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Big data : big enjeux et big défis

Le nombre de données ne cesse de croître et les outils d’analyse vont se perfectionner. La révolution des big data est inéluctable mais l’analyse des données massives est suspendue en France à la protection des données personnelles.
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Big data : big enjeux et big défis
Big data : big enjeux et big défis © DR

Les données numériques voient leur nombre augmenter de façon exponentielle ; ainsi 90 % de l’ensemble des données aujourd’hui disponibles ont été créées ces deux dernières années. Ce qui fait que l’on parle désormais de "big data" ou de "données de masse".

Les pays qui instaurent une stratégie nationale pour encourager l’analyse des big data font pour l’instant figures d’exception, et les États-Unis sont encore une fois le pays le plus avancé. Pour y remédier, le Commissariat général français à la stratégie et à la prospective a publié une note d’analyse qui détaille ce que sont les big data, quelles sont leurs principales applications et quelles sont les conditions nécessaires à leur mise en œuvre. 

Un potentiel économique réel

Loin d’être un simple effet de mode, les analyses des big data ouvrent des perspectives nouvelles pour les entreprises mais également pour les administrations. Tout d’abord elles permettent de mieux écouter les utilisateurs, de mieux comprendre leurs comportements, d’affiner les offres qui leur sont destinées, et créer de nouveaux produits. Ensuite, ces analyses offrent la possibilité d’améliorer les performances des sociétés en termes de gestion.

Les analyses de données massives peuvent faciliter l’évaluation des services, assister la prise de décision, ou encore entraîner la réalisation d’économies de ressources. Les analyses des big data permettent, avec un certain degré de certitude, d’anticiper des comportements ou des besoins, ce qui amène à prédire et prévenir des tendances futures comme par exemple une épidémie de grippe.

Il ne fait aucun doute que le traitement de ces masses de données jouera un rôle primordial dans la société de demain, car il trouve des applications dans des domaines aussi variés que les sciences, le marketing, les services client, le développement durable, les transports, la santé, ou encore l’éducation. A travers les MOOC (Massive Open Online Courses, les cours en ligne ouverts), on peut par exemple analyser les activités des élèves (temps consacré, façon de suivre les programmes, arrêt-retour dans les vidéos pédagogiques, recherches internet parallèles, etc.) pour améliorer en permanence les modes d’enseignement.

Nouveaux défis pour le droit français 

Pourtant, l’analyse des big data peut engendrer des inquiétudes du fait du croisement d'un grand nombre de données. En France, l’usage des données à caractère personnel est réglementé par la loi “Informatique et Libertés”. Ainsi, la donnée personnelle concerne toutes les informations relatives à une personne physique identifiée ou qui peut être identifiée.

Compte tenu des possibilités de croisement des données permises par l’analyse des big data, cette anonymisation est quasiment impossible à obtenir. Toutes les données doivent-elles pour autant être considérées comme personnelles ? La loi précise également que ces données personnelles doivent être collectées et traitées pour des finalités déterminées, explicites et légitimes. Seules les données pertinentes pour un usage défini peuvent donc être collectées. Leur durée de conservation ne doit pas excéder le temps nécessaire à l’atteinte des objectifs pour lesquels elles sont collectées (passé ce délai, prévaut le "droit à l’oubli" ou l’obligation de destruction des données).

Avec l’analyse des big data, il est difficile d’anticiper quel usage il en sera fait. La collecte ciblée et le principe de suppression entrent par ailleurs en contradiction avec la nécessité d’un volume de données le plus important possible. L’analyse des big data nécessite d’instaurer une culture de la donnée qui fait encore défaut en France. A côté de nos peurs liées au traitement des données, les progrès importants qui peuvent en résulter pour l’intérêt général doivent être mis dans la balance.

Les retombées en termes d’emploi et de création de richesse des big data en France et en Europe seront conditionnées à la révision de notre droit.

Yann-Maël Larher, doctorant en droit social à Assas sur les TIC dans l'entreprise
@yannmael

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