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Best-of 2013 : les révélations d'Edward Snowden

En juin 2013, la révélation du programme Prism par le "lanceur d'alerte" Edward Snowden a mis en lumière les pratiques illégales des services de renseignement américains et alimenté le débat sur la protection des données personnelles.

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Best-of 2013 : les révélations d'Edward Snowden
Best-of 2013 : les révélations d'Edward Snowden © DR

Le 9 juin 2013, le monde découvre le visage d’Edward Snowden et prend connaissance de ses révélations sur les pratiques des services de renseignement américains. Les quotidiens The Guardian et The Washington Post, s’appuyant sur des documents secrets fournis par l'ex-analyste de la CIA, révèlent l’existence du programme PRISM, qui permet à la NSA d’intercepter les communications d’internautes étrangers, hors des Etats-Unis, sur neuf grands réseaux sociaux comme Facebook. Un système justifié par la lutte contre le terrorisme et flirtant avec les limites de la légalité.

un "empire de l'espionnage"

A mesure que les documents dévoilés par l’analyste (contraint à l’exil en Russie) sont épluchés par les journalistes, les révélations s’accumulent et deviennent de plus en plus embarrassantes pour l’administration américaine. La NSA serait capable de surveiller en temps réel 75% du trafic Internet aux Etats-Unis, notamment grâce au logiciel XKeyscore.

Elle aurait collecté plusieurs dizaines de milliers de courriers électroniques chaque année entre 2008 et 2011. L’agence serait capable de décoder tout type de cryptage informatique et de semer des "malwares" où bon lui semble. Les services américains auraient également espionné les communications téléphoniques de dirigeants étrangers, comme Angela Merkel, la présidente du Brésil Dilma Roussef ou des diplomates français. Les méandres du "black budget", dédié à l’espionnage, révèlent l’étendue et la complexité du système de surveillance : un véritable "empire de l’espionnage" doté d’une armée d’analystes, de cyberespions et de pirates informatiques.

Europe / Etats-Unis : jeu de dupes

Ces révélations plombent l’ambiance entre les Etats-Unis et ses partenaires étrangers. Les tensions sont vives avec l’Europe alors qu’un traité de libre-échange entre l’UE et les USA est en négociations. L’Union européenne met la pression sur son "partenaire" pour que les droits des citoyens européens soient respectés. Mais cette condamnation officielle n’est-elle qu’un leurre, alors que plusieurs pays européens disposent de leur propre système de surveillance et échangent des informations avec les services américains ?

les géants du web destabilisés

L’affaire Prism et ses développements gêne également aux entournures les géants américains de l’Internet, accusés de livrer les données de leurs clients aux services de renseignement américains. Les grands groupes du web n’ont guère de marges de manœuvre, se défendent-ils : en ne collaborant pas, ils se mettent hors la loi. Marissa Mayer, PDG de Yahoo!, dit même "risquer la prison" si elle n’obtempère pas.

A plusieurs reprises, Facebook, Google et Yahoo! et les autres vont réclamer le droit de publier des données transparentes sur les requêtes gouvernementales et une réforme en profondeur de la politique de surveillance. L’administration américaine les autorise à communiquer qu'au compte-goutte, souvent avec des données tronquées. Facebook, Google, Microsoft et les autres, en fin d’année, adoptent de nouvelles normes de cryptage pour protéger leurs utlisateurs. Le scandale permet aussi à des acteurs alternatifs, misant sur une sécurité renforcée, d'émerger. Mais ils sont loin de détroner les géants du web.

la France est-elle exemplaire ?

En France aussi, l’affaire Prism fait réagir. La nécessité de disposer d’acteurs souverains, notamment dans le domaine du cloud informatique, est soulignée. Mais là aussi, le pays tient un double discours. Alors que François Hollande demande des comptes à son homologue américain, Manuel Valls justifie l’accès aux communications électroniques par les Etats. En fin d’année, l’article 13 de la Loi de programmation militaire est vu comme un Prism à la française : il permet aux services de renseignement d’accéder aux données des opérateurs téléphoniques et fournisseurs d’accès à Internet sans être soumis au contrôle ou à l’autorisation d’un juge. Malgré la levée de boucliers des acteurs de la filière numérique, l’article contesté a été adopté.

Vigilance accrue

Sans affaire Prism, l’article 13 aurait-il généré autant de réactions ? Sans doute pas. Et c’est un motif de fierté pour Edward Snowden, qui considère que sa mission est accomplie : il est parvenu à lancer le débat sur la protection des données personnelles des internautes et sur les pratiques des services de renseignements.

Sylvain Arnulf

Pour aller plus loin, notre dossier : "Tous espionnés ? Le scandale Prism et ses retombées"

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