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[Baromètre] Près de 830 millions d'euros levés par la fintech française, qui résiste bien à la crise

Levée de fonds En cette année atypique, l’heure est au bilan pour l’écosystème fintech français en matière de financements. France FinTech, l’association professionnelle des fintech, insurtech et regtech françaises, publie son baromètre annuel des levées de fonds et le bilan est sur ce terrain est très positif.
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[Baromètre] Près de 830 millions d'euros levés par la fintech française, qui résiste bien à la crise
[Baromètre] Près de 830 millions d'euros levés par la fintech française, qui résiste bien à la crise © Flickr - CafeCredit

Une année 2020 atypique, mais l’heure est au bilan comme tous les ans, notamment en matière de financement de start-up. C’est l’objet du baromètre annuel de France FinTech, l’association professionnelle des fintech, insurtech et regtech françaises, qui publie ce 29 décembre son état des lieux des levées de fonds.

Le bilan est très positif, avec près de 830 millions d’euros levés – en progression de 18,5% par rapport à 2019 – avec un rythme néanmoins inégal qui colle aux nombreuses incertitudes pesant sur le marché économique mondial.

Un premier trimestre très dynamique
France FinTech a comptabilisé 63 opérations. Elle note un très fort dynamisme en tout début d’année, avec les levées remarquées de Qonto et Lydia, qui ont toutes deux accueilli des investisseurs internationaux. En tout, 253 millions d'euros ont été levés au premier trimestre, "soit 36% du montant total de 2019, en prolongement de la forte croissance des dernières années", note le baromètre.

A partir du second trimestre, le mouvement ralentit nettement mais "le déconfinement progressif a permis de rétablir une certaine dynamique avec 123,2 millions d’euros levés au mois de juin", poursuit l'étude qui note par ailleurs un été et un automne 2020 "marqués par l’attentisme". Pendant cette période se boucle cependant l’importante levée de 100 millions d’euros de Dataiku en août (dont les activités sont développées au-delà du secteur fintech).

"L’année se termine, comme elle avait débuté, sur une tendance très positive", indique France FinTech. Les montants investis en décembre sont particulièrement significatifs avec 143,9 millions d’euros, proches de ceux de janvier, et portés par l’insurtech Luko, le lancement de Pigment – qui couvre lui aussi un secteur bien plus large que la fintech – et Lydia qui complète ainsi son tour de financement du début d’année.

Une proportion légèrement accrue dans le secteur
2020 est donc une année de "valse à trois temps" affichant une "performance annuelle avec 828,2 millions d’euros", résume la fédération professionnelle. Les levées du secteur représentent 15% des levées de fonds du secteur du numérique en France, contre 13% en 2019.

L’accroissement du ticket moyen est en augmentation, à 13,1 millions d’euros (soit +20,6%) avec un maintien des opérations d’amorçage (43,5% des levées, 37,1% pour les séries A). 3 opérations sont supérieures à 100 millions, 6 à plus de 40 millions d’euros.

Au-delà des montants, France FinTech a analysé les transactions qui confirment l’arrivée à maturité de l’écosystème : ces levées visent principalement à accélérer le développement commercial, la diversification des modèles, à doter ces pépites d’une composante technologique "plus affirmée" et à doper l'internationalisation.

Assurances et service de paiement portées par la crise
Il est à noter que les accélérations concernent des secteurs déjà bien installés, avec la plus forte croissance pour les insurtech qui représentent une levée sur 5 (5 points de plus qu’en 2019), et qui s’explique par le développement de néo-assureurs, fournisseurs d’assurance à la demande et paramétrique ou de fonctionnalités de gestion de données.

Les services de paiement (15,3% des levées), fortement poussés par les pics de commerce en ligne et le commerce sans contact, et de néo-banque (31%) se renforcent, notamment grâce à une forte progression des usages numériques et une mise en œuvre effective de la Directive sur les services de paiement (DSP2) qui pousse au développement d’applications liées à l’open banking.

Sont enfin apparus certains usages innovants comme les services opérationnels (notamment les solutions liées à la gestion de facture et note de frais, fonction achat ou RH) qui représentent presque un quart des levées (23,5%). A noter enfin les modèles à impact comme les néo-banques vertes, les investissements responsables, la mesure de l’empreinte carbone, ou encore ceux lies à l' éducation financière.

Quelques fiascos chez les voisins européens
S’il est compliqué d’établir à ce stade le profil de l’année 2021, "il reste que notre écosystème aborde la nouvelle année avec résolution et confiance", conclut France FinTech. Dans un contexte 2021 très incertain, les modèles économiques devront redoubler de solidité. 

Le baromètre note l’arrivée de plusieurs investisseurs internationaux (Etats-Unis, Royaume-Uni, Chine, Singapour notamment), "qui démontre l’attractivité de nos acteurs et du marché français, porte d’entrée privilégiée en Europe", et "une croissance marquée des valorisations des acteurs leaders qui réduisent ainsi une partie de l’écart par rapport aux champions européens (UK notamment) et américains". Attention néanmoins à l'arrivée de la concurrence sur le marché français, comme Lemonade, Stocard, Vivid, Finom, Moka... pour ne citer qu'eux.

France FinTech note par ailleurs de meilleurs indicateurs en France par rapport au marché européen (-7%). Le contexte post-Brexit a peut-être bénéficié aux pépites françaises, tandis que certaines fintech sont toujours en difficulté (Monzo notamment, malgré deux levées de fonds successives, et Revolut, qui a dû licencier). Sans compter la faillite de la pépite allemande Wirecard sur fond de scandale financier, et la relance manquée de l'Allemand Monedo.

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