactions uniquement, pas les supprimer ni les modifier, ce qui rend cette solution attractive pour les organisations tenues de respecter la loi Sarbanes-Oxley (une loi américaine sur la résponsabilité des entreprises), la réglementation HIPAA (sur la santé et l'assurance maladie) et les autres cadres réglementaires nationaux.

 

Sur un réseau IoT, la blockchain peut non seulement faciliter les transactions financières mais aussi sécuriser les échanges de messages entre appareils. En opérant selon des contrats intelligents intégrés, deux parties peuvent partager de la data sans compromettre leur confidentialité pour son propriétaire. Si la blockchain ne résout par tous les problèmes de sécurité pour les équipements de l’Internet des objets, à l’instar du piratage des appareils pour une utilisation dans les botnets DDoS, elle aide toutefois à protéger la data des acteurs malveillants.

 

Compte tenu de la prolifération des équipements de l’Internet des objets – on prévoit 24 milliards d’appareils connectés d’ici à 2020 – les modèles traditionnels serveur/client de gestion du trafic réseau deviennent trop laborieux, trop peu maniables pour être efficaces. À l’inverse, la simplicité des transactions réparties sur la blockchain est ce qui fait leur intérêt. Accompagnée par la croissance des équipements de calcul (l'edge computing) et des réseaux 5G, cette simplicité va permettre une communication plus rapide et efficace entre des équipements autonomes – sans passer par des points d’échec uniques. La blockchain peut également enregistrer de manière fiable les "actions" et transactions d'un capteur ou objet , ce qui permet aux appareils de l’Internet des objets de communiquer de manière autonome sans passer par une autorité centralisée.

 

comment assurer une qualité de service continue dans un réseau décentralisé ?

À l’instar de toute technologie de transformation digitale, la blockchain et l’Internet des objets ajoutent en complexité à l’infrastructure informatique. Celle-ci peut concerner les équipements et serveurs Edge qui participent aux transactions blockchain, les matériels intermédiaires pour le chiffrement et l’authentification, et les machines virtuelles pour les bases de données et les applications réparties. Bien que la communication autonome des appareils et l’accélération des transactions puissent booster leur efficacité, et qu’une disponibilité accrue et une sécurité renforcée puissent réduire les coûts, l’assurance d'une qualité de service optimale reste plus nécessaire que jamais. Dans un environnement Internet des objets/blockchain, la fourniture de service peut être altérée par la charge, les latences ou les erreurs. En raison du caractère très réparti de la blockchain, garantir la fourniture du service est par conséquent plus difficile. Cela requiert une visibilité globale de bout-en-bout du programme et du flux de session : sur les répartiteurs de charge, les passerelles, les fournisseurs de services (y compris DNS), le réseau, les serveurs et les bases de données – réparties ou non – et toutes leurs interdépendances.

 

Prenons le DNS, par exemple. Le développement annoncé des équipements de l’Internet des objets en lien avec la blockchain implique une augmentation des demandes de DNS et des services dépendants, ce qui peut avoir un impact considérable sur la fourniture de services et leur performance. La latence ultra faible des services DNS est problématique pour la continuité de l’activité et la qualité de la performance de l’Internet des objets. Si le DNS affiche une performance insuffisante, alors les services de l’Internet des objets et de la blockchain en pâtissent eux aussi. En d’autres termes, des pans entiers du monde connecté, qui dépendent de plus en plus de l’automatisation, seraient à l’arrêt. Des problèmes de DNS peuvent nuire aux transactions relatives aux soins, à la fabrication, à la distribution d’énergie, aux transports et financières. Une plateforme d’assurance de service adaptée, qui offre aux équipes informatiques une bonne visibilité sur les questions DNS, à l’instar des erreurs et des serveurs occupés, permet en revanche d’éviter toute perte de contrôle

 

L’association de la data intelligente et d’une analytique supérieure va permettre aux professionnels de l'informatique de comprendre l’intégralité du contexte des anomalies de service et DNS qui nuisent à l’expérience utilisateur et à la performance d’application. Mais l'avenir des réseaux d'objets connectés passe indéniablement par la blockchain.

 

Daniel Crowe, Directeur Régional France et Europe du Sud de Netscout

 

Les avis d'experts et points de vue sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs et n’engagent en rien la rédaction.

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1 commentaire

K.SMITH
03/10/2017 09h30 - K.SMITH

Pourquoi ne pas parler du IOTA? Il utilise un système comparable à la blockchain appelé Tangle, beaucoup plus "scalable" et sans frais.

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