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Bruno Mettling quittera la DRH d'Orange avec un climat social apaisé

A un peu moins de deux mois de quitter son poste de DRH , Bruno Mettling présentait le douzième baromètre social d’Orange France. L'apaisement du climat social se confirme. Des points de vigilance restent pour le DRH, qui pointe les difficultés des managers de proximité et des équipes RH qui se retrouvent comme les cordonniers du proverbe : pas les mieux chaussées.
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Bruno Mettling quittera la DRH d'Orange avec un climat social apaisé
Un logo dont les salariés se disent dans leur grande majorité fiers. © D.R. - Orange

“Le social fait désormais partie du capital d’Orange”, a indiqué Bruno Mettling en conclusion de la présentation du baromètre social de l’entreprise ce mercredi 13 janvier 2016.

 

C’était, pour celui qui quittera ses fonction de DRH le 1er mars prochain, la douzième présentation à la presse et il peut s’enorgueillir de laisser l’entreprise avec un climat apaisé. Pour cela, il s'appuie sur les chiffres recueillis et traités par l'institut CSA auprès d'un panel de 4000 salariés en France. La méthode présente l'avantage d'autoriser les comparaisons semestre après semestre.

 

Un bilan globalement positif

Au deuxième semestre de 2015, 62 % des salariés français du groupe estimaient que la qualité de vie au travail chez Orange était plutôt, nettement ou plutôt meilleure que dans les autres entreprises. En juin 2010, lors du premier baromètre, ils n’étaient que 28% à faire pareille réponse. Symétriquement, la part de salariés considérant que la situation chez Orange est plus mauvaise qu’ailleurs est passée de 16 à 2 % sur la même période.

 

Ils sont 87 % à se dire prêt à recommander Orange comme une entreprise où il fait bon travailler, 93 % à se dire fier de travailler pour Orange et 92 % souhaitant recommander les produits et services du groupe.

 

Sur tous ces items, la situation d’Orange France se rapproche ainsi des résultats globaux de l’entreprise (qui n’ont pas été présentées en détail à la presse), a assuré le directeur des ressources humaines d'Orange. L'exception française de salariés malheureux au sein du groupe apparaît de plus en plus comme un mauvais souvenir.  

 

L'arrivée de Free un stress dépassé

L'amélioration du climat social made in France se retrouve dans l’indicateur synthétique qui agrège les avis des salariés sur plusieurs items. Il est passé de 17,7 à 30,5, ce qui correspond à une très bonne note.

 

Glassdoor confirme : Orange est au vert
Hasard ou pas ? Ce même jour, Glassdoor communique une étude dites « entreprises mythiques » sur Orange. Menée sur le groupe dans le monde, celle-ci corrobore plutôt les résultats du baromètre interne. Ainsi, 80 % des salariés ayant répondu recommandent l'entreprise à un ami. Gloablement Orange obtient des notes supérieures à la moyenne sur tous les items (équilibre vie privée vie professionnelle, opportunité et carrière, culture et valeurs, rémunérations et avantages...). Selon Glassdoor, un stagiaire chez Orange gagne 1184 euros, un chef de projet 4322, un chef de produit 4085 et un ingénieur logiciel 2854 (salaire brut hors primes et variabls).
Pourtant, le redressement n'a pas été une aventure linéaire et Bruno Mettling entend resté très prudent en la matière, confiant que "la confiance se gagne par gouttes quand elle se perd par litres". Le DRH distingue trois périodes. De 2010 à 2012, la stratégie RH a permis un apaisement du climat social, qui a atteint une sorte de plateau. A ce moment, Orange doit faire face à l'arrivée du quatrième opérateur mobile Free, qui constitue un véritable stress, alors que le groupe met en place son nouveau contrat social. Deux ans après, en 2014, la confiance repart à la hausse, en lien avec la nouvelle stratégie 2020 (prononcez vingt vingt).

 

Refusant tout triomphalisme, Bruno Mettling dresse la liste des points qui restent à améliorer. Parmi ceux-ci figurent en bonne place l'accompagnement managérial des évolutions de salaires. Dans l'entreprise qui garde une trace de son passé dans le secteur public, maints salariés ont eu l'habitude des augmentations automatiques, si bien que les pratiques salariales inspirées du privé ne satisfont pas toujours les salariés. Pour preuve, la dimension rétribution des efforts est dans la zone des résultats médiocres dans le baromètre social.
 

"Je ne suis pas un héros" pourrait chanter le manager de proximité

La tâche sera d'autant plus difficile que, Bruno Mettling l'assure, un autre axe à surveiller concerne les managers de proximité et les équipes des filières RH. Comme dans de nombreuses entreprises, les managers de proximité sont des héros parfois fatigués à force de devoir tout traiter à la fois, entre les demandes des salariés et les objectifs de la direction, sans oublier les clients qui veulent voir le "n+1 ".


Plus généralement, le DRH estime qu'il convient maintenant de rendre encore plus souples les processus métiers et de continuer à travailler sur le dialogue social. Enfin, et ce n'est pas la moindre des tâches, il estime qu'à l'heure du numérique, il est urgent de passer d'une gestion des emplois à une gestion des compétences.

 

La barre à Jérôme Barré

De quoi occuper le successeur de Bruno Mettling, Jérôme Barré, actuellement responsable Ile-de-France d'Orange. Il a été choisi notamment pour sa connaissance du terrain et sa pratique du dialogue social, a expliqué celui qui désormais supervisera la zone Afrique Moyen-Orient. Pour bien montrer que tout a changé, son successeur continuera-t-il à commenter le baromètre social deux fois par an ? Ou, pour bien signifier que la question n'est plus d'actualité, va-t-il y renoncer ? Suspense, il faudra attendre six mois.

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