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Bpifrance s'inquiète du retard des PME en matière de digitalisation et publie un guide pour accélérer

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Étude C'est au tour de la banque publique d'investissement de dresser, après d'autres insittutions, un tableau inquiétant de la digitalisation des PME et des ETI françaises. 4 chefs d'entreprise sur 10 ne se sentiraient pas concernés et n'auraient donc pas entrepris d'actions en ce sens, et encore moins défini une stratégie. Reste que tous les secteurs ne sont pas à la même enseigne : si le BTP ou les transports semblent en retard, le commerce et le tourisme sont davantage dynamiques.  Surtout, Bpifrance annonce déployer des outils pour accélérer cette nécessaire grande transformation. 

Bpifrance s'inquiète du retard des PME en matière de digitalisation et publie un guide pour accélérer
Le numérique ? ça ne marchera jamais © publicdomainpictures.net

Si Nicolas Dufourcq n'était pas homme à maîtriser sa parole, on pourrait imaginer un faux pas. "Quand on lui parle de digitalisation, l'entrepreneur de PME ou d'ETI est un peu comme le gosse qui n'ose pas lever la main pour dire je n'ai pas compris. il y a un parallèle entre l'échec scolaire et la digitalisation", explique le dirigeant de la Banque publique d'investissement. Pour lui, la bonne réponse n'est pas à aller chercher dans des propos culpabilisants comme en dispensent les mauvais professeurs du type "c'est simple, tu devrais comprendre" mais plutôt dans une démarche plus pragmatique et incarnée. Le PDG de Bpifrance en est convaincu : la digitalisation, c'est quelque chose de simple et de pas forcément coûteux. "Il faut dédramatiser la digitalisation sans minorer les effets du retard : à terme, les PME risquent de perdre leurs clients, je pense notamment à tous les sous-traitants." 

 

Sortir de l'échec scolaire numérique

Pour étayer cette formule choc, Nicolas Dufourcq s'appuie sur une large étude menée par l'institution qu'il dirige et plus sobrement intitulée "Histoire d'incompréhension : les dirigeants de PME et ETI face au digital". Ainsi, 47 % des dirigeants considèrent que l'impact du digital ne sera pas majeur sur leur activité dans les cinq années qui viennent ! Rien d'étonnant donc si 45 % de l'échantillon n'a pas de vision claire de la transformation digitale de leur entreprise et si 63 % n'ont pas de feuille route claire. Entre l'élaboration de la vision d'avenir et la mise au point d'une feuille de route précise,il y a tout un chemin, une prise de conscience à accomplir. 

Toujours aussi inquiétant, 73 % des dirigeants déclarent n'avoir pas du tout (29 %) ou modérément (44%) engagé des actions en faveur de la digitalisation comme une migration vers le cloud, la vente en ligne, ou le développement d'une application mobile.  Ainsi, 61 % disent n'avoir pas mis en place d'outils de collecte de données liées à la vente. 

 

Des pratiques RH à revoir et vite

Côté ressources humaines, seulement 39 % des dirigeants indiquent favoriser le travail en mode expérimental en laissant une forte autonomie aux équipes et une capacité d'initiative. Et les mauvaises nouvelles continuent : seulement 4% déclarent utiliser des outils particuliers pour favoriser le travail collaboratif, quand 54 % répond ne pas le faire du tout. 

Ce pessimisme mérite d'être relativisé cependant. D'abord parce que l'étude de la BPI montre qu'il existe de fortes différences entre le secteur des services et du tourisme plutôt en avance et les entreprises du secteur du BTP et du transport plus à la traîne, l'industrie et le commerce occupant une postiion médiane. 

 

Des Raisons d'espérer 

Sutout, les auteurs de l'étude montrent qu'il existe trois types de dirigeants , correspondant à trois types de maturité digitale : les sceptiques, les apprentis et les conquérants. Selon la BPI, à chaque profil de dirigeant convient une approche différenciée, car les besoins ne sont pas les mêmes.

  • les conquérants (10 %) A fond dans la transformation digitale, ils doivent maintenant mobiliser leurs équipes ; 
  • les sceptiques (38 %) ne croient pas vraiment que la diitilisation les concerne. il faut les convaincre de passer à l'acte.  
  • les apprentis sont majoritaires (52%). Plein de bonne volonté, ils ont mené quelques actions. Il leur reste à définir une stratégie et à l'appliquer pour donner une cohérence à ses actions en l'appuyant sur un projet. 
 
Les sceptiques se trouvent relativement plus dans les petites entreprises, quand les conquérants sont plus présents dans les entreprises les plus grandes de l'échantillon, note la BPI. 
 
L'âge du dirigeant n'explique rien
 
L'appartenance sectorielle joue aussi un rôle. Les conquérants sont relativement plus nombreux dans le tourisme et les services (18%) que dans le BTP (5%) ou les transports (4%). Inversement, les sceptiques sont plus nombreux dans le BTP (63 %) que dans les services (24 %). Ils sont 38 % dans l'industrie et 37 % dans le commerce.
 
Enfin, mauvaise nouvelle pour tous les spécialistes de la génération Y : l'âge du capitaine n'a pas d'influence statistique démontrée sur le degré de maturité et d'adoption de solution numérique. L'âge et la région d'implantation de l'entreprise ne sont pas des variables explicatives de la stratégie suivie. 
 
Pour accompagner les entreprises en fonction de leur degré de maturité, la BPI publie une matrice pour accompagner les entreprises dans leur digitalisation. Ce n'est qu'une première étape : début 2018, elle publiera un second document plus exhaustif toujours dans cet objectif. 
 
 
 
Les principales conclusions de l'étude et notamment la composition de l'échantillon peuvent être consultées ICI.  

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2 commentaires

LMAG

06/10/2017 12h29 - LMAG

En retard par rapport à quels objectifs, définis par qui? Pour quels besoins? Quel organisme peut légitimement de se substituer aux entreprises dans ces décisions stratégiques?

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Jean-Jacques

06/10/2017 14h29 - Jean-Jacques

Je doute qu’il s’agisse de se mettre à la place des décisions stratégiques du chef d’entreprise mais tout simplement d’informer des écarts constatés entre différents types d’entreprises et métiers. Je connais aussi des chefs d’entreprises qui attendent de prendre leurs retraites et de s’expatrier en liquidant leurs actifs sans transmission et sans prendre en compte le devenir des salariés, effectivement, ça reste leur choix.

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