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Bioceanor, la start-up qui surveille et prédit la qualité de l’eau en temps réel

La start-up basée à Sophia-Antipolis a mis au point une station météo sous-marine connectée pour suivre la qualité de l'eau en temps réel et par prédiction. Tout juste auréolé du Grand Prix Tech4Islands Awards 2019, Bioceanor s’apprête à réaliser sa première levée de fonds.
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Bioceanor, la start-up qui surveille et prédit la qualité de l’eau en temps réel
Bioceanor, la start-up qui surveille et prédit la qualité de l’eau en temps réel © Bioceanor

Mesurer la qualité de l’eau en temps réel et en continu et anticiper les facteurs pouvant l’altérer. Ce sont les deux objectifs de la start-up Bioceanor, basée à Sophia-Antipolis (Alpes-Maritimes), qui a mis au point une station météo sous-marine connectée qui permet d’analyser la qualité de l'eau en temps réel et par prédiction. Baptisé AquaREAL et autonome en énergie, ce dispositif, fixe ou flottant, est doté de capteurs qui évaluent la qualité de l’eau selon plusieurs paramètres : d’un côté, les propriétés physico-chimiques de l’eau, à savoir la quantité d’oxygène, le pH, la turbidité (teneur en matières qui trouble l’eau, NDLR) et la salinité ; de l’autre côté, la qualité microbiologique de l’eau, dont l’évaluation nécessite habituellement des prélèvements et des analyses en laboratoires.

 

Grâce aux technologies d’IoT et d’intelligence artificielle reposant sur le machine learning, AquaREAL s’affranchit de ce process. "6 mois sont nécessaires au capteur pour engranger suffisamment de données et créer un modèle pour un site donné", explique Charlotte Dupont, co-fondatrice de Bioceanor. La station, qui utilise le réseau longue portée LoRa, envoie les données à une plate-forme sécurisée et conçue en interne, consultable également via une application mobile. Elle est paramétrable selon les cas d’usages et donne accès à l’historique, permet de comparer les données de plusieurs sites simultanément et donne les indicateurs des prochaines 48 heures.

 

Des solutions pertinentes pour l'aquaculture

Fondée en janvier 2018 par Charlotte et Samuel Dupont, tous les deux titulaires d’un doctorat en microbiologie marine, la jeune pousse combine la double expertise de ses deux dirigeants : la data science pour Charlotte, la biologie marine pour Samuel, passé chez Ifremer et au CNRS. C’est au cours de ses précédentes expériences que l’entrepreneur s’est rendu compte qu’il n’existait pas d’outils autres que manuels (thermomètre, sonde de mesure…), et que les dispositifs existants ne fonctionnaient pas en continu.

 

Ces données sont pourtant précieuses pour les aquaculteurs, dont la production dépend de la qualité de l’environnement sous-marin. C’est d’ailleurs l’une des cibles visées précisément par la start-up avec en France les conchyliculteurs et les ostréiculteurs, les éleveurs de Saumon en Norvège ou encore les producteurs de crevettes en Amérique Latine et Asie. Elle travaille avec le Cnam-Intechmer, situé à Cherbourg, pour former de futurs aquaculteurs à sa technologie.

 

 

Un premier déploiement pour surveiller les coraux

Bioceanor veut également séduire les acteurs, publics ou privés, pour lesquels le contrôle de la qualité de l’eau est essentiel. Les mairies, qui ont en charge la qualité de l’eau des zones de baignade qui en dépendent, mais également les organismes de protection de l’environnement. "Nous sommes en discussion avec des collectivités locales, et nous espérons une adoption de la solution à l’été 2020", poursuit Charlotte Dupont.

 

Bioceanor sera présente au prochain Digital Festival Tahiti, qui se déroule à Papetee du 16 au 19 octobre 2019. La start-up, désignée lauréate du Grand Prix Tech4Islands Awards 2019, disposera d’un espace d’exposition, de rendez-vous avec des institutionnels et dirigeants des entreprises et groupes locaux. Un prix somme toute logique pour cette start-up qui, en 2018, avait commercialisé ses trois premiers produits à Moorea, en Polynésie Française, auprès du Centre de Recherches Insulaires et d'Observation de l'Environnement (Criobe). "Ce sera pour nous l’occasion de renforcer nos partenariats", poursuit Charlotte Dupont.

 

Aujourd’hui, la start-up a commercialisé une cinquantaine de stations. Elle s’apprête à réaliser une première levée de fonds auprès d’investisseurs privés afin de poursuivre son développement à l’international et accélérer sur la R&D pour améliorer ses capteurs via l’ajout de paramètres.

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