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BMW et les start-up, un écosytème innovant d'1 milliard de dollars

Voiture autonome, nouvelles formes de mobilité… Comment rester innovant en tant que constructeur automobile face à des Tesla, Uber, nouvelles start-up… ? Pour ne pas "se faire disrupter", BMW Group a choisi de collaborer avec les start-up. Une stratégie en trois volets présentée lors du BMW startup Symposium à Amsterdam le 26 septembre 2017. L'Usine Digitale y était.

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Comment BMW innove avec les start-up
Urban-X, l'accélérateur de start-up dédié à la mobilité de la marque Mini, a ouvert en 2016 sur un espace de 1000 m2 à Brooklyn (New York) © UrbanX

"Echouer n’est pas vraiment dans la mentalité allemande", plaisante Peter Schwarzenbauer, membre du directoire, en charge de l’engagement client de BMW AG for MINI, Rolls-Royce, Motorrad et du Digital Business Innovation de BMW Group, lors de son intervention au BMW Group start-up Symposium à Amsterdam le 26 septembre 2017. Chez BMW, "nous sommes très bons pour être parfaits, mais nous ne sommes pas assez rapides", ajoute-t-il. Et il est temps de changer !

 

La course à l’innovation automobile

Car la vitesse, selon Peter Schwarzenbauer (photo ci-contre), est la clé pour rester compétitif dans l’industrie automobile.  "C’est mon plus gros challenge pour les sept prochaines années". Pourquoi 7 ans ? Parce que c’est le temps moyen pour lancer une nouvelle voiture pour les constructeurs automobiles. Cela laisse en effet le temps de perfectionner chaque détail. Et c’est bien sur les critères de qualité et de perfection que le constructeur a bâti son image haut de gamme. Mais la donne n’est plus la même…


Tesla, Uber, Car2Go… "Nous sommes confrontés à des acteurs qui ne jouent pas les mêmes règles : cela rend les choses beaucoup plus compliquées", constate Peter Schwarzenbauer. "Avant, on avait des concurrents, mais on se connaissait les uns les autres. On connaissait les règles.  C’était plus ou moins prévisible". Et de citer Uber en exemple : "Comment une société comme Uber peut atteindre plus de 6 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Ils ne possèdent aucune voiture. Ils ont juste une plate-forme. C’était imprévisible ! Mais maintenant, c’est une réalité. …".

 

L’open-innovation, l’une des clés de la réussite, selon BMW

Quelle réaction adopter ? "La course est ouverte", lance Peter Schwarzenbauer. "96% des voitures sont au parking. Seulement 4% sont utilisées, rappelle-t-il. Le potentiel est énorme". Comment alors innover rapidement sans altérer la perfection ? Plutôt que de se "faire disrupter",  BMW a pris  le parti de l’open innovation. Le groupe mise sur l’agilité des start-up. 44% du budget recherche & développement de BMW est ainsi dédié aux start-up. Dans ce cadre, trois initiatives majeures ont été mises en place. 

 

BMW i-Ventures, le fonds dédié aux start-up

La première concerne le BMW i-Venture. Plus qu’un programme, il s’agit d’un fonds d’investissement créé par les groupe BMW, basé au cœur de la Silicon Valley. "Nous avons fait un chèque de 500 millions de dollars et on leur a dit 'bonne chance'", lance Peter Schwarzenbauer. Avec ce budget, iVentures a déjà signé des tickets d’investissement de 500 000 à 20 millions de dollars. "On leur donne bien sûr un scope mais on leur laisse prendre toutes les décisions. Histoire de ne pas ralentir les process de validation en interne", ajoute-t-il.

"Nous investissons dans les start-up early-stage comme dans les start-up déjà très développées", explique Sohaila Ouffata, membre de l’équipe d’i-Ventures (photo ci-contre). "Nous alignons nos objectifs avec ceux des entrepreneurs et des autres investisseurs. Tout est une question de partenariats". Les start-up sélectionnées doivent ainsi offrir une carte majeure à BMW dans l’univers de la mobilité (automobile, mobilité électrique, intelligence artificielle…), principalement. Lancé en 2011, BMW i-Venture compte 23 start-up (Zendrive, Scoop, Moovit, Carbon, Bus.com, ChargePoint…) dans son portfolio, ce qui représente "1969 employés", se félicite Sohaila Ouffata.

 

BMW Startup Garage, la fabrique à POCs

Deuxième initiative : le "BMW startup Garage". Il s’agit d’un programme d’accompagnement de 4 mois maximum découpé en 4 modules : "Build", le plus important, selon Matthias Meyer, fondateur et directeur du Startup Garage (photo ci-contre) : "Les start-up doivent nous prouver qu’elles peuvent vraiment faire ce qu’elles nous ont montré avec un POC (Proof of concept, ndlr) : on va leur trouver les bonnes personnes" ; "Learn" (lois, régulations, processs, normes…) ; "Network" (mise en relation avec les experts de BMW et les fournisseurs) ; et "Sell" (aide à la construction d’un business model).

"Nous ne sommes pas un accélérateur", précise Matthias Meyer… "Nous voulons être le premier client des start-up, l’early-adopter de leur solution." L’idée ? Sortir rapidement des preuves de concepts (POC). Mais pas question de communiquer sur ces POCs, ni même sur le nom des start-up : "Nous travaillons sur des projets d’innovation hautement stratégiques. Cela concerne les produits phares du groupe…"

Seuls les terrains d’exploration (larges) sont cités : motos, expérience de conduite, véhicule autonome, digitalisation, mobilité connectée, IoT, cybersécurité, l’intelligence artificielle, reconnaissance vocale …  "On a commencé l’an dernier à étendre aussi à d’autres domaines très importants, comme le manufacturing, les infrastructures IT de BMW, l’après-vente, services…" Et d’ajouter : "Toute l’entreprise peut désormais travailler avec des start-up… " D’ailleurs, "on pense que c’est nécessaire qu’il soit basé à Munich parce que si vous voulez que BMW, les start-up et les fournisseurs travaillent ensemble, il faut que cela soit fait là où les décisions sont prises. Mais on a des satellites partout dans le monde. Nous avons des antennes tech à Tokyo, Shanghai, en Californie.. . On recrute aussi des start-up là-bas que l'on amène ici", ajoute Matthias Meyer


Lancé en 2015, le BMW Startup Garage sélectionne environ 2 à 5% de start-up sur plusieurs centaines observées. "Mais ce n’est pas important de savoir combien de start-up sont vraiment dans le programme, c’est le potentiel de 'scale-up' qui compte", indique son fondateur qui compte bien encore faire grandir le programme.


Urban-X, l’accélérateur pour la smart city

Autre programme : Urban-X. Très "early stage", cet accélérateur a été lancé en 2016 par la marque Mini pour détecter les start-up visant à améliorer la qualité de vie en ville. Tous les 6 mois, Urban-X sélectionne un maximum de 10 jeunes pousses dans lesquelles il investit jusqu’à 100 000 dollars. Ces jeunes pousses bénéficient alors d’un programme de 20 semaines pour "accélérer" leur projet. Une condition : elles doivent proposer une solution, tech ou design, visant à résoudre les problèmes liés à l’explosion des villes. Un positionnement en phase avec celui de la marque Mini, "urbaine et moderne", selon Eva Becker, directrice d’Urban-X (photo ci-contre).

"Nous voulons donc créer une communauté pour rénover les villes", déclare-t-elle. C’est surtout un moyen pour BMW de détecter des pépites pouvant lui faire gagner du temps. Basé à GreenPoint, à Brooklkyn (New York), Urban-X bénéficie d’un espace de bureaux  de 1000 m2, sans compter le fablab. "Nous soutenons aujourd’hui 18 start-up",  indique Eva Becker. Parmi les jeunes pousses du portefeuille, des profils très divers, comme Lunewave, Qucit, Roadbotics, Swiftera, Versatile Natures, Upshift, Blueprint, Nello, O2-02, Citiesense, Revmax, Sencity…

 

La mobilité au cœur de la stratégie

L'écosystème des start-up de BMW Group représente un miliard de dollars. "On regarde à 360 degrés en matière de mobilité", reprend Peter Schwarzenbauer. Par exemple, BMW a  lancé deux offres d’autopartage : DriveNow en Europe et ReachNow aux Etats-Unis. "Nous avons maintenant des millions d’utilisateurs sur notre plate-forme et cela grandit", se réjout-il. BMW se targue aussi de sa collaboration avec ChargePoint qui lui permet de compter 26 000 stations de charge pour les voitures électriques.

Quand à savoir si c’est simple de travailler avec les start-up, il avoue : "Je ne dis pas que c’est facile tous les jours, mais nous apprenons les uns des autres." BMW apprend l’agilité et les start-up la rigueur. A l’alchimie de faire le reste… "Nous sommes totalement ouverts. Plus de monde nous rejoint, mieux c’est", conclut Peter Schwarzenbauer.

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