Bosch, une transformation numérique à 2 milliards d'euros

L’équipementier allemand Bosch prend le virage de l’Internet des objets dans tous ses métiers, avec l’objectif de connecter à terme 100% de ses produits.

L’une de ses priorités réside dans l’industrie du futur.

Un domaine où il espère réaliser 1 milliard d’euro de productivité en interne et un chiffre d’affaires de 1 milliard d’euros en 2020.

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Bosch, une transformation numérique à 2 milliards d'euros

"100% de nos produits seront à terme connectés." C’est la promesse de Heiko Carrie, le nouveau président de Robert Bosch France, en exercice depuis janvier 2016. L’évolution touchera toutes les activités du groupe : les solutions pour l’automobile, les équipements d’usines, l’outillage grand public, l’électroménager et les équipements d’énergie et de sécurité pour le bâtiment. Le taux de connectivité se situe aujourd’hui aux alentours de 40%.

Dans cette transformation, la stratégie de l’équipementier allemand se résume en trois lettres : 3S pour "Sensors, Software, Services", c’est-à-dire les capteurs pour remonter des informations des produits, les logiciels pour les analyser et les traiter, et les services, but ultime de la connectivité. "Cette évolution est incontournable pour Bosch, affirme Heiko Carrie. Nous devons ouvrir nos matériels au logiciel. C’est un enjeu clé pour nos métiers mais aussi pour nos clients. Rien que dans le bâtiment, ceci a le potentiel de générer 40% d’économie d’énergie."

1 milliard d'euros de gagnés en productivité

L’une des priorités de Bosch réside dans l’industrie 4.0 ou l’industrie du futur. L’objectif est d’offrir des solutions et services connectées qui améliorent le pilotage de la production dans les usines. "Nous avons la chance de disposer d’un réseau de plus de 250 usines dans le monde, affirme le président de la filiale française. Nous voulons profiter de cette base industrielle importante pour utiliser nos solutions numériques d’abord en interne, avant de les proposer ensuite à nos clients. Cela convaincra d’autant plus l’extérieur qu’elles auront de la valeur pour nous-mêmes." Le groupe table ainsi sur un gain de productivité en interne de 1 milliard d’euros à l’horizon 2020. Un chiffre doublé d’un revenu de 1 milliard d’euros à la même date tiré de la vente des solutions et services connectés à l’extérieur.

Les chiffres clés de Bosch en 2015

Chiffre d’affaires : 70,6 milliards d’euros (+10%)

375 000 personnes dans le monde

56 000 ingénieurs et chercheurs, dont un tiers en numérique

250 usines dans le monde

Investissement R&D : 6,4 milliards d’euros

 

1 MILLIARD D'EUROS DE CA DANS L'INDUSTRIE 4.0 EN 2020

Récemment, le groupe a lancé Bosch Global Services Solutions, une division de services cloud. Cette activité, cantonnée aujourd’hui en interne, sera ouverte à l’extérieur au début de 2017. "Nous pourrons proposer aux automobilistes des services de diagnostic en ligne et d’aide à la réparation des pannes, cite en exemple Heiko Carrie. Nous pourrons même faire mieux : anticiper les pannes pour éviter qu’elles se produisent pendant que la voiture est sur route. Nous pourrons aussi fournir des services de maintenance prédictive aux usines ou d’alertes de sécurité pour le bâtiment. Le champ potentiel des services cloud est vaste."

La filiale française contribue activement au virage vers l’industrie du futur. En témoigne l’utilisation sur le site industriel de Rodez de la technologie RFID pour le suivi de la production ou d'un robot collaboratif qui détecte automatiquement les humains à sa proximité. Le site de Vénissieux développe un système de contrôle visuel de production utilisant des lunettes connectées de la start-up bretonne Optinvent, et celui de Mondeville met au point une appli de supervision de la production à partir d’une tablette ou d’un smartphone. "Imaginez, à partir de votre terminal de poche, vous pouvez suivre, de partout et en temps réel, les indicateurs de la production, les évènements de fabrication, la qualité et le reporting, lance Heiko Carrie. Tout cela devient aujourd’hui possible."

100% des appareils électroménagers connectés à partir de 2017

Dans l’électroménager, 25 appareils sur un total de 200 références sont aujourd’hui connectés. Ils sont associés à l’appli Home Connect destinées à les piloter depuis n’importe quelle tablette ou smartphone sous Andoid ou iOS. La connectivité concerne aujourd’hui des réfrigérateurs, lave-linges, lave-vaisselles et fours. L’offre devrait s’enrichir cette année d’une machine à café expresso à café en grains. A partir d’une appli mobile, les utilisateurs pourront définir leur boisson. Il leur suffira ensuite de cliquer sur leur choix pour que la machine prépare leur café préféré.

Le réfrigérateur est doté de deux appareils photo qui permettent de voir, sur mobile, les aliments qu’il contient. Une fonction pratique pour les courses. Mais cette fonction de connectivité se paie par un surcoût élevé : 300 euros. A partir de 2017, tous les nouveaux appareils électroménagers de Bosch seront connectés.

"Nous n’avons aucunement l’intention de nous transformer en une société du numérique comme Apple ou Google, modère toutefois Heiko Carrie. Nous avons d’excellents produits et des usines très performantes. C’est un atout important dans notre virage vers l’Internet des objets. Nous voulons conserver notre base produits et l’enrichir du numérique pour donner de l’intelligence aux applications dans la mobilité, les villes, l’énergie ou le bâtiment."

420 millions d'euros à investir dans des start-up

Dans cette évolution, Bosch a noué des partenariats stratégiques avec Philips (éclairage connecté) et Cisco (maison connectée). Mais pas de partenariat avec des acteurs du digital comme IBM, Microsoft ou Google. "Nous n’en avons pas besoin, justifie le patron de la filiale française. Nous avons tout ce qu’il faut pour nous développer dans le digital par nous-mêmes."

Mais pas question de faire l’impasse sur les start-up, un moteur important d’innovation. Bosch a mis en place un fonds d’investissement, Robert Bosch Venture Capital de 150 millions d’euros. De quoi investir 420 millions d’euros dans des start-up innovantes en Europe, aux Etats-Unis, en Israël et en Inde.

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