Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

BMW, BASF, Lufthansa… Les industriels allemands s'apprêtent à déployer leurs réseaux 5G privés

Vu ailleurs 33 entreprises allemandes ont lancé une procédure pour pouvoir exploiter leur propre réseau 5G. Les industriels issus des secteurs automobile et pharmaceutique sont les plus nombreux et placent la sécurité au cœur de leur stratégie.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

BMW, BASF, Lufthansa… Les industriels allemands s'apprêtent à déployer leurs réseaux 5G privés
BMW, BASF, Lufthansa… Les industriels allemands s'apprêtent à déployer leurs réseaux 5G privés © Pixabay / tvjoern

Outre-Rhin, les industriels sont nombreux à vouloir leur propre réseau 5G. Volkswagen, BMW, Bosch, Lufthansa et BASF figurent parmi les 33 entreprises allemandes à avoir déposé un dossier auprès du régulateur des télécoms, selon le Wall Street Journal. Ce dernier s’était engagé dès avril 2019 à leur réserver une tranche de 100 MHz, la retirant des fréquences allouées aux opérateurs télécoms.

Leurs dossiers sont en cours d’instruction par les autorités depuis novembre 2019 et tous ont réussi à obtenir une licence d’exploitation, moyennant finance. Il faut dire que l’intérêt est grand pour l’industrie. La 5G est particulièrement adaptée pour connecter les objets et pourrait remplacer le Wi-Fi et les autres technologies actuellement utilisées pour assurer la connectivité des usines. Sa faible latence permettra par exemple de connecter les robots et autres équipements autonomes.

PRIORITÉ À LA CYBERSÉCURITÉ

Les caractéristiques de la nouvelle norme de téléphonie mobile promettent par ailleurs une sécurité renforcée. C'est encore plus vrai dans le cadre d’un réseau privé, que les sociétés propriétaires configurent à l’envie. "Nous pouvons décider de l’endroit où nos données sont stockées [en local ou dans le cloud, NDLR], sans influence extérieure, a souligné auprès du Wall Street Journal Fabian Berger, membre du conseil d’administration du Mugler AG, un spécialiste des télécoms. Ce dernier s’apprête à déployer un réseau 5G qui couvrira deux immeubles de bureaux et deux unités de production, soit 40 000 mètres carrés. Une opération qui lui permettra, qui plus est, de "réaliser des économies".

L'affaire Huawei pèse dans la balance

Pour construire leur infrastructure, les industriels ayant obtenu une licence peuvent, à l’instar des opérateurs télécoms, sélectionner l’équipementier de leur choix. C’est ce qui a motivé un certain nombre d’entre eux à franchir le pas. En dépendant d’un opérateur télécoms classique, les entreprises n’ont guère d’autre choix que de dépendre du matériel retenu par ce dernier. Or l’Allemagne n’a pas tranché l’épineuse question Huawei.

Le pays aurait reçu des Etats-Unis des preuves de son implication dans des missions de renseignement pour le régime chinois… mais tarde à se prononcer sur une éventuelle interdiction. "Les discussions au sujet des potentielles faiblesses du matériel de Huawei en matière de cybersécurité incitent les sociétés à exploiter leur propre réseau", a jugé Jochen Reinschmidt, responsable des affaires politiques au sein de l’association allemande des fabricants d’équipements électriques et électroniques.

Les entreprises françaises moins intéressées

La pratique devrait être beaucoup moins répandue en France qu'en Allemagne. La création de tels réseaux privés n'a pas été encouragée par l'Arcep, l'autorité de régulation des communications électroniques française, qui a néanmoins délivré une autorisation d'exploitation au groupe ADP au mois de février.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media