Back Market lève 276 millions d’euros mais ne célèbre pas pour autant

La marketplace de vente de produits reconditionnés Back Market lève 276 millions d’euros en plein débat sur la taxation des produits électroniques.

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Back Market lève 276 millions d’euros mais ne célèbre pas pour autant

Le spécialiste français des produits électroniques reconditionnés Back Market a réalisé une levée de fonds en série D de 276 millions d’euros dirigée par General Atlantic. Le tour de table, annoncé ce 18 mai, valorise la société à 3,2 milliards de dollars. La start-up tricolore utilisera ce financement pour se développer sur de nouveaux marchés.

Alors que le télétravail imposé fait les affaires de la plateforme depuis quelques mois, la crise des semi-conducteurs handicape le marché du neuf et oriente davantage de clients vers la seconde-main. Back Market se vante ainsi de compter près de 5 millions de clients à travers le monde. La plateforme offre une solution aux personnes qui ne veulent pas payer le prix fort pour un appareil neuf, proposant une alternative avec des appareils d'occasion en bon état, voire totalement neuf pour certains. Elle offre aussi l'assurance d'une transaction sécurisée, sans arnaque, ce qui rassure les clients.

50 millions de tonnes de déchets électroniques
C'est pour l'aspect environnemental de cette solution, entre autres, que Generation Investment Management a décidé de participer à ce tour de table. La société cofondée par Al Gore a indiqué dans un communiqué que "l'approche de Back Market permet aux consommateurs de changer leur comportement d'achat en rendant plus facile, plus sûr et plus abordable l'accès aux biens remis à neuf".

Cette participation a également pour objectif de voir Back Market s'étendre "aux États-Unis et ailleurs dans le monde" pour contribuer à réduire les "déchets électroniques qui s'élèvent à 50 millions de tonnes chaque année", détaille Shalini Rao, directrice du capital de croissance de Generation Investment Management.

De son côté, Back Market se réjouit de ce tour de table. "Notre objectif ne se limite plus à faire de la technologie renouvelée une option viable. Nous voulons en faire le premier choix pour les achats d'appareils électroniques", a déclaré Thibaud Hug de Larauze, PDG de Back Market, dans un communiqué.

La menace de la copie privée
Difficile de sortir le champagne pour autant. En effet, pour Back Market cette levée de fonds à un goût amer puisqu'une "menace sans précédent plane sur le modèle économique des reconditionneurs français", indique la start-up dans un billet de blog.

Il s'agit du projet de loi prévoyant une redevance sur la copie privée. Dans l'objectif de réduire l'empreinte environnementale du numérique, les députés prévoient plusieurs mesures qui seront présentées en juin prochain. Parmi elles, la possibilité d'étendre la copie privée, qui vise à la rémunération des auteurs et artistes-interprètes pour toute reproduction de leurs œuvres, aux produits reconditionnés. Cette taxe est depuis des années appliquée par défaut à tout dispositif de stockage, quel que soit son usage. Elle a progressivement été étendue au fil des ans.

À noter que Back Market ne remet pas directement en état les appareils. Ce sont des entreprises tierces, partenaires deBack Market, qui s'en chargent. Elles listent leur inventaire sur la place de marché et trouvent plus facilement des clients. Au total, 1 500 entreprises vendent des appareils sur la plateforme.

Back Market dénonce donc ce projet de loi, qualifié de double injustice. "Les consommateurs verront leur pouvoir d’achat grignoté par une nouvelle taxe, qui sera d’ailleurs parfois payée deux fois (lors de l’achat du produit neuf, puis à nouveau une fois ce produit vendu reconditionné)", indique la société. Cette redevance qui s'élève à 14 euros par appareil reconditionné en moyenne, va également "rogner les marges et amputer la compétitivité des reconditionneurs", déplore BackMarket.

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