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Bizao, la Fintech qui veut développer le paiement mobile dans les pays africains

Incubée depuis deux ans chez Orange, Bizao devient indépendante via une levée de fonds d’amorçage. Son objectif : accélérer le développement du paiement mobile grâce à une plate-forme unique de paiement mobile qui connecte les opérateurs et les commerçants.
mis à jour le 04 octobre 2019 à 17H29
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Bizao, la Fintech qui veut développer le paiement mobile dans les pays africains
Bizao, la Fintech qui veut développer le paiement mobile dans les pays africains © Bizao

La solution Bizao est officiellement lancée. Après une période d’incubation chez Orange de deux ans, qui lui a permis de se développer rapidement sur cinq marchés (Côte d’Ivoire, Sénégal, Cameroun, RDC et Burkina Faso), la fintech a annoncé vendredi 4 octobre 2019 procéder à une levée de fonds d’amorçage. Ce financement va permettre à Bizao d'étendre son offre aux autres opérateurs du continent africain dans les cinq pays où la start-up opère et de conquérir à court terme 5 nouveaux pays. Financée dans ses débuts sur fonds propres par ses fondateurs, elle garde le montant de cette levée – à 7 chiffres – confidentiel. Tout comme le nom de son investisseur… et les nouveaux marchés où elle va opérer.

 

200 opérateurs et des milliers de marchands à connecter

Créée par Aurélien Duval-Delort, ancien salarié du groupe Orange, la fintech veut répondre à la problématique du paiement mobile des populations faiblement bancarisées dans les zones émergentes. Le constat est le suivant : si le développement du paiement mobile est une réalité, avec 400 millions de comptes ouverts en Afrique sub-saharienne, en progression de plus de 40% ces trois dernières années, "cette solution se limite pour 90% des utilisateurs à transférer de l’argent entre particuliers", analyse-t-on chez Bizao. Soit seulement 10% d’utilisateurs qui l’utilisent pour régler chez un marchand.

 

Pour Bizao, cela tient avant tout des spécificités de ces marchés. "La grande difficulté pour les entreprises est de parvenir à intégrer ces moyens de paiement locaux de façon simple et rapide". Or le marché des opérateurs mobile est très fragmenté - avec 200 opérateurs - "ce qui rend quasi impossible un déploiement national voire régional en quelques mois", poursuit la start-up. Si le wallet est déjà implémenté sur la majorité des smartphones, sa techno permet d’encapsuler les différentes intégrations des opérateurs et marchands sur une seule plate-forme.

 

Positionnée comme un agrégateur de paiement destiné aux opérateurs de téléphonie mobile, aux banques et aux commerçants, la plate-forme est à la fois commerciale, technique et financière. Elle est interopérable afin de proposer un guichet unique de paiement mobile pour les marchands. Bizao est également un intermédiaire entre les fournisseurs de contenus mobile et les utilisateurs, qui peuvent y accéder via l’achat par crédits téléphoniques. "C’est vertueux pour les opérateurs qui peuvent proposer davantage de contenu", poursuit Aurélien Duval-Delort.

 

500 millions de transactions visées en 2020

Côté utilisateur, il suffit de détenir une puce de téléphone, chargée en crédit, et d’un compte de paiement mobile afin de payer ses achats. "La solution permet à la fois aux populations une inclusion financière en leur ouvrant la porte à un très grand nombre de services et de contenus ainsi qu’aux marchands d’accéder rapidement à un marché panafricain en forte croissance", résume Aurélien Duval-Delort. Inclusion qui "favorise l’égalité hommes-femmes", selon Natasha Dimban, Chief Technical Officer de la société. "En s'appuyant sur un taux de pénétration important du téléphone mobile dans les marchés africains cibles, Bizao favorise la diffusion d'un nouveau moyen de paiement à tous les détenteurs de mobile", dans des sociétés faiblement ou moyennement bancarisées où le cash est "traditionnellement entre les mains des maris qui sont les chefs de famille."

 

Bizao revendique  chaque mois 100 millions de transactions. Désormais totalement indépendante du groupe Orange, elle vise 500 millions de transactions en 2020.

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