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Blockchain, IA, design thinking, speed-meeting… La Banque de France active (elle aussi) sa transformation

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La Banque de France entend jouer un rôle de défricheur d'innovations pour ses homologues européens. Sa transformation digitale passe par de nouvelles méthodes de travail et de management, une meilleure exploitation des données grâce à l'intelligence artificielle et une collaboration accrue avec le monde des start-up. 70 d'entre elles s'apprêtent à participer à des sessions de speed-meeting.

Blockchain, IA, design thinking, speed-meeting… La Banque de France active (elle aussi) sa transformation
Le Lab de la banque centrale.

Une institution bicentenaire, 12 000 collaborateurs répartis sur le territoire national… A priori, l'historique et la taille de la Banque de France n'en font pas un acteur de référence en matière d'innovation. Pourtant, l'institution est bien décidée à mener sa mue digitale. "Nous voulons être au premier rang de l'innovation dans le monde des banques centrales européennes", a affirmé Thierry Bedoin, le chief digital officer de la Banque de France, lors de la journée Payment & Fintech organisée par l'Acsel et le cabinet Altéir mardi 21 novembre.

 

Défricheur d'innovations pour les autres banques centrales

Cette volonté est directement liée aux missions de la banque centrale française. Outre ses trois activités principales (mise en œuvre de la stratégie monétaire, garantie de la meilleure stabilité financière et services aux entreprises), l'établissement est également prestataire de services pour les autres banques centrales de la zone euro. En se digitalisant elle-même, la Banque de France accélère aussi la transformation de ses homologues européens.

 

C'est Thierry Bedoin, à la tête d'une équipe de 90 personnes, qui anime cette transformation. Sa priorité ? Diffuser cet élan auprès de tous les collaborateurs. "Nous essayons de promouvoir des modes de travail collaboratifs pour gagner en agilité et être plus impliqués dans la partie métier", explique-t-il. Une trentaine de services au sein de l'institution ont ainsi adopté une démarche de management visuel (réunions courtes, réalisées debout et avec un système de Post-it®). La Banque de France s'attelle également à généraliser les méthodes de design thinking.

 

L'IA pour exploiter "une usine à données"

Le second cheval de bataille, c'est l'exploitation de la data. "Une banque centrale, c'est une usine à données", assure Thierry Bedoin. Pour mieux faire parler ses données, l'établissement est en train de construire un data lake et dispose de sa propre équipe de data scientists. L'institution travaille également avec la start-up QuantCube Technology. Fondée en 2013, la jeune pousse s'est spécialisée dans les indicateurs prédictifs pour la macroéconomie et la finance. Elle a collaboré avec la Banque de France pour prédire l'activité hôtelière. "En nous appuyant sur des données issues de sites comme Booking.com, Hotels.com ou encore Tripadvisor, nous sommes capables d'estimer l'activité hôtelière actuelle et dans le mois qui vient. Nous avons obtenu entre 85 et 95% de corrélation avec les chiffres publiés par l'Insee... trois mois plus tard", se félicite Alexandre Damour, CTO de la start-up.

 

Une app blockchain bientôt opérationnelle

La dernière piste de travail de la Banque de France consiste à se projeter sur les métiers de demain. Cette vision à long terme a donné naissance à un Lab qui vise à mettre en relation les équipes métiers de la banque avec différents acteurs de l'écosystème : entreprises technologiques, banques commerciales, monde académique, et bien sûr start-up et fintechs.

 

L'une des premières collaborations s'est construite avec la start-up Blockchain Partner autour de la mise en place d'une application de blockchain pour la délivrance des identifiants créanciers SEPA. Lorsqu'une entreprise a besoin de faire un prélèvement direct elle doit disposer d'un identifiant SEPA et s'adresse donc à sa banque, qui elle-même s'adresse à la Banque de France. La blockchain permet d'automatiser le circuit entre la banque commerciale et la Banque de France. "Plutôt que d'avoir une équipe back office qui traite des demandes par différents vecteurs et qui mettait plusieurs jours pour fournir l'identifiant, nous avons désormais un système où le banquier fait une demande automatique dans la blockchain et reçoit dans la seconde l'identifiant créancier SEPA", détaille Thierry Bedoin. La mise en production de l'application est prévue pour le début de l'année 2018.

 

Un lab et du speed-meeting avec les start-up

Pour étoffer ce genre de collaborations, la Banque de France a lancé un appel à projets l'été dernier. "C'était un moyen de nous faire connaître vis-à-vis des start-up", explique le chief digital officer. Sur 120 candidatures, l'établissement en a retenues 70. Prochaine étape : organiser une session de speed-meeting entre ces start-up et les équipes métiers.

 

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