Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Bitcoin : son cours flambe... et son coût énergétique aussi !

Twitter Facebook Linkedin Google + Email
×

Analyse L'ascension du cours du bitcoin fait de cette monnaie virtuelle un véritable gouffre énergétique. Cette corrélation mécanique est directement liée à l'activité de minage propre au protocole "proof of work" sur lequel repose la cryptomonnaie. Aujourd'hui, l'électricité nécessaire pour la validation d'une transaction en bitcoin correspondrait à la consommation hebdomadaire d'un foyer américain. 

Bitcoin : son cours flambe... et son coût énergétique aussi !
Bitcoin : son cours flambe... et son coût énergétique aussi ! © @Antana - Flickr c.c.

Le cours du bitcoin vient de franchir une nouvelle étape. Jeudi 2 novembre, la monnaie virtuelle a atteint un nouveau record en dépassant la barre des 7000 dollars. Mais derrière cette flambée monétaire se cache également une flambée énergétique.

 

Cette corrélation (hausse du cours du bitcoin et hausse de la consommation énergétique de son réseau) est directement liée au principe de fonctionnement du protocole sur lequel repose la cryptomonnaie. Il s'agit d'un registre public décentralisé où des membres volontaires du réseau, appelés les mineurs, mettent à disposition de la puissance de calcul pour effectuer les opérations cryptographiques qui permettent de valider des blocs de transactions et de sécuriser le réseau.

 

Plus le cours augmente, plus il est rentable de "miner"

Une compétition s'établit entre eux car le premier mineur qui trouve une solution au problème est récompensé en bitcoins. Cette récompense comprend des frais de transaction, à la charge du payeur, et le droit d'émettre un bloc de transaction où les transactions sont enregistrées. "Dans ce bloc, le mineur va pouvoir inclure une transaction pour lui-même d'un montant de 12,5 bitcoins et cette somme est divisée par deux tous les quatre ans environ", nous expliquait récemment Alexandre Stachtchenko, cofondateur de la start-up Blockchain Partner et président de La Chaintech, association des acteurs francophones de la blockchain.

 

On comprend donc pourquoi plus le cours du bitcoin augmente, plus le nombre de mineurs qui espèrent décrocher une récompense en bitcoins est important. Dans ce contexte, la puissance de calcul mise à disposition pour enregistrer une transaction augmente, ce qui entraîne une hausse de la consommation énergétique. "Quand le cours est très élevé cela permet aux mineurs d'investir plus, notamment dans des fermes de serveurs, et donc mécaniquement cela fait augmenter la consommation énergétique", explique Michel Berne, économiste et directeur d'études à Télécom Ecole de Management.

 

La consommation électrique hebdomadaire d'une maison

Selon les chiffres glanés par le site MotherBoard, avec le cours actuel, il serait rentable pour les mineurs de bitcoin de brûler plus de 24 térawattheures d'électricité par an, soit l'équivalent de la consommation annuelle du Nigeria (qui compte 186 millions d'habitants). Toujours selon MotherBoard, chaque transaction bitcoin nécessiterait 215 kWh ce qui représente à peu près la consommation hebdomadaire d'un foyer américain. "D'après les chiffres qui circulent, une transaction en bitcoin serait plus de 5000 fois plus énergivore qu'une transaction effectuée sur le réseau Visa", complète Michel Berne.

 

Est-il possible d'enrayer ce gouffre énergétique ? Seule une baisse du cours du bitcoin permettrait de faire diminuer la consommation énergétique du réseau. La valeur du bitcoin dépend entièrement de la confiance qu'ont les gens dans le bitcoin et la capacité qu'ils ont à l'utiliser. "Les usages du bitcoin sont tirés par deux grands mécanismes : la spéculation qui fait que nous sommes actuellement dans une bulle et les activités qui nécessitent une très grande confidentialité (cette monnaie virtuelle préserve l'anonymat de ses propriétaires, ndlr). Or ces activités ne vont pas diminuer non plus", estime Michel Berne. "Le bitcoin ne peut pas baisser tant que cette bulle subsistera et tant que ces usages existeront. En revanche, on sait que le bitcoin ne deviendra pas une monnaie universelle. Contrairement à ce qui était dit au début, il ne servira pas à acheter une baguette de pain", poursuit-il.

 

Des blockchains moins énergivores

Notons également que toutes les blockchains ne sont pas aussi énergivores que celle du bitcoin. "Le bitcoin fonctionne sur un système qu'on appelle proof of work : vous gagnez des bitcoins parce que vous avez travaillé dur pour vérifier la transaction. D'autres blockchains reposent sur un système de proof of stake, qui consiste à déléguer la décision aux personnes qui ont le plus intérêt à ce qu'elle soit prise comme il faut. Ce mécanisme n'entraîne donc pas les mêmes dépenses énergétiques que le bitcoin", détaille Michel Berne. Selon lui, il est peu probable que les autres applications de la blockchain fonctionnent sous le modèle "proof of work". "Pour un registre blockchain dédié aux diplômes il n'y a pas besoin de mettre en place une architecture aussi délirante", conclut-il.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

3 commentaires

Bigblock D.C.
04/11/2017 02h49 - Bigblock D.C.

Voici un article à charge s'il en est. « Les chiffres qui circulent » dit Michel Berne... qui conclut que l'architecture de Bitcoin est délirante (c'est cette architecture qu'on appelle blockchain, la 3eme révolution technologique, et elle est "délirante"?). On cite ici un chiffre (24Tw) qui serait le seuil au delà duquel le minage ne serait plus rentable pour les mineurs... Puis on fait de ce chiffre la consommation du réseau... ça n'est pas intellectuellement honnête, On peut se demander pourquoi cet intérêt sans cesse renouvelé pour la consommation électrique de Bitcoin. Qui parle de la consommation des distributeurs de billets de banque qui à eux seuls consomment autant d'électricité qu'un pays comme l'Irlande ou de celle des robots traders? La plupart des mineurs du Bitcoin sont extrêmement concernés par l'environnement, et achetent de l'électricité verte. le réseau de minage est une véritable aubaine pour la transition énergétique, c'est une industrie mobile qui peut permettre l'aboutissement de projet de production d'électricité verte en les rendant immédiatement rentables. Cette consommation électrique, même verte, même 10 fois inférieure au chiffre annoncé pourrait être considéré comme du gaspillage si Bitcoin ne servait à rien. Or, il offre un système de paiement sûr: quand on sait que les systèmes de paiement traditionnels se font voler plus de 100 milliards de dollars par an, et quand on sait que l'on pourrait éradiquer la faim dans le monde avec 6 milliards de dollars d'investissement par an, on comprend que l'électricité consommée par Bitcoin loin d'être un gaspillage est une énorme source d'économie pour l'ecosystème mondial. Voilà ce qu'aurait aussi pu écrire l'usine digitale...

Répondre au commentaire | Signaler un abus

Nicolas
06/11/2017 12h46 - Nicolas

Bonjour, Je ne crois pas que les mineurs de Bitcoin, à 90% en Chine d'après ce que j'ai pu lire récemment, soient spécialement concernés par les problématiques environnementales. C'est le coût de l'électricité à base de charbon qui les pousse à délocaliser, alors bon... Ensuite, les visions fleur bleue des early adopters pourraient être mentionnées, elles le sont déjà souvent, mais ça n'est peut-être pas la peine de commencer par parler de la résolution du problème de la faim dans le monde. Enfin, il y a déjà eu des fraudes aussi chez les opérateurs blockchain (cf. MtGox, DAO, piratages divers). Bref, ça n'est pas parce que la technologie est infaillible que les humains qui la manipulent le deviennent. Les fraudes bancaires sont aussi majoritairement dues à des erreurs humaines.

Signaler un abus

Vidal
13/11/2017 06h27 - Vidal

Merci pour cette mise en perspective et hauteur de vue sur le sujet de fausse polémique autour de "l'energievoresquerie" supposée des Bitcoins/ cryptomonnaies et développement des blockchains. Et quand bien meme cela surconsommerait, l'évolution technologique en cours sur les futurs serveurs et autres devices résoudra le sujet. Tout ce blabla relayé sans analyse approfondie par des media sans doute trop presses, me laisse comme un mauvais gout de manipulation et de désinformation

Signaler un abus

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale