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Boom des consultations, assouplissements, gratuité… Comment la télémédecine tire parti de Covid-19

Pour freiner la propagation de la maladie à coronavirus Covid-19, le ministère de la Santé a décidé d'assouplir les conditions pour recourir à la télémédecine. L'objectif est de limiter les risques de contamination dans les salles d'attente des médecins. Mais les professionnels de santé et les patients n'ont pas attendu cette annonce pour davantage recourir aux services de téléconsultation, et certaines entreprises se targuent même d'une augmentation de 40 %.
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Boom des consultations, assouplissements, gratuité… Comment la télémédecine tire parti de Covid-19
Boom des consultations, assouplissements, gratuité… Comment la télémédecine tire parti de Covid-19 © Pixabay

Pour freiner la propagation de la maladie à coronavirus Covid-19, qui a dépassé la barre des 1000 morts en France, le nouveau ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé une batterie de mesures le 8 mars 2020. "J'ai décidé de lever l'obligation de passer par son médecin traitant et celle d'avoir une consultation réelle les douze mois avant la réalisation d'une consultation à distance. Chaque patient pourra donc avoir accès à une téléconsultation quand il en aura besoin et où qu'il soit", a-t-il déclaré à l'issue d'un Conseil de Défense à l'Elysée. Un décret doit être signé ce 9 mars 2020 pour acter cette modification.

 

Augmentation des téléconsultations

L'objectif est simple : limiter au maximum les risques de contamination dans les salles d'attente des médecins. Mais les professionnels de santé et les patients n'ont pas attendu un assouplissement des conditions pour recourir davantage à la téléconsultation. Stanislas Niox-Château, cofondateur de Doctolib, affirmait le 6 mars 2020 au micro de RTL que sa plate-forme avait déjà enregistré "une augmentation de 40 % des téléconsultations". De plus, il annonçait que Doctolib devenait temporairement gratuit pour les professionnels de santé. "On va financer intégralement l'installation, l'équipement et la gestion du service. Durant la période de crise, zéro euro ne sera facturé au médecin", déclarait-il.

 

Même accélération du côté des autres services de télémédecine. La start-up bretonne Mediaviz constate une augmentation des inscriptions de 150 % chaque semaine. Pour MesDocteurs, c'est de l'ordre de 40 %. De son côté, la jeune pousse Consulib affirme avoir mis en place, le 9 mars 2020, un "programme intensif de formation des médecins" face à "l'afflux d'inscriptions de professionnels de santé". Tous les jours, deux séminaires en ligne seront organisés pour aider les médecins à "intégrer la téléconsultation dans pratique"

 

Des chiffres qui tranchent avec un baromètre publié fin janvier 2020. D'après l'Agence numérique de santé, seuls 6 % des Français ont utilisé un service de téléconsultation en 2019. Le premier cas d'usage est le renouvellement d'ordonnance. Aujourd'hui, les personnes recourant à un service de télémédecine cherchent surtout à être rassurées en cas de symptômes similaires à ceux de la maladie Covid-19, comme la fièvre, une toux sèche… Mais en aucun cas, ces services ne sont adaptés pour effectuer un dépistage. En effet, il est obligatoire de faire un prélèvement naso-pharyngé. 

 

Une augmentation oui mais sur quelle base ?

Les entreprises qui publient leurs chiffres se gardent bien de préciser le nombre de téléconsultation qu'elles effectuaient chaque jour avant le début de l'épidémie. Une augmentation de 40 % semble importante mais si le service prenait 10 personnes en charge, le nombre de téléconsultation reste toujours assez faible (14 personnes).

 

Cet épisode épidémique semble donc provoquer un regain d'intérêt pour les solutions de télémédecine. Mais cet engouement ne risque-t-il pas de redescendre aussi vite qu'il a monté ? Car la difficulté de la téléconsultation n'est pas tant de trouver des cas d'usage mais plutôt de combattre son désamour. Le baromètre de l'Agence numérique en santé affirmait que 35 % des médecins interrogés estimaient qu'ils n'auront jamais recours à cette pratique. La raison : le risque de déshumanisation.

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