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AWS développerait un nouveau processeur ARM 20% plus performant pour ses data centers

Vu ailleurs Amazon Web Services aurait développé une seconde génération de processeurs pour ses data centers. Toujours basée sur l’architecture ARM, elle serait 20% plus performante que le premier modèle, sorti en 2018. L'enjeu pour le géant du cloud serait de réduire sa dépendance vis-à-vis d'Intel.
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AWS développerait un nouveau processeur ARM 20% plus performant pour ses data centers
AWS développerait un nouveau processeur ARM 20% plus performant pour ses data centers © Will Merydith - Flickr - C.C.

Amazon Web Services (AWS) aurait mis au point une nouvelle puce à destination de ses data centers, selon les informations de Reuters. D'après des sources restées anonymes, ce nouveau processeur serait 20% plus rapide que Graviton, la première génération de puce spécialisée de la multinationale.

 

Graviton, qui avait été dévoilée en 2018, repose sur l'architecture Cortex A72 d'ARM. La nouvelle puce pourrait, pour sa part, se baser sur l’architecture Neoverse N1 du concepteur britannique et disposerait de 32 cœurs de calcul… soit le double de ce qui est proposé aujourd’hui.

 

RéDUIRE SA DéPENDANCE à Intel

Cette nouvelle génération permettrait aussi aux puces de s'interconnecter pour accélérer le traitement de certaines tâches comme la reconnaissance d’images. Le développement de son propre processeur constitue une manœuvre stratégique pour Amazon. La multinationale entend, en effet, réduire sa dépendance envers Intel, qui domine le marché des puces pour serveurs.

 

Les processeurs basés sur l'architecture ARM sont moins puissants que ceux d'Intel et AMD, qui utilisent l'architecture x86, mais ils sont aussi moins gourmands en énergie et beaucoup moins chers à produire. Cela représente au bas mot une différence de plusieurs milliers d'euros par serveur. Quand on sait qu'un data center héberge des dizaines de milliers de serveurs, et qu'AWS, leader mondial du cloud, possède des dizaines de data centers à travers le monde, cette démarche à du sens.

 

Se passer du x86 n'est pas mince affaire

A très grande échelle, comme c'est le cas pour les acteurs du cloud, les choix technologiques sont dictés par un ensemble de facteurs : taille des puces, vitesse de calcul, consommation énergétique, châleur générée et coûts de refroidissement, etc. Si aujourd'hui les produits Intel ou AMD restent incontournables dans les data centers grâce à leurs performances élevées, l'innovation des architectures ARM pourrait éroder leurs parts de marché sur le long terme. AWS n'est d'ailleurs pas le seul acteur du cloud à développer ses propres puces : Google, Microsoft et Facebook ont des projets similaires.

 

Reste un problème de taille : les applications conçues pour fonctionner sur architecture x86 ne peut pas être exécuter nativement sur architecture ARM. Elles doivent être émulées, ce qui implique une baisse de performance et n'est donc pas envisageable, ou être recréées spécifiquement pour la nouvelle architecture. Ce frein logiciel est l'une des raisons pour lesquelles les puces ARM ont du mal à percer sur le marché des serveurs. Qualcomm a tenté pendant des années de s'y imposer sans succès. La différence ici est qu'Amazon est son propre client.

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