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Bouygues fait de son e-Lab le fer de lance de sa transformation numérique

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Cas d'école Le groupe Bouygues s’appuie sur son e-Lab, son centre d’innovation numérique, pour épauler ses différentes entités dans leur transformation digitale. Avec comme levier de prédilection : l’Internet des objets. Objectif ? Réduire les risques en travaillant avec un écosystème de PME et start-up soigneusement sélectionnées.

Bouygues fait de son e-Lab le fer de lance de sa transformation numérique
Bouygues Construction Compagnons © DR

Bouygues sonne le départ de la transformation numérique de ses métiers. Et c’est sur l’e-Lab, son centre d’innovation numérique, que le groupe s’appuie pour accompagner ses différentes entités (Bouygues Construction, Colas, Bouygues Energies & Services, Bouygues Immobilier, Bouygues Telecom…) dans ce virage stratégique.

 

Réduire les risques d'innovation

"Nous fonctionnons comme une société de services en interne, explique Etienne Gaudin, directeur de l’innovation de Bouygues et directeur de l’e-Lab, chargé de piloter la transformation numérique au sein du groupe. Notre mission est d’aider les métiers dans leurs projets d’innovation, de favoriser l’échange et le partage d’expérience et de réduire les risques en allant jusqu’à la phase de prototype."

 

Créée à Paris en 2001, l’e-Lab se présente comme un labo de 8 personnes. Il dispose de toutes les compétences nécessaires aux projets d’innovation dans le digital : design, électronique, informatique, industrialisation, assemblage, test, etc. "Nous avons même une unité d’impression 3D pour réaliser rapidement des prototypes, confie Etienne Gaudin. Nous tenons à maitriser tous les aspects des projets que nous menons." Son budget annuel de 2 millions d’euros est financé pour moitié par les entités du groupe.

 

Aide de Bouygues Télécoms dans le choix de LoRa

Le réseau d’Internet des Objets à la technologie LoRa, lancé par Bouygues Telecom en 2015, a été incubé au sein de l’e-Lab. Et pour cause : les objets connectés constituent l’un de ses domaines de prédilection. "Nous avons aidé Bouygues Telecom au choix de la technologie LoRa, se vante son directeur. Pour cela, nous avons évalué les différentes technologies en lice pour la transmission de données sur longues distances et à faible débit, dont SigFox et une variante RFID à 2,4 GHz, puis déployé à Grenoble un réseau pilote LoRa. Nous sommes arrivés à la conclusion que c’est la technologie qui offre le plus d’avantages en termes de performances, d’ouverture et disponibilité de modules de connectivité sur le marché."

 

Plusieurs objets connectés ont vu le jour, dont un casque sans fil pour Colas Rail, un capteur de présence de véhicule développé avec Colas et le CEA, ou encore une pastille de géolocalisation de matériels de BTP pour Bouygues Construction, Bouygues Energies & Services, et Colas. Le patron de l’e-Lab regarde avec intérêt les objets portés sur soi (wearables), comme les casques, les bracelets et autres vêtements qui fleurissent dans l’univers du sport. "Nous voulons les décliner pour nos différents métiers et les mettre entre les mains de nos travailleurs, explique-t-il. Car ils ont le potentiel d’augmenter la productivité et de réduire la pénibilité de travail."

 

500 à 600 start-up rencontrées chaque année

Etienne Gaudin fait de l’innovation ouverte une règle clé de son travail. L’e-Lab se veut au centre d’un écosystème qui mobilise régulièrement une quinzaine de PME et une vingtaine de start-up, dont Adeunis RF (radiocommunications professionnelles), Intent Technologies (plateforme de partage données du bâtiment), Abeeway (géolocalisation), Foobot (analyse de la qualité d’air) et Koubachi (capteurs de contrôle d’arrosage des plantes). "Nous sommes à l’affut de start-up innovantes pour nos métiers, confie-t-il. Chaque année, nous en rencontrons 500 à 600. Il nous arrive de prendre contact avec des équipes au MIT ou à l’Epitech avant même qu’elles ne créent leurs entreprises."

 

Bouygues va jusqu’à investir dans des start-up jugées stratégiques, comme c’est le cas pour Intent Technologies, afin d’en garantir la pérennité. Pour détecter les start-up de valeur, Bouygues mène une veille systématique en France mais aussi en Amérique du Nord et en Asie à travers des antennes à San Francisco et à Tokyo.

 

Des services clés en main basés sur l'Internet des objets

Si Bouygues Telecom a pris de l’avance dans la transformation numérique, le but est d’accélérer maintenant celle des autres entités du groupe. La transformation des process internes semble au milieu du chemin. Les systèmes d’information font déjà appel au cloud computing, au logiciel open source et aux méthodes agiles.

 

Mais dans les services, la plupart des métiers n’en sont qu au début même si Bouygues Energie Services propose déjà un service de gestion à distance des lampadaires pour les villes et contribue au système de parking intelligent à Nice. "L’Internet des objets offre un potentiel énorme de services clé en mains dans des domaines comme la mobilité urbaine ou l’éclairage public", estime Etienne Gaudin. Mais le plus dur réside dans le changement. Et là tout reste encore à faire.

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