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Blade, la pépite française qui veut déporter votre PC de jeux vidéo dans le cloud

La pépite française Blade développe un service de PC virtuel optimisé aux applications de jeux vidéo. Grâce à la puissance du cloud et à des technologies propriétaires brevetées, sa solution est censée offrir les mêmes performances et le même confort d’utilisation qu’un PC local traditionnel. Epreuve de vérité en mars 2017.

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[Jeux video] Blade, la pépite française qui invente le PC sans PC
Shadow, le décodeur de Blade donnant accès à un PC virtuel © Blade

Le PC sans PC. C’est ce que Blade propose avec son service de PC virtuel Shadow. La pépite française le lance à titre pilote auprès de 3000 clients exigeants dans les jeux vidéo. Histoire de le tester et comprendre le comportement des utilisateurs avant une commercialisation à grande échelle en mars 2017.

 

Des technologies graphiques à jour

Aujourd’hui, les joueurs assidus (hard gamers) mettent en moyenne 1500 euros dans un PC adapté à leurs exigences. "Nous proposons de déporter la puissance de calcul dans un datacenter, où il est plus facile de gérer la place, la consommation énergétique ou la dissipation de chaleur, et de remplacer le câble par une connexion internet, explique  Emmanuel Freund, cofondateur et président de la start-up. Le client dispose en permanence des meilleures technologies du moment sans qu’il ait à se préoccuper de la mise à jour de la carte graphique ou du processeur de son PC. Nous le faisons nous-même au niveau de nos serveurs." Moyennant un abonnement mensuel de 30 euros, l’utilisateur accède au service via le boitier Shadow, sorte de décodeur mis à sa disposition par Blade.
 

L’idée de cloud gaming, qui consiste à déporter la puissance de jeu dans le cloud, n’est pas neuve. Mais jusqu’ici, elle n’avait pas réussi à convaincre la frange de joueurs exigeants. Trop de latences. Trop de coupures. On est loin du confort d’un vrai PC dédié aux jeux. "Nous n’utilisons pas le cloud classique qui reste encore inadapté à cet usage, note  Emmanuel Freund. Nous ne mutualisons pas les ressources de calcul, stockage et réseaux entre les joueurs qui jouent au même temps. Nous affectons à chacun un PC dédié. Nous avons développé une technologie qui crée à la volée les PC virtuels pour répondre aux besoins des utilisateurs. Cette technologie est protégée par trois brevets. Pour en profiter, il faut toutefois disposer d'une bonne connexion à internet"

 

Décodeur fabriqué en France

Aux 3000 utilisateurs de la phase pilote correspondent en particulier 3000 cartes graphiques, une composante essentielle aux jeux vidéo. Une situation qui va évoluer à fur et à mesure de l’augmentation du parc d’abonnés. "Nous n’aurons pas besoin d’avoir d’autant de cartes graphiques que d’abonnés, car tous ne vont pas jouer au même temps, estime  Emmanuel Freund. Nous allons comprendre petit à petit les usages de façon à dimensionner au mieux notre infrastructure pour répondre au pic d’utilisation. C’est dans ce sens que nous ferons de la mutualisation. Quand une ressource n’est pas utilisée par un abonné, elle est mise à la disposition d’un autre."

 

Fondée à Paris en octobre 2015, Blade compte aujourd’hui 30 personnes. Pour financer le développement de son service, elle a levé 13 millions d’euros en deux opérations en 2016, exclusivement auprès d’investisseurs providentiels (business angels). Le boitier Shadow est fabriqué chez Cordon Electronics, en Alsace. « Nous avons la capacité de monter à des volumes de 50 000 pièces, note Emmanuel Freund. A ce stade, nous n’envisageons pas d’en délocaliser la fabrication. » Le datacenter, composé aujourd’hui de 80 baies, se situe chez l’hébergeur français Data 4 à Marcoussis, dans l’Essonne.

 

Cap sur l'international dès le second semestre 2017

La start-up s’adresse à un marché de 4 millions de joeurs sur PC en France. Mais elle vise tout particulièrement la frange la plus exigeante des 600 000 utilisateurs qui jouent plus de 15 heures par semaine. Emmanuel Freund espère en séduire 10 000 d'ici à l’été 2017, avant de s’attaquer à l’international, d’abord l’Allemagne et le Royaume-Uni, ensuite l’Europe du Nord puis l’Europe du Sud et peut-être après les Etats-Unis. Mais cette expansion oblige la société à ouvrir des datacenters dans presque chaque pays pour éviter les problèmes de temps de latence et honorer ses promesses de performances. Une nouvelle levée de fonds sera nécessaire à cet effet.

Dans 3 ans, Emmanuel Freund voit sa société atteindre 300 000 abonnés et 140 millions d’euros de chiffre d’affaires. "Mais il est possible que nous ayons beaucoup plus d’abonnés, peut-être 2 millions", rêve-t-il.

 
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