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Axa a déjà investi 60 millions de dollars dans les start-up

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A travers son fonds de capital-risque ASV, l'assureur Axa a réalisé 30 investissements dans des start-up. Et plusieurs transferts technologiques ont déjà été opérés au sein du groupe français.

Axa a déjà investi 60 millions de dollars dans les start-up
Le siège social d'Axa à Nanterre. © DR

Le groupe d'assurance français a officialisé ce 13 octobre 2017 une prise de participation dans la start-up new-yorkaise SecurityScorecard à travers son fonds d'investissement Axa Strategic Ventures. Lancé en 2015, cet outil dédié à l'innovation dispose d'une enveloppe globale de 275 millions de dollars. "Depuis son lancement, nous avons réalisé 30 investissements et déployé 60 millions de dollars, ce qui est conforme au rythme que nous nous sommes fixé", nous confie François Robinet, managing partner d'Axa Strategic Ventures (ASV).

 

Cybersécurité, e-santé et IA

Le fonds investit aussi bien dans de jeunes start-up (dites en "early stage") que dans des entreprises à plus forte croissance (en "growth", dans le jargon). En 2017, ASV a privilégié trois domaines d'investissement : la cybersécurité (lire notre article Axa multiplie ses investissements dans la cybersécurité), la santé numérique et le vaste terrain des technologies d'intelligence artificielle.

 

Axa Strategic Ventures a ainsi injecté des fonds dans l'américain Annum Health. La start-up propose des programmes digitalisés de lutte contre les addictions et a développé un premier produit autour de l'alcoolisme. "Toutes les sociétés américaines ont l'obligation de fournir à leurs employés la possibilité d'avoir recours à des solutions de traitement contre l'alcoolisme, mais ce n'est pas très bien fait. Annum propose un programme digitalisé avec un call center et une interface mobile. Il permet une vraie identification des problèmes et un traitement sur une durée d'un an avec, à la fin, une mesure des résultats obtenus", détaille François Robinet.

 

Des relations multiformes avec les start-up 

En matière d'intelligence artificielle, ASV a notamment participé à la levée de fonds de la start-up américaine Qloo. "C'est une société qui analyse des données pour en déduire vos affinités sociales", explique François Robinet. L'entreprise a développé un algorithme qui permet de cartographier les goûts des clients selon leurs activités en établissant des corrélations entre la musique, la mode, la restauration ou encore le cinéma et les voyages. En quoi ce type d'approche peut-il être intéressant pour Axa ? "Nous pensons que leur technologie peut s'appliquer au domaine financier. Le métier d'assureur consiste à connaître les clients d'un point de vue comportemental et du risque, donc comprendre les caractéristiques de risque des clients par rapport à leurs habitudes de consommation peut être une piste à étudier", répond l'associé.

Le fonds de capital-risque de l'assureur opère dans une logique de performance financière mais aussi dans l'ambition de développer des relations de différentes natures entre les start-up dans lesquelles il investit et les diverses entreprises du groupe. L'idée étant de favoriser les transferts technologiques. "Il n'y a pas une façon de développer des relations. Ce sont des approches au cas par cas, tient à préciser François Robinet. Axa peut être client, distributeur, fournisseur de données ou d'expertise ou même futur partenaire", égrenne-t-il.

 

Prendre le pouls des technos de rupture

ASV a ainsi investi dans la start-up californienne blockstream spécialisée dans la blockchain. "Nous pensons que c'est une technologie qui pourra transformer le monde de l'assurance même si aujourd'hui il est encore trop tôt. Pour le moment, nous n'avons donc pas de relation business avec elle, mais des échanges constants. Cela permet au groupe de savoir ce qui se passe, comment la technologie évolue, comment est le marché et à la start-up de connaître les besoins des assureurs", détaille-t-il.

 

Dans d'autres cas, les relations avec les start-up du portfolio sont plus avancées. C'est le cas par exemple de LimeLight. Son logiciel pour les métiers de la protection sociale des salariés est d'ores et déjà utilisé par Axa US. Pariceep, une start-up qui édite des modules clés en main pour les plates-formes de crowdfunding, travaille avec plusieurs sociétés du groupe en France. L'entreprise Neura qui fait de l'analyse prédictive sur les objets connectés utilise les données mises à disposition par certaines filiales de l'assureur.

 

Vers des règles plus souples

Si les exemples sont nombreux, François Robinet reconnaît que l'établissement de relation entre les start-up et les différents métiers du groupe n'est pas aisé : cela prend du temps. En cause ? Un décalage entre les cycles d'investissement d'un fonds, les cycles de prise de décision au sein d'un grand groupe et le cycle de vie d'une start-up. "C'est un sujet sur lequel nous travaillons. Pour les start-up en early-stage, nous souhaitons avoir des règles d'engagement et des processus d'achat plus simples", indique-t-il.

 

ASV s'appuie sur une équipe de 19 collaborateurs dans le monde avec deux bureaux aux Etats-Unis et deux bureaux en Europe. Le fonds va ouvrir un bureau de représentation en Asie et envisage une ou deux sorties dans les mois à venir.

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