Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Axa entrouvre la porte de l'utilisation des objets connectés dans l'assurance

Axa va offrir aux nouveaux clients de sa formule Modulango le bracelet connecté Pulse de Withings. Un premier pas vers l'utilisation des données personnelles dans le secteur des assurances.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Axa entrouvre la porte de l'utilisation des objets connectés dans l'assurance
Axa entrouvre la porte de l'utilisation des objets connectés dans l'assurance © Capture d'écran - Withings

Les assureurs attendent beaucoup du développement des objets connectés et des promesses du big data. Le français Axa est particulièrement actif dans ce domaine. En début d'année, il a lancé l'Axa Seed Factory, en partenariat avec Withings, pour faire émerger les futurs géants du secteur. Jusqu'au 30 juin, des entreprises développant des technologies connectées innovantes, en lien avec la banque ou l'assurance, peuvent déposer leur dossier. Le fonds d'amorçage d'Axa entrera au capital des sociétés les plus prometteuses.

outil de prévention

Mais en attendant d'imaginer les usages de demain, Axa explore le potentiel des technologies d'aujourd'hui. Il propose déjà à ses clients d'acheter des carémas de surveillance connectées Kiwatch à des tarifs avantageux. Nouveauté : l'assureur va offrir à 1 000 nouveaux clients de son contrat d'assurance santé Modulango un tracker d'activité Pulse de Withings. Un chèque cadeau d'un nouveau genre, loin d'être anodin. Avec la permission de ces clients, Withings récupèrera un certain nombre de données générées par l'utilisation de l'appareil, et les partagera avec Axa. Les utilisateurs de Pulse effectuant le plus de pas bénéficieront de réductions pour une ou deux séances de médecine douce. L'argument de la prévention est donc avancé par l'assureur pour expliquer sa démarche.

automesure pour tarifs sur mesure ?

Pour Axa, il s'agit aussi et surtout d'un test pour voir comment les objets connectés sont perçus et utilisés par ses clients. Le potentiel du big data (qui tend à rationnaliser les risques grâce à l'analyse prédictive) et des objets connectés, générant des données au plus près de l'utilisateur, n'a pas échappé aux professionnels du secteur.  Plusieurs usages du quantified self peuvent être imaginés : une tarification "à l'usage", comme pour l'assurance automobile, ou des tarifs modulés en fonction de l'activité physique des assurés.

Aux Etats-Unis, plusieurs assureurs ont déjà mis en place des contrats de ce genre, par l'intermédiaire des entreprises. BP a fourni à ses salariés des bracelets connectés Fitbit et les incite à faire de l'exercice pour réduire le coût de leur mutuelle. A son arrivée à la tête de Yahoo!, Marissa Mayer a aussi équipé 11 000 salariés de bracelets Jawbone...

un nouveau rapport au risque

Ce phénomène devrait logiquement arriver en Europe, ce qui n'est pas sans poser question. Dans son dernier carnet IP, "Innovation et prospective", consacré au "corps, nouvel objet connecté", la Cnil interroge ces nouvelles pratiques : "L’assurance est en train d’exploser en tant qu’industrie. Le big data et l’analyse de données, en particulier génétiques, ont totalement renversé les modèles classiques des assurances. Ces trois dernières années, les assureurs ont certes pu augmenter leurs profits de manière extrêmement rapide grâce à l’analyse de données : la médecine prédictive et les algorithmes ont permis aux assureurs de réduire les risques en devenant des experts de la prévention personnalisée. Les profits des grandes entreprises d’assurance ont crû fortement, car les assureurs sont  rapidement devenus les seuls capables de maîtriser les coûts de santé. Mais cet âge d’or est aujourd’hui terminé car à force de se spécialiser dans la singularisation des risques, les assureurs ont fait disparaître l’essence même de leur métier : la mutualisation de risques incertains".

Sylvain Arnulf

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale