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Bpifrance, le CNES et Karista pilotent un fonds de 38 millions d'euros pour les start-up du spatial

CosmiCapital est le nouveau fonds qui dispose de 38 millions d'euros pour investir dans des start-up du "newspace". Piloté par Karista, Bpifrance et le CNES, ce fonds vise à dégotter les nouvelles pépites qui cherchent à tirer de la valeur des données issues des satellites ou à bousculer ce secteur avec une nouvelle technologie.
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Bpifrance, le CNES et Karista pilotent un fonds de 38 millions d'euros pour les start-up du spatial
Bpifrance, le CNES et Karista pilotent un fonds de 38 millions d'euros pour les start-up du spatial

Un fonds pour les start-up du "newspace". Karista, une société indépendante de Venture capital, a annoncé mardi 19 octobre 2021 le premier closing du fonds CosmiCapital pour un montant de 38 millions d'euros. A la manœuvre : Bpifrance, le CNES et des investisseurs privés. L'objectif étant de faire grandir l'écosystème français dans le domaine du spatial. Ecosystème qui s'est reposé sur ses acquis et semble avoir pris du retard notamment face aux américains.

L'exploitation des données spatiales
CosmiCapital cherche à prendre 15 à 18 participations dans des start-up européennes, avec un focus particulier sur la France. "CosmiCapital peut investir jusqu'à 1/3 du fonds à l'étranger", précise Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance. Le montant des tickets ira de 1 à 6 millions d'euros ce qui signifie des prises de participation lors de levées de fonds en Seed ou en série A. Le fonds dispose de 5 ans pour investir et entend prendre trois participations par an dont deux d'ici la fin de l'année 2021.

Un focus tout particulier est fait sur les start-up du numérique qui cherchent à récupérer les données issues des satellites pour créer des applications à destination de divers industries (agriculture de précision, surveillance aux frontières, etc.). "Près de 75% du montant total du fonds est dédié à ces start-up", affirme Olivier Dubuisson, président de Karista. L'autre partie du fonds est dédiée aux technologies deep tech qui visent à réduire la taille et le coût des lanceurs ou améliorer la logistique du spatial. Ce sont des projets avec une visée plus industrielle et un coût plus important.

Un regain d'intérêt (tardif) pour le spatial
Un des points fort du projet est la relation avec le CNES qui a émis un appel à manifestations d'intérêts en... 2017. Toutefois, il a été compliqué pour Karista de trouver des investisseurs privés pour participer à son fonds d'où ce délai avant la création effective de CosmiCapital qui espère qu'un assureur se joigne rapidement au fonds. Dans le détail : Bpifrance a injecté 15 millions d'euros, et prévoit de rajouter 5 millions d'euros supplémentaires lorsque l'assureur aura confirmé sa participation afin d'avoir 49% du capital du fonds. Le CNES, de son côté, a injecté 12 millions d'euros. Karista espère atteindre 70 millions d'euros d'ici la fin 2022.

"Le marché du spatial va passer de 350 milliards de dollars à 1 000 ou 2 000 milliards de dollars, selon les études, dans 20 prochaines années", clame Olivier Dubuisson. L'attractivité pour ce secteur grandit d'autant plus qu'il est mis sur le devant de la scène avec les constellations de nano-satellites, les lanceurs réutilisables et le début du tourisme spatial. Philippe Baptiste, PDG du CNES, confirme cet engouement. Il parle "d'une attraction du sujet spatial depuis quelques mois" et assure que "la thématique change un peu de dimension".

Vers la multiplication de fonds dans le spatial ?
La barrière d'entrée pour le secteur du spatial a également baissé que ce soit grâce à la miniaturisation ou aux données, presque gratuites, à partir des desquelles il est possible de créer des services. Une baisse du billet d'entrée qui facilite l'arrivée de nouvelles personnes dans ce domaine et fait moins peur aux investisseurs.

"L'écosystème commence à grouiller [en France, Ndlr]", affirme Nicolas Dufourcq et une quarantaine de start-up dans ce domaine sont recensées. Bpifrance est déjà au capital de 6 start-up de la French Tech dont Exotrail et Kineis. La banque publique d'investissements aimerait que plusieurs fonds d'investissements voient le jour dans ce domaine. Le but étant que la France ne perde pas sa place parmi les leaders dans ce domaine qui intéresse de plus en plus.

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